MOOKHON – Chronicle :The Beginning
Kim Sang-Po (Batterie)
Alors pour ceux qui me connaissent (pas grand monde donc), j’ai toujours été attiré par l’Orient et une partie de sa musique, à savoir la musique japonaise. Que ça soit metal ou J-pop. En revanche, ce que je n’ai jamais essayé (et en toute honnêteté ce n’est pas trop médiatisé, donc totalement inconnu pour moi), le metal coréen.
C’est pourquoi quand on me demande : « Nico un groupe coréen ça te dit ? » et bien ni une ni deux j’accepte !
C’est ainsi que ce soir je vous narrerai le premier EP du groupe MOOKHON que l’on peut traduire par « Une âme qui brille dans le silence ». Créé en 2002, le groupe n’est actif que depuis 2022 et il nous offre ici, après une longue série de concert et de récompense son premier essai. Et c’est ici que ça se passe !
On commence avec « Glorious Master » et sa belle introduction orchestrale. Il m’a fallu deux écoutes pour me familiariser avec le chant coréen, mais une fois ce cap passé (pas dur hein), on profite des mélodies de la langue en adéquation avec la musique. Kim Jong-dae nous offre des riffs tranchants et efficaces mais je reste un poil sur ma faim sur le solo (vous inquiétez pas ça viendra). Au niveau du chant je dois dire que Lee Si-hoon assure aussi bien dans les aigus (excellents) et les graves comme (parfois) le growl.
L’esthétique power metal est vraiment présente avec par moment des élans de Rhapsody, ce qui n’est pas rien !
Je reprocherai un truc à ce titre : la production qui ne met pas en avant la lourdeur ou la puissance musicale du combo. Mais cela semble réparé dès « Passion ». La grosse caisse de Kim Sang-po tape fort et juste pour accompagner Lee Seung-min et sa basse. Le duo fonctionne très bien et là chaque instrument est à sa place. Le solo de Kim Jong-dae n’est pas sans rappeler les sweeps endiablé de Luca Turilli. Quelle maîtrise, l’influence néo-classique est présente et superbe !
Magnifique montée dans les aigus pour Lee Si-hoon en fin de titre ! Là on est dans le vif du sujet !

On démarre avec quelque chose plus joyeux avec un son plus… Helloween disons. Sur « The Kingdom » Lee Si-hoon me rappelle parfois, sur les grandes vocalises, un Michael Kiske très en forme. Le titre reste assez classique, sans grand moment marquant mais c’est propre et carré.
Song Yu-jin bien que discrète apporte tout de même la jolie touche orchestrale aux claviesr et elle a son importance dans ce style. Seul un petit solo sur le premier titre l’a vraiment mis en avant, cependant sa contribution reste, je maintiens, indispensable.
« Now We » revient à une mise en avant de tous les talents, avec Kim Jong-dae qui se déchaîne en duo avec le clavier de Sing Yu-jin et bordel que ça joue ! Le riff du couplet est parfaitement valorisé par le duo batterie/basse. Excellente musicalité sur ce titre et un rendu grandiose !
Puis on termine avec « Starry Night » où la guitare chante de la plus belle façon. La batterie s’emballe avec des blasts endiablés et Lee pousse toujours sa voix plus haut. On aura même droit à des passages en guitare acoustique avec des transitions parfaites.
Les chœurs du refrain ancrent vraiment le groupe dans cette lignée heavy/power qui m’est chère de part mes débuts.
Même sur les deux soli (clavier/guitare) j’ai vraiment cru entendre Alex Staropoli et Luca Turilli. C’est dire ! Très belle façon de clôturer cet EP !
En conclusion, parce que j’en vois venir certains : oui le groupe ne réinvente pas la roue. MAIS, ne connaissant pas le contexte « metal » coréen, j’avoue que je vois aussi ça comme un hommage et une preuve que le power metal fantastique a encore de belles années devant lui.
Dans un pays où, je pense, la K-pop prend le pas (et pas que sur la Corée, sur le monde), oser mettre en avant du metal, c’est… ben justement : c’est metal ! Un grand bravo au groupe et surtout : Kamsahamnida !!! ( 감사합니다 ).


