Among The Living
Interview

ASAGRAUM : rencontre avec Obscura au Muscadeath 2025

ASAGRAUM, rencontre avec Obscura

interview réalisée le 19 septembre au Muscadeath Festival 2025
Par Martine Varago


Asagraum


Obscura (chant, guitare)

Ana Morthaemer (batterie)
Membres additionnels :
Makhashanah (basse),
guitaristes indéterminés

Entre black metal et spiritualité libératrice

Asagraum est un groupe de black metal occulte fondé en 2015 par la chanteuse et guitariste Obscura (Pays-Bas). Le projet, exclusivement féminin à ses débuts, se distingue par une approche authentique du black metal, à la fois traditionnelle, spirituelle et rituelle.

Le groupe s’est rapidement fait un nom dans la scène underground internationale grâce à son esthétique sombre et ses performances intenses. Avec trois albums studio Potestas Magicum Diaboli (2017), Dawn of Infinite Fire (2019) et Veil of Death, Ruptured (2023), le combo jouit d’une popularité croissante dans la scène black metal mondiale, avec des tournées en Europe, en Amérique du Sud et au Canada, et une base de fans fidèle attirée par son aura mystique et sa sincérité artistique.

Fondatrice du groupe Asagraum, Obscura nous plonge dans son univers où le black metal devient une expérience spirituelle à part entière. Dans cet entretien, elle évoque son lien profond avec cette musique, ses rituels personnels et l’avenir du groupe entre mysticisme et psychédélisme.


ASAGRAUM


Votre musique mêle un black metal brut à une ambiance profondément atmosphérique et rituelle. Comment abordez-vous l’équilibre entre l’agressivité et le mysticisme dans l’écriture de vos chansons ?

Obscura : J’écris selon mon humeur : parfois les paroles sont plus agressives, parfois plus spirituelles ou hypnotiques. Ça vient naturellement. En général, je ne réfléchis pas avant d’écrire. Je compose de manière spontanée.

Donc tu composes d’abord les riffs, puis les paroles ?

Obscura : Oui, habituellement. Mais il peut y avoir des exceptions.

Tu as dit que cela dépendait de ton humeur. Peux-tu nous donner un exemple concret pour illustrer tes propos ?

Obscura : Cela dépend vraiment de mon état d’esprit. J’ai plusieurs types de textes, mais je ne peux pas vraiment l’expliquer.

Si tu devais invoquer un démon en utilisant uniquement un album de black metal (autre que le tien), lequel choisirais-tu — et pourquoi ?

Obscura : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est Flesh Cathedral (ndj : Flesh Cathedral du groupe islandais Svartidauði, sorti en 2012)   parce que c’est un album tellement obscur et hypnotique… Il me met dans un état de transe. Un état où je peux avoir des visions d’une autre dimension ou d’autre chose, ici-bas.

Sur une échelle allant de « forêt à minuit » à « cathédrale en feu », comment le black metal influence-t-il ta vie quotidienne, en dehors de la scène ?

Je vis mon idéologie satanique au quotidien, car je suis une personne libre, indépendante. Je fais ce que je veux, où je veux. J’ai une vie intéressante, mais il est difficile de dire ce qui relève du black metal ou non. En dehors de la scène, je vais souvent à des concerts de black metal et je vis selon cette idéologie, à travers mes paroles.

Beaucoup de fans sont attirés par les thèmes spirituels et ésotériques de vos paroles. Y a-t-il des philosophies ou traditions particulières qui influencent ton travail ?

Obscura : Quand j’ai commencé à m’intéresser sérieusement au satanisme, je me suis laissée influencer par toutes sortes de cultures et d’époques. Par exemple, l’idéologie des sorcières du Moyen Âge : c’est une forme de rébellion et d’individualisme contre les grandes institutions, contre la pensée dominante que l’on tente d’imposer aux masses. Je crois en la spiritualité, et en Satan comme une force qui me soutient.

Asagraum est souvent cité comme un groupe rare de black metal entièrement féminin, avec une forte identité. Cette singularité a-t-elle influencé ton expérience dans la scène, de manière positive ou négative ?

Obscura : C’était très positif, car au début, on a attiré l’attention plus facilement, ce qui nous a aidées à nous faire connaître. Et je pense aussi que notre musique est un bon black metal.
Aujourd’hui, c’est devenu moins important. Parfois, nous avons fait appel à un autre bassiste, un ami, pour les concerts, car c’était plus pratique.



Comment vos prestations scéniques diffèrent-elles de vos enregistrements studio, en termes d’énergie et d’atmosphère ? Considères-tu la scène comme un espace rituel ?

Obscura : Pour moi, il y a une grande différence. En studio, je me concentre davantage sur la perfection du jeu, sur l’aspect technique. Je ne suis pas dans l’énergie. Tandis que sur scène, c’est l’énergie qui prend le dessus. La scène est un processus plus rituel, un moment de puissance satanique que je veux transmettre au public. Je veux que le public le ressente.

En dehors de la scène, pratiques-tu des expériences ou rituels sataniques ?

Obscura : Mon idéologie, c’est la façon dont je vis. Je suis une personne libérée. Je ne me sens pas prisonnière de la société. Je vis comme je l’entends, et je sens que des forces spirituelles me soutiennent. Ma vie est très agréable. Je vis des expériences spirituelles intéressantes.
Je ne suis pas certaine que cela soit si fascinant à raconter ; pour le comprendre, il faut vraiment se mettre à ma place, dans ma situation.

Qu’est-ce qui t’a vraiment attirée dans le black metal, puisque tu n’es pas attirée par d’autres styles de metal ?

Obscura : Depuis que je suis née, je me suis sentie différente. Je n’appartiens pas à l’humanité, en quelque sorte — à la normalité. Quand j’ai découvert le black metal, j’ai immédiatement ressenti des forces spirituelles, une autre dimension dans laquelle je me suis sentie à l’aise, comme chez moi.
Cette musique, cette atmosphère… cela fait partie de mon âme.

Que peuvent attendre les fans d’Asagraum prochainement — musicalement, spirituellement, ou les deux ?

Obscura : Je commence à écrire un nouvel album, qui s’intitulera Catharsis of Fury. Il conservera le son classique d’Asagraum, mais avec une direction plus psychédélique. Quant aux paroles, elles seront un peu moins accessibles ; je veux qu’elles soient plus mystérieuses, plus psychédéliques.
J’aimerais que cet album soit terminé en 2026, mais il est encore trop tôt pour en dire davantage. Il faut encore créer les textes.

Le dernier mot pour tes fans et nos lecteurs ?

Obscura : Merci pour votre temps et pour votre soutien à Asagraum. Retrouvons-nous dans une vie intérieure.


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