Interview de Chloé Trujillo
Réalisée le 6 avril 2024 au Hard Rock Café de Paris.

Après avoir écumé quelques clubs prestigieux de Los Angeles comme le Whisky a Go Go, l’un des plus vieux sites de la scène rock, hard rock, metal connu pour avoir accueilli The Doors, Led Zeppelin, The Kinks, The Stooges, Metallica, Cheap Trick, Guns N’ Roses, System of a Down, Elton John, Mötley Crüe, Steppenwolf, Van Halen, KISS, Death, AC/DC, Linkin Park, Nirvana parmi des milliers d’autres, le groupe Blvd of Eyes faisait sa première apparition au Hard Rock Café ce samedi 6 avril. Distinguée par son art work et sa créativité intuitive, la chanteuse franco-américaine Chloé compose souvent au feeling textes et mélodies. Jonglant avec plusieurs styles de musiques, du rock, hip hop aux riffs plus metal, Blvd of Eyes a déjà sorti un premier EP en 2021. Venant révéler sept morceaux au Hard Rock Café, le quartet a attiré de nombreux médias ce soir-là.
Tu as collaboré à l’exposition « Metal, Diabolus in musica » de la Philharmonie de Paris. Le vernissage a eu lieu le jeudi 4 avril. Comment es-tu entrée en contact avec l’organisateur ?
Chloé Trujillo : J’ai rencontré Corentin Charbonnier au Hellfest en 2022 et il a commencé à me parler du projet. Nous sommes restés en contact. Un an et demi plus tard, il est venu à Los Angeles avec Milan Garcin et une équipe. Ils sont venus réaliser un petit documentaire sur notre famille. Milan a choisi le tableau qui se trouve actuellement au sein de l’exposition, l’un des flyers que ma fille a fait et d’autres petits objets comme un masque, un vieux bandana que Mike Muir de Suicidal Tendencies utilisait. C’est vraiment un super projet. J’ai atterri à Paris le 3 avril, j’ai sauté de l’avion et me suis rendue directement à l’émission C à vous qui se déroulait dans l’exposition. J’ai eu la chance de pouvoir admirer l’exposition avant le vernissage officiel et j’ai trouvé ça vraiment magnifique. Ils ont vraiment fait du bon boulot. Il est vrai que pendant des mois, j’ai suivi à distance sans vraiment savoir ce que ça allait donner avec les guitares, les instruments et la basse de mon mari. Je suis honorée d’en faire partie.
C’est quelque part ton art qui est également exposé puisque tu peins sur les guitares et les basses. Super ! Super ! Lors de notre précédente rencontre, tu avais évoqué quelques difficultés pour ton casting et le recrutement des musiciens. Comment ont évolué les choses aujourd’hui ?
Chloé Trujillo : C’est venu pendant les concerts virtuels joués pendant la Covid. Le groupe dans lequel jouait le bassiste Mark Dalbeth (ex-Bellusira) performait au même concert et c’est ainsi que l’on s’est connus. C’était difficile de voir les gens durant cette pandémie, de savoir si on était sur la même longueur d’ondes du fait qu’on était confinés. Je connais déjà beaucoup de musiciens mais en jouant, on rencontre tellement de monde.
Comment t’est venue l’idée de jouer avec ta fille Lullah ?
CT : Le challenge d’avoir de bons musiciens, c’est aussi qu’ils soient sérieux. Je vois ma fille jouer, travailler dur et elle assure vraiment. J’ai demandé à Lullah et j’ai ajouté : « je comprends si tu ne veux pas, je suis ta mère. » Elle m’a répondu positivement et elle est venue répéter aux séances.

Cela crée une complicité mère-fille et chanteuse-batteuse. Tu vis dans une famille de musiciens et tu as grandi dans une ambiance artistique. Penses-tu que cela t’a influencé dans ta vie aujourd’hui ? Pour devenir chanteuse, as-tu recours à des cours, des exercices vocaux ?
CT : Tous les jours, je fais des exercices vocaux. Mon grand-père était chanteur d’opéra et c’est lui qui m’a inspiré. Puis j’ai étudié énormément avec différents coachs des styles de musiques variés : jazz, cabaret, gospel. A New York où j’ai vécu deux ans, j’avais deux coachs. A Los Angeles, j’avais des coachs parce que je trouve ça important pour t’apporter à la fois des techniques, te diriger et t’aider à explorer certaines tonalités de la voix.
Comment va évoluer ton projet Blvd of Eyes ? Est-ce que ce sera toujours le même line-up ?
CT : Ce soir, Nils (ndj. Bloodorn, Sirena) a joué car notre guitariste Kevin ne pouvait pas venir de Los Angeles. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve mais il y a une bonne entente personnelle et une entente musicale éclairée. On a un second EP qui est bientôt prêt à sortir. Lors de nos dernières répètes à Los Angeles, on a commencé à écrire quelques nouveautés tous ensemble.
La scène musicale de L.A., fort connue pour sa puissante richesse musicale depuis les années 60, vous permet-elle encore aujourd’hui de jouer dans des clubs mythiques du Sunset boulevard ?
CT : Oui, on a joué au Whisky, au Viper Room et au Mint, ces trois-là sont déjà bien. Il nous manque encore le Roxy !

