EXODUS – SAVAGE MESSIAH
Petit Bain Paris
Mardi 5 Juin 2018

Le thrash énervé de la San Francisco Bay s’empare de la capitale !
Quand les gars d’Exodus débarquent à paname pour un live, on peut s’attendre à une performance digne de ce nom de la part des pionniers du thrash metal. C’est dans un Petit Bain blindé que les réjouissances s’organisent, avec les londoniens de Savage Messiah en ouverture.
A ne pas confondre avec Suicide Messiah, l’iconique tube de Zakk Wylde et les vieux briscards de Black Label, ce « presque » homonyme arrive tout droit du Royaume-Uni pour un heavy métal aux accents thrash. Sorte de réminiscence d’un golden age glam qui ne semble plus si lointain, le groupe fournit un son efficace, fort de plus d’une décennie de scène à son actif.
Crinière au vent, les quatre gaillards ne sont pas trentenaires mais ont de la bouteille ! Dave Silver, chanteur aux vocalises rappelant l’époque Maiden, tient les manettes de cette formation au son old school. Seul membre permanent, leader et créateur du groupe, il reste à la tête de ce projet ambitieux depuis ses débuts. Les influences de Judas Priest se font ressentir pendant toute la durée de ce live péchu, sans oublier Testament ou encore Megadeth.
Les kids se débrouillent, et plongent leur audience dans le maelstrom des années quatre-vingt. Sans tomber dans le piège d’un tribute band, Savage Messiah fait honneur à plusieurs genres phares des eighties. On déplorera une certaine originalité manquante, bien que le résultat ait des airs de déjà-vu sympathique. Sans être transcendante, la formation fait revivre une nostalgie agréable à son public dans une ambiance de revival.
Exodus déboule après un bon break, face à une salle électrique. Et les Californiens aux dix albums studio n’y vont pas de main morte, n’ayant rien à envier au lineup d’origine – bye, Kirk Hammett ! Emblématique du Bay Area Thrash Metal, le groupe se construit en opposition à son comparse glam de l’époque. Alors que l’un est tout en exubérance, strass et paillettes, son rival stylistique produit un son rapide, violent, sorti d’un champ de bataille.
Bourrin à souhait, le son d’Exodus est dépoli, suant, couillu, gueulard. Vite, une bière ! Il faut dire que les vieux loups de mer de la formation ont des kilomètres parcourus dans les mollets. Steve Souza, chanteur dégoulinant et massif, n’y va pas par quatre chemins. Accompagné de Kragen Lum (remplaçant Gary Holt sur la tournée car celui ci tourne actuellement avec Slayer (merci à Randy rockhard pour la précision)) jouant sur plusieurs tableaux avec une certaine maestria, le frontman se la joue brute de décoffrage. Connu pour des lyrics à la thématique plutôt noire, le groupe est empreint d’une énergie joviale et communicative, très groovy.
La fosse pleine à craquer s’adonne à coeur joie à des mosh pit désordonnés, entre slams et bousculades de rigueur. Quand les premiers riffs emblématiques de Bonded By Blood et The Toxic Waltz se font entendre, l’emportement prend des proportions dantesques, rappelant à quel point le groupe a marqué au fer rouge toute une époque pavée de concerts underground à l’esprit hardcore. Exodus, c’est une recette thrash élaborée à la perfection, à déguster sans modération !


2 commentaires
Aure,
Juste une petite précision : il ne s’agissait pas du guitariste Gary Holt (en tournée actuellement aux États-Unis avec Slayer, mais de Kragen Lum, le remplaçant live de Holt depuis 2013
Arf merci de la précision, on corrige 😉