Among The Living
Interview

Entretien avec JC et Pierre du groupe MERZHIN

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Christophe Colliou (Batterie) et Pierre Le Bourdonnec du groupe MERZHIN à l’occasion de la sortie de leur nouvel album Marche et (C)rêve

MERZHIN


Comment peut-on décrire MERZHIN à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de vous malgré votre carrière prolifique ?

MERZHIN c’est un groupe de potes qui, adolescents, ont monté un groupe de rock au lycée. Ils ne pensaient pas que cela allait devenir le cœur de leur vie et leur métier. Ça a commencé il y a plus de 25 ans maintenant.

Comment avez-vous vécu cette période covid en temps que groupe mais aussi individuellement ?

Cela a été un choc au début, comme pour tout le monde. Mais finalement on a mis à profit cette période pour faire cet album, prendre le temps de le peaufiner. C’est quelque chose que nous n’avions jamais réellement fait, de prendre le temps de composer. Avant nous mettions 6 mois pour faire un album, toujours dans l’urgence et pour partir en tournée le plus rapidement possible. Cela a été un mal pour un bien pour MERZHIN.

En parlant d’histoire de potes, vous avez collaboré avec DARCY sur leur dernier album avec un titre Notre Hymne. C’est aussi une histoire de potes, de convictions et de Rock ? Une Breizh Connection peut-être ?

(Rires) Oui on peut dire cela. Ce sont des rencontres au fil des concerts qui ont créées des liens. Les gars de DARCY sont vraiment sympas, ils ont un esprit punk/rock bien là. C’est vrai que l’on est sur la même longueur d’onde. Pour ce qui est de la « Breizh Connection », ce n’est pas du tout en Bretagne que l’on s’est rencontré avec DARCY, comme quoi…(rires).

Sur votre précèdent album « Nomades », on retrouvait également Kemar des NO ONE IS INNOCENT, celui-là même que l’on retrouve aussi sur le dernier DARCY. Peut-on dire que ce sont vos convictions politiques et une certaine vision de l’humanité qui vous unissent ?

C’est vrai que nous sommes très proches des NO ONE, tant humainement que musicalement. On partage la même vision de l’humanité. Kemar est également quelqu’un de très humain. Nous avons bien sûr beaucoup de thèmes en commun sur nos albums. Malgré tout nous avons cette orchestration folk avec les instruments comme la Bombarde ou la flute, qui nous donne cette identité bien marquée.

Musicalement je trouve Marche et ( C )rêve plus « aérien » et quelque part moins sombre que votre précèdent album « Nomades ». Qu’en pensez-vous ?

Cela est aussi dû au fait que l’on a pris vraiment le temps de composer cet album, et de mettre dedans tout ce que l’on avait à l’esprit. Tant au niveau du rendu que de l’atmosphère. Il reste malgré cela bien sombre et dur.

Malgré l’urgence et l’engagement des textes Il y a un certain optimisme je trouve sur cet album notamment avec des titres comme Futur. Et il y a aussi beaucoup de tendresse avec Luna, Sphaera (parenthèse instrumentale et aérienne) ou encore sur le magnifique C’est Gravé ? Pensez-vous que l’homme peut encore sortir de sa spirale auto-destructrice au fond ?

Oui, on l’espère et on le pense. Malgré toutes les alertes comme celles du GIEC ou encore les conflits aujourd’hui à nos portes (Ukraine). Nous sommes dans une démarche citoyenne, chacun doit faire ce qu’il faut pour respecter son prochain, son environnement. C’est vital pour l’héritage qu’on laisse à nos enfants. C’est vrai qu’avec des titres comme Sphaera, Renaissance, Luna, qui ont cette approche Post Rock, cela apporte cette touche aérienne à l’album.

On retrouve aussi cela sur un titre comme Virus, ce combat contre la haine.

Oui, au même titre que sur Résonances, où le protagoniste communique avec son aïeul qui vit la 1ere guerre mondiale. L’histoire se répète et il faut apprendre de ces erreurs pour rendre le monde meilleur. On retrouve cela aussi avec Jesse, qui fait référence à Jesse Owens, et le combat sous toutes ces formes de la haine.

Parlons du titre de ce nouvel album, Marche et ( C )rêve. En dehors de sa signification on ne peut pas passer à côté du clin d’œil à un autre illustre groupe non ?

(Rires) En fait pas du tout. Cela n’a rien à voir avec l’album de TRUST. En fait cela vient en partie d’une BD que j’ai lu (JC), le Transperceneige.
Mais aussi d’un groupe de Lorient, les FFKK (Freedom for King Kong), avec leur titre Marche Ou Rêve. Il y a toujours une porte de sortie et une fin heureuse.


merzhin


Le fait que le C entre parenthèses se traduit par un @, c’est un message fort contre la pensée formatée du Web et de son cortège de réseau sociaux déshumanisant (je sais je vais un peu loin là) ?

(Rires) On n’avait pas du tout pensé à ça, mais il y a de l’idée.

Parlons du clip que vous avez sorti avec le titre Je Veux. Comment se prépare un projet comme celui-ci ? Est-ce vous qui écrivez collégialement le synopsis ou vous vous laissez guider ?

On a travaillé tous ensemble, avec notre manager, sur l’écriture de ce clip. Cela nous tenait à cœur et on est vraiment content du résultat. C’était un défi pour nous, ne serait-ce que par la langueur du titre choisi qui fait plus de 6 minutes.

Le clip est magnifique, et malgré son thème il laisse une porte de sortie vers la lumière. C’est finalement un beau résumé de ce qu’est MERZHIN ?

Merci. Oui cela nous ressemble finalement. Nous sommes plutôt optimistes.

Comment fonctionnez-vous en termes de compositions ? Vous êtes en mode « répet » ou plutôt chacun chez soi et connectés ?

Avec le covid nous n’avons pas eu trop le choix. En général nous bossons chacun chez nous et on s’envoie nos idées. La magie d’internet (rires).

Au niveau des textes, c’est toi Pierre qui maitrise tout ou il y a un avis collégial sur les compositions ?

Je n’impose rien non. Chacun peut donner des idées de thèmes à aborder et j’écris. Je compose mes textes sans la musique en général. Ensuite je les adapte ou retravaille en fonction de la musique ou de l’avis du groupe.

La pochette est très représentative de vos compositions sur Marche et ( C ) Rêves, reprenant une grande partie des thèmes évoqués ici. Comment avez-vous imaginé cette conception ?

C’est important pour nous le visuel, déjà avec Nomades on avait proposé une pochette très percutante. Cette fois-ci on a fait appel à un designer pour qui c’était la première fois qu’il travaillait sur ce type de sujet (la musique). Nous sommes vraiment contents du résultat.

Quels sont vos héros ?

Il est difficile de répondre à cette question.

JC : Je dirais Dave Grohl, c’est quelqu’un que j’admire depuis très longtemps. Mais il y en a plein.

Pierre : Jesse Owens par exemple.

Quel regard portez-vous sur le Rock en France aujourd’hui plus de 20 ans après vos débuts ? C’était mieux avant ?

Arf, sûrement pas. Nous ne pensons pas que le « Rock Is Dead » (rires), au contraire. Il y a un paquet de jeunes groupes de rock qui assurent vraiment.
Aujourd’hui MERZHIN est bien diffèrent qu’à ses débuts. C’est normal, nous avons vieillit, construit des familles, eu des enfants, et cela influe sur le groupe.

Pensez-vous que le rock doit être forcément engagé ?

Non, vraiment pas. Il y a beaucoup de groupes à textes qui ne sont pas forcément « engagés ». Nous nous efforçons d’être des citoyens responsables et portons un message de tolérance et essayons, à notre niveau, d’éveiller les consciences.

Qu’est-ce qui fait avancer MERZHIN aujourd’hui ?

Bonne question. Les concerts, le rock, la vie. Nous avons la chance d’avoir eu ce parcours et on espère que cela va continuer. Nous ne faisons pas de plan sur la comète, on se concentre sur notre album aujourd’hui et avons hâte de le présenter au plus grand nombre en concert. Cela nous manque terriblement.

Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Qu’elle est la signification de MERZHIN (rires).

Un grand merci pour votre disponibilité et à très bientôt dans une salle.

Merci à toi et oui à très bientôt en concert.


 

 

 

 

 

 

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