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Chronique Album

CARACH ANGREN – Franckensteina Strataemontanus

CARACH ANGREN - Franckensteina Strataemontanus

CARACH ANGRENFranckensteina Strataemontanus

Date de sortie : 26 juin 2020
 
Dennis “Seregor” Droomers : chant et guitare

Clemens “Ardek” Wijers : claviers et orchestrations


Ce sixième album pour Carach Angren s’apparente t’il à un concept album ? En effet on peut le dire. Ecrire un nouvel album centré sur Frankenstein est une idée que l’on attribue à Clemens “Ardek” Wijers l’homme aux claviers et orchestrations de Carach Angren. Il a eu l’occasion de collaborer avec Peter Tagtgren d’Hyprocrisy, Pain et Lindemann. Et concernant le projet du chanteur de Rammstein et du suédois précité il s’est chargé des arrangements propres aux orchestres de leurs  deux derniers albums. Il a de plus eu l’occasion de lire le roman intitulé Frankestein Ou Le Promethée Moderne de Mary Sheller paru en 1818. Et visiblement il y a deux ans avait lieu la célébration du bicentenaire de la sortie du dit roman.
Il existait pour symboliser l’événement une exposition dans un musée en Hollande. Il s’agit donc ici d’un concept album qui succède à “Dance And Laugh Amongst The Rotten” sorti il y a déjà cinq ans. Ce nouvel opus “Franckensteina Strataemontanus” a vu le jour le 26 juin via le label français Season of mist. L’enregistrement a eu lieu au Tidal wave studio pour la batterie, les guitares et la basse sous la houlette de Patrick Damiani. Quant aux vocaux, les claviers et orchestrations ils ont été réalisés au Clemens Wijers Music Productions.
A ce sujet le travail sur les synthés est un des points centraux, voire la clef de voûte de leur art black metal symphonique teinté baroque. De plus la coloration indus est bien mise en relief.  La piste du nom de l’album propose un riff très efficace, catchy et mémorisable instantanément. Ce dernier est l’œuvre de l’homme aux claviers. On ressent que le groupe a une réelle affection pour Rammstein qui va en grandissant pour s’affirmer sans doute de plus en plus.
Musicalement parlant le combo s’est dépassé une nouvelle fois, les samples utilisés pourraient presque faire songer à un orchestre. Le groupe a travaillé avec Robert Carranza qui a déjà fait ses armes avec The Mars Volta ou encore Marylin Manson entre autre sans s’être occuper auparavant de metal extrême. Les bataves aiment le goût du risque et c’est tout à leur honneur. Le pari est tenu et le résultat en est bluffant de puissance au niveau du son.
En outre le collectif est devenu expert en termes d’horreur et d’aspect théâtral. Il n’y a qu’à regarder cette pochette inquiétante, angoissante et sinistre au demeurant. Elle a été conçu par Stefan Heilemann. Toujours attachés à leur black metal symphonique, les orchestrations font mouche à chaque fois. Elles nous guident dans leur univers si particulier c’est à dire étouffant et oppressant. Elles sont foudroyantes d’efficacité et d’ingéniosité.
Même si musicalement parlant on s’éloigne très légèrement du metal extrême de leurs débuts pour se rapprocher d’un metal ayant été influencé parfois  assez fortement par Rammstein. Que les fans se rassurent Carach Angren reste bel et bien dans leur créneau d’origine.


CARACH ANGREN - Franckensteina Strataemontanus


La première piste “In German Woodland” débute par une personne qui narre. On a tout de suite l’impression de se retrouver au beau milieu d’une bande originale d’un film. L’album est constitué de surprises et l’inspiration se révèle concrètement. L’aspect cinématographique est un atout une fois de plus car cela donne toujours l’impression de découvrir de nouvelles subtilités à chaque écoute. Et il y en a un bon paquet d’ailleurs. Bien à eux. Certains morceaux savent se montrer brutaux, efficaces et très directs au niveau des rythmiques. On peut songer à ce sujet à la piste qui a donné son nom à la galette. Et sur cette dernière le spectre de Rammstein est décelable à l’évidence mais bien placé par petites touches et toujours avec un soucis de discrétion peut-on dire. 

 
Les blast-beats de Namtar sont impressionnants de précision. Depuis il a quitté le groupe tout dernièrement. Il effectuait pour la petite histoire son tout dernier concert lors du festival In Theatrum Denonium à Denain le 7 mars dernier. Les claviers occupent donc comme je l’évoquais au début de la chronique une place de première choix ce qui permet de créer au mieux des atmosphères horrifiques et lugubres à souhait. Le clip accompagné de “Monster” est un titre représentatif du répertoire de ce Carach Angren cuvée 2020. Le riff de “Like a conscious parasite I roam” est foudroyant.
Les vocaux de Seregor sont toujours aussi diversifiés ce qui confère au combo une fois de plus une grande force et une originalité exemplaire. Il sait susurrer, chuchoter  et passer juste après à des vocaux criards du plus bel effet. Le travail sur ces derniers est exceptionnel c’est une réalité. Au niveau des thématiques retenues Johann Conrad Dippel est au centre de cet opus. Il s’agit d’un théologien qui avait inventé une huile animale qui servait entre autre à créer un poison dans des puits au cours de la Deuxième Guerre Mondiale. “Scourged Ghoul Undead” s’avère être mélodique grâce à ce piano bien utilisé et du coup cela donne un aspect effrayant et concluant à souhait du coup.
Operation Compass” nous offre des riffs assez massifs dans le genre et possède cette touche death au niveau du grain des guitares ce qui peut être un peu étonnant lors de la première écoute car c’est assez peu courant chez nos néerlandais. 
 
Depuis “Lammendam” paru en 2008 Carach Angren a bien évolué et commence à bien récolter les fruits de leurs efforts. Le combo nous livre ici un nouvel album d’une grande valeur qui sait se distinguer par son caractère très diversifié. Il présente de ce fait de nouvelles possibilités pour leur avenir qui s’annonce sous les meilleurs auspices. Le succès devrait sans aucun doute être au rendez-vous pour eux en cette année 2020. A ce sujet “Franckensteina Strataemontanus” a déjà été classé numéro un dans les charts en Finlande (album Top 50).
Les maîtres du style horror metal sont bels et bien de retour et de la manière la plus fracassante possible. Il nous reste plus qu’à espérer les revoir en concert très prochainement pour pouvoir juger de la teneur de leurs nouveaux morceaux sur les planches.


Tracklist
Here in german woodland
Scourged ghoul undead
Frankensteina Strataemontanus
The necromancer
Sewn for solitude
Operation compass
Monster
Der vampir von nurnberg
Skull with a forked tongue
Like a conscious parasite I roam

Frederick’s experiments (bonus track)


 

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