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Détresse – Misères


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DETRESSE – Misères

 

Sortie le 9 octobre via Vendetta Records.

 

 


Avec un nom comme Détresse et un album intitulé Misères, on se doute qu’on ne va pas passer quarante minutes à chercher le soleil tout en regardant les petits oiseaux qui font « cui-cui ». Encore faut-il que cette noirceur ait quelque chose à raconter.
Le trio, partagé entre l’Autriche et le Québec, s’intéresse ici à ce que l’oppression, le manque et le désespoir font aux êtres humains. Un sujet immense, qui réclame davantage que quelques riffs lugubres et une belle pochette sombre.

Sorti le 9 octobre 2026 chez Vendetta Records, ce deuxième album succède à Pessimismes. Le groupe présente une approche plus directe, avec moins de passages atmosphériques et davantage de rudesse. Voilà pour l’intention.
Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est la possibilité de donner un visage à cette détresse, de nous faire approcher ceux qui la vivent. La misère a suffisamment de portes d’entrée ; inutile de lui construire un porche monumental.

Détresse : un black metal qui regarde la misère humaine en face.

Les sept titres composent déjà, par leurs seuls noms, un itinéraire peu engageant. « Vallée de Misères » ouvre la marche : ambiance oppressante par la voix growlée comme du papier abrasif et par les riffs sulfureux.
Ça blaste sévère sur les deux missives de pur german black metal avec  « Verrottet », puis le mid-tempo bien sombre proche d’un Marduk « Schwefel ».
Une dégradation qui gagne du terrain comme sur « Peine Perdue » et « So Bitter, So Kalt », quelque chose qui travaille sous la surface avec des sons de guitares que ressurgissent parfois. Le genre d’endroit où l’on hésite à respirer à pleins poumons.



Au centre du disque, « Les Nuits Jaunes » accueille Vestal de Merrimack au chant, ainsi que les paroles déclamées de C.S. Rien qu’avec le titre on imagine des nuits qui n’en finissent pas, éclairées par une lumière malade plutôt que par la Lune.

Ce jaune domestique comme une ampoule fatiguée sur laquelle une araignée avait tissé une toile désormais toute poussiéreuse. Un mur défraîchi, une pièce où l’on attend sans trop savoir quoi. C’est peut-être là que se niche l’angoisse la plus tenace. Dans ce qui pourrait nous être familier.

On apprécie cette idée d’un black metal qui regarde la misère humaine en face. Pas besoin d’un château en ruine pour trouver de quoi frémir : il suffit parfois de regarder ce qui se passe à hauteur d’homme, aujourd’hui comme hier.

C’est sur ce terrain que la proposition de Détresse est touchante. Elle ramène la noirceur vers des existences que l’on pourrait croiser, vers cette fatigue que personne ne photographie pour l’album de famille.


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