ØLYP – I(m)MORTAL
Sortie : 25 septembre 2026 – Klonosphere
Formation :
Thibaud Lépicier – guitare, basse & production additionnelle
David Annenkoff – batterie
Il y a des albums qui s’installent tranquillement, et puis il y a ceux qui vous attrapent dès les premières minutes pour ne plus vraiment vous lâcher. I(m)MORTAL fait clairement partie de cette seconde catégorie. Avec ce premier disque, ØLYP frappe fort, très fort même, en proposant une œuvre instrumentale à la fois massive, habitée et profondément immersive.
Le duo formé par Thibaud Lépicier et David Annenkoff ne se contente pas d’aligner les riffs ou de démontrer une maîtrise évidente du Metal Progressif. Il raconte quelque chose. Sans voix, sans paroles, mais avec une intensité qui parle directement aux tripes. C’est précisément ce qui m’a happé dans cet album : cette impression d’être embarqué dans un mouvement permanent, entre tension, lâcher-prise et contemplation.
I(m)MORTAL possède cette profondeur que j’aime tant dans le metal progressif lorsqu’il se laisse contaminer par le Post Metal et certaines teintes plus sombres, presque Post Black par moments. Les morceaux respirent, se déploient, se contractent, explosent parfois, mais jamais gratuitement. Tout semble pensé pour faire monter la pression, créer une atmosphère, puis nous laisser face à quelque chose de plus grand que nous.
Des titres comme Solace ou The Great Acceleration m’ont particulièrement marqué. On y retrouve cette manière de mêler puissance et élévation, lourdeur et lumière, avec une vraie dimension cinématographique. J’ai souvent pensé à HYPNO5E dans cette capacité à transformer le metal en expérience sensorielle complète, dense, presque visuelle.

ØLYP porte la richesse de la scène française.
Et puis arrive le final, avec The Great Denial Part I & II, qui vient confirmer tout le bien que l’on pouvait déjà penser du disque. Là, ØLYP atteint un sommet : les mélodies prennent de l’ampleur, les rythmiques resserrent l’étau, les cordes ajoutent une profondeur superbe, et l’ensemble dégage une intensité émotionnelle assez remarquable. C’est beau, puissant, sombre, mais jamais écrasant.
Ce qui rend I(m)MORTAL encore plus fort, c’est que cette musique ne sonne jamais comme une simple performance instrumentale. Elle porte un propos, une inquiétude, une vision. En évoquant l’empreinte de l’homme sur son environnement, son individualisme et son déni face aux catastrophes qu’il engendre, ØLYP donne à son album une résonance presque vertigineuse. On écoute, on se laisse emporter, puis on se retrouve à réfléchir à ce que cette tension dit de nous.
Massif, intense, inspiré et profondément vivant, I(m)MORTAL est une très belle claque. Un album qui confirme une fois de plus la richesse de la scène française et qui place d’emblée ØLYP parmi les formations à suivre de très près. Personnellement, je suis sorti de l’écoute avec cette sensation rare : celle d’avoir traversé quelque chose


