SEPTARIA : Interview exclusive réalisée le 5 avril 2026 au We Metal fest

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Né de la fusion entre la puissance du metal et les nuances immersives de la musique prog, Septaria développe un style post-metal qui saisit avec sensibilité la dualité de l’expérience humaine.
À travers des variations mêlant agressivité et mélodie, le groupe suit le cheminement cathartique interne menant de la souffrance à la paix, mettant en contraste l’énergie brute du corps et les élaborations subtiles de l’esprit.
Tout en contemplant la beauté froide d’un ciel étoilé, et les abysses de leurs âmes, Septaria dévoile leur passion pour le metal.
Le terme « Septaria » évoque souvent ces pierres de concrétion aux formes fracturées et complexes. Est-ce une métaphore de votre musique, à la fois solide comme le métal mais riche de fissures et de détails cachés ?
Hugo, chanteur : C’est le recyclage d’un vécu douloureux, compliqué, en quelque chose de plus solaire. On peut le lier à la musique que l’on fait. Le mot « Septaria » nous a plu.
Hugo, batteur : La définition de cette pierre Septaria est propre à chacun, tout comme les l’interprétation de la musique.
Hugo, chanteur : On peut interpréter la musique comme on l’entend, et même au sein du groupe, chacun l’interprète à sa façon.
On peut interpréter la musique comme on veut. Justement vous allez nous donner votre point de vue personnel. Je pense que c’est intéressant de creuser cet aspect : l’interprétation de votre propre musique.
Maxime : Ce qui me plaît dans la musique, en général, ou plutôt, je vois la musique comme un prétexte à marquer des moments de vie. Dans le metal, et plus particulièrement, dans la musique que nous jouons, c’est un moyen de repousser nos limites, de l’ordre de la détermination, de vivre quelque chose de fort. En litho thérapie, Septaria signifie transformer des énergies négatives en énergie positive. Quand je suis sur scène et que je joue nos morceaux, c’est un pas pour aller de l’avant.
Hugo, chanteur : Je le vois plus comme un terrain où je peux cultiver tout ce qui est à l’intérieur de moi, tout ce qui est très profond et ça a du sens de le faire.
Baptiste : Pour moi, jouer des morceaux sur scène, c’est cathartique. Je ne vais plus penser à grand-chose. Je me concentre sur mon fort intérieur, je me concentre sur ma technique. C’est un moment qui me guide et ça me permet de naviguer dans le temps.
Hugo, batteur : C’est à la fois une thérapie et un exutoire, un moyen de marquer aussi des moments de vie. Sur scène, on est là pour se dépasser pour essayer de faire mieux qu’avant. C’est un excellent moteur de vie. Quant à la création artistique je pense que c’est un casse tête. Cela donne aussi du sens à sa vie.
Votre biographie mentionne la « dualité de l’expérience humaine ». Comment parvenez-vous, lors de la composition, à équilibrer cette balance entre l’agressivité brute (le corps) et la mélodie subtile (l’esprit) sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre ?
Hugo chanteur : C’est comme assembler les pièces d’un puzzle ; il faut arriver à mettre de la dynamique dans la composition. On aime bien une certaine dynamique et que ça n’aille pas dans l’extrême, dans le très haut ou dans le très bas. On essaie de faire un voyage dans nos compositions.
Votre musique est un voyage dans le cosmos ? Qu’est-ce qui vous attire dans cet univers ?
Hugo, batteur : C’est le voyage en lui-même. C’est motivant et c’est ce que l’on a besoin de faire naturellement. Cela permet également d’évoluer, en tant qu’être humain, vers des choses qui font sens… c’est ça le vrai voyage ! C’est devenir une personne meilleure.
Durant votre concert, on a pu admirer de beaux visuels avec le cosmos, les étoiles mais également le Big Bang. Quelle interprétation en donnez-vous ?
Hugo, chanteur : C’est le concept de détruire quelque chose qui existe. Il y a la métaphore d’un trou noir avec tout l’univers qui se détruit pour en recréer un autre avec un autre Big Bang. Cela fait écho à plein d’interprétations différentes. Pour construire quelque chose, par exemple, on est parfois obligés de détruire ce qu’il y avait avant. C’est la métaphore du Big Bang qui s’applique à chacun sur la manière dont il veut l’interpréter.

Diriez-vous que vous êtes chanceux d’avoir pu jouer au Hellfest 2025 et d’avoir reçu des louanges de la part des médias pour votre premier album A sorti en novembre 2024 ? Ou est-ce le résultat de votre labeur ?
Maxime : C’est un mélange des deux : le travail que l’on a fait pour atteindre nos objectifs. Il y a également une part de chance. Quand on a reçu le mail pour aller jouer au Hellfest, c’était juste incroyable ! Parallèlement on essaie de se donner cette chance.
Hugo chanteur : C’est surtout le travail.
Influencés par Gojira, Meshuga mais également l’univers, si vous deviez partir sur une autre planète, ce serait laquelle et pourquoi ?
Hugo, batteur : On sortirait pour aller vers une autre planète, Jupiter, par exemple.
Hugo, chanteur : On est bien finalement sur Terre c’est cool !
Vous décidez de rester sur Terre. Pas de voyage vers une autre planète finalement. Mais alors un seul disque à emporter avec vous sur une île déserte ? Ce serai lequel ?
Maxime : Magma de Gojira, je suis trop fan.
Hugo, batteur : Animals de Pink Floyd.
Baptiste : Meddle de Pink Floyd.
Hugo, chanteur : In Rainbows de Radiohead.
L’aspect ambient de votre musique est très présent. Comment travaillez-vous ces textures sonores pour qu’elles ne soient pas juste des interludes, mais une part entière de l’intensité du morceau ?
Hugo, batteur : Nous puisons énormément d’inspiration dans la scène ambient. Le but est de proposer un voyage où l’on peut fermer les yeux et voir un véritable tableau sonore, à l’image de ce que fait Slowdive. C’est une influence majeure. Techniquement, nous faisons beaucoup d’essais pour trouver les textures qui se marient parfaitement, en termes de tonalités, avec les guitares.
Maxime : On mise beaucoup sur l’expérimentation à l’oreille. C’est elle qui nous guide et nous indique si une idée est pertinente ou non. Tout passe par le ressenti.
Vous parlez de passer de la « souffrance à la paix ». Est-ce que composer cet album A sorti en novembre 2024 a été un processus thérapeutique pour vous, ou est-ce une narration que vous construisez pour l’auditeur ?
Hugo, chanteur : Je pense que la musique que l’on crée est avant tout pour nous. Ce que l’on joue, ça nous parle et c’est ce qu’on a envie d’entendre, en tant qu’auditeur. On essaie de se mettre à la place des gens.
Hugo, batteur : En ce qui concerne les paroles, j’écris de la poésie. C’est un exercice tellement spécial que je ne pourrai pas te dire comment ça se fait. C’est assez compliqué, j’écris sur des sujets personnels. J’aime bien le poète suisse Philippe Jaccottet, par exemple.
Parlons production : vous travaillez avec des ingés son comme Séraphin Hoang et Nicolas Dick. Comment êtes-vous entrés en collaboration avec ces ingénieurs ?
Hugo, batteur : On s’est rendus dans un studio où Séraphin travaillait déjà. Et Nicolas, on l’a connu par le bouche-à-oreille.
Comment avez-vous vécu ce We Metal Fest aujourd’hui ?
Hugo, chanteur : J’ai adoré. L’accueil était exceptionnel.
Maxime : Moi aussi, j’ai bien kiffé. C’était super !
Petite salle versus festival géant : quelle est votre préférence ?
Hugo, batteur : Aujourd’hui, je répondrai « festival géant »
Les trois autres : Moi aussi.
Des projets pour terminer l’année ?
Maxime : On est en train de composer. C’est difficile de dire quand sortira le prochain album parce qu’on essaie de faire ça bien. On laisse la créativité faire le travail. On n’a pas de date à donner mais on y travaille.
Quant aux projets festivals et concerts, on va jouer au V And B festival, Just ‘N Fest cet été. On attend une réponse pour le Wacken. On va jouer en finale à Lyon, à la Wacken battle 2026. Le gagnant a le droit d’aller jouer au Wacken. A Lyon, on va jouer avec Heart Attack et Ashed Winter. Ça vaut être costaud. (NDJ : le 13 mai 2026)
Le mot de la fin.
Maxime : Je remercie tous ceux qui nous soutiennent. Vive la musique !
Merci à vous.

