MAYHEM – MARDUK – IMMOLATION
Elysee Montmartre – mercredi 11 Février
Un concert Garmonbozia Inc.
Photos by Philippe Bareille

Les puristes trouvent parfois qu’il est bien d’offrir une affiche avec uniquement des groupes évoluant dans le même style musical. Je trouve, au contraire, qu’il est intéressant de panacher les genres.
Voir Immolation à la même affiche que deux groupes black apparait ainsi comme une belle initiative. S
urtout qu’Immolation, même s’il évolue dans le death, est d’une certaine manière aussi sauvage et brutal que ne le sont Marduk et Mayhem.
Immolation
Immolation est un groupe culte de la scène death et poursuit sa route près de quarante ans après sa formation.
Le combo mériterait une reconnaissance encore plus grande que celle à laquelle il a droit car comme ce soir cela fait maintenant des années et des années que les Américains se retrouvent en première partie et pas en tête d’affiche.
Cette petite injustice ne les empêche pas d’être à fond dès le début de leur set. Le combo est particulièrement affûté et semble prendre un grand plaisir à être sur scène.
Leur chanteur n’arrête pas de remercier le public d’être venu aussi tôt pour les voir.

Immolation nous offre une leçon de death. Le groupe joue pas mal de morceaux de son avant dernier album, « Acts of God » : « An Act of God », « Blooded », « The Age of No light ”, des titres qui montrent un combo qui semble malgré le poids des années ne ressentir aucune usure.
« Adversary » le seul titre proposé de l’album à venir en Avril prochain « Descent » confirme cette impression.
Immolation nous offre ce soir une sorte de best-of avec notamment « Dawn of Possession » tiré de l’album éponyme, premier opus du groupe. Un morceau de 1991 qui possède la même puissance et la même rage que les nouveaux titres.
En quarante minutes Immolation met tout le monde d’accord. Un magnifique concert qui fait démarrer la soirée sous les meilleurs auspices.
Marduk
Marduk joue tellement souvent à Paris que l’on a l’impression de les avoir quittés la veille. Les Suédois ne déçoivent jamais et le concert du soir est comme toujours une tuerie.
Cela commence d’entrée très fort avec « Frontschwein » et « Wolves ». Adepte du mid-tempo malsain Marduk sait plus que quiconque jouer avec les atmosphères.
Mortuus a l’air profondément énervé par son micro qui semble pourtant bien fonctionner. Cela n’atténue en rien la qualité du concert, bien au contraire, sa rage semblant dès lors décupler.

Les titres plus récents comme « Shovel Beats Sceptre » sont du niveau des plus anciens comme ce « On Darkened Wings » tiré du deuxième album du groupe, « Those of the Unlight ».
On est très content d’entendre « The Black… » morceau du premier album des suédois « Dark Endless », avant un final apocalyptique avec le fameux « Panzer Division Marduk et un majestueux « The Blond Beast », le genre de mid-tempo dark qui a fait la marque de fabrique de Marduk. Un concert maitrisé de bout en bout.
Mayhem
Mayhem est un groupe légendaire mais sur scène il y a souvent à boire et à manger. Leurs prestations peuvent parfois être très ennuyeuses ou virer au grand guignol.
On a donc forcément un peu peur lorsque leur set démarre mais on est vite agréablement surpris par la tournure des événements.
Le groupe vient de sortir un très bon album, « Liturgy of Death » et « Realm of Endless Misery » qui ouvre le bal est un excellent morceau.
Attila est dans une belle forme vocale et son jeu de scène vaut à lui seul le déplacement. Les vidéos projetées derrière le groupe sont de plus magnifiques.

Les morceaux tirés de « Grand Declaration of War » : « To Daimonion » et « View from Nihil” figurent parmi les grands moments de la soirée.
Quant à entendre la voix de Dead comme sortie d’outre-tombe sur le premier couplet de « Freezing Moon » cela amène le grand frisson.
Mais c’est le final qui vaut vraiment le coup. Pour le rappel Mayhem joue quatre titres de leur premier EP, « Deathcrush » : « Deathcrush », « Chainsaw Gutsfuck », « Carnage » et « Pure Fucking Armageddon ».
Et là d’un coup d’un seul on retrouve le Mayhem originel : celui d’un black crade et un peu punk. Les images d’archive projetées derrière le combo qui montrent les membres de Mayhem au tout début du groupe créent une émotion profonde.
On pense alors à ces gamins, qui dans cette Norvège froide et isolée, allaient inventer un genre et créer un mythe qui bientôt les dépasserait.











































