U.D.O.& Musikkorps der Bundeswehr
Sortie le 07 Mai 2020
Quand UDO sort un nouvel album, on sait exactement à quoi s’attendre : de l’hymne Heavy-Metal à la chaîne, souvent mid tempo, avec une voix en papier de verre par-dessus, des refrains à beugler jusqu’à s’en péter les cordes vocales, du riff plus ou moins interchangeable, et la messe est dite.
« Oui, mais Bull, c’est quoi ce Musikkorps der Bundeswehr qui fait apparaître son nom à côté de celui de notre icône hurlante ?
– C’est un orchestre
– Un orchestre ? Comme avec Metallica ?
– Oui mais non, car c’est un orchestre militaire.
– Et ça change quoi du coup ? Un orchestre, c’est un orchestre, non ?
– Et bien ça change tout. Comme le dit Henri Tachan : « dans les orchestres militaires, y’a pas de cordes, y’a pas de cordes… »
Pas de cordes, mais des cuivres. De partout.
Loin de l’esprit symphonique qui hante la plupart des autres lives métalliques enregistrés avec un ensemble classique (Deep Purple, Scorpions, etc), il s’agit bien ici d’une…fanfare.
Il y avait déjà eu, en 2015, l’expérience « Navy Metal Night », enregistrée avec l’orchestre de la marine Allemande, fort sympathique mais basé uniquement sur des compositions préexistantes. Or, il s’agit bien ici d’un nouvel album studio, exercice à la fois plus intéressant car plus original mais aussi plus périlleux.
L’effort créatif est collectif, la composition se répartissant entre les membres actuels du groupe, les vieux comparses Peter Baltes (ex-Accept) et Stefan Kaufmann (ex-Accept et ex-UDO), le chef d’orchestre Christoph Scheibling et les compositeurs de l’armée allemande que sont Guido Rennert et Alexander Reuber.

Dans cette configuration, ce que le groupe ne perd pas en puissance, il le gagne en diversité. On pourrait craindre un résultat niais ou pataud, il n’en est rien. Les cuivres apportent un supplément de dynamisme à l’ensemble, sans dénaturer la musique du groupe le moins du monde. Les morceaux ont été pensés dès le départ pour tous les instruments, et c’est ce qui fait la différence. Il n’y a pas plusieurs couches, mais bien un groupe élargi proposant une mixture commune.
Et du haut de ses 68 ans, notre hurleur préféré s’en donne à cœur joie, comme un piranha dans un vivier. Il n’a rien perdu de sa foi en sa musique ni de sa force d’interprétation, qui transpire toujours la passion. Ses textes engagés, universalistes, écologistes, sont simples dans leur formulation, mais on sent l’homme sincère.
Si l’album est long (75 mn pour 15 titres), la variété d’une piste à l’autre évite la redondance que l’on a souvent reprochée (parfois à juste titre) à ce brave Udo. Saxophone, chant féminin lead, pièces instrumentales, bois, chorale d’enfants, tout est fait pour enrichir le propos. Le tout est plutôt orienté mid-tempo, la configuration s’y prêtant bien plus qu’à des morceaux plus rapides, mais est assez diversifié pour n’être jamais ennuyeux.
Enfin, l’album dégage une forme d’énergie positive. Là où le metal est souvent assez sombre, et c’est un euphémisme, on sort de l’écoute de ce dernier avec un sentiment d’épanouissement et un grand sourire de satisfaction.
Rien que pour ça, merci Monsieur UDO.
Tracklist

