ARCHITECTS – BRUTUS + GUILT TRIP
Zénith de Lille, 10 mars 2025
Remerciements à A Gauche de la Lune Productions et à Olivier Garnier
Texte et photos par Martine Varago
C’est dans un zénith bien achalandé de stands de hot dogs, bières, bonbons, crêpes et gaufres que le groupe britannique de metalcore Architects revient en force. Au cours de cette tournée européenne du printemps 2025, ils sont accompagnés de Brutus et de Guilt Trip. Les fans français ont l’honneur de pouvoir assister à quatre concerts exceptionnels en mars, une tournée qui privilégie les villes provinciales : Lille, Strasbourg, Nantes et Lyon pour célébrer la sortie récente de leur onzième album « The Sky, The Earth & All Between » (Epitaph Records).
Guilt Trip
Le choix des premières parties illustre, en parfaite harmonie, la tête d’affiche de la tournée. D’un côté, Guilt Trip, le quintet de post-harcore de Manchester déploie son énergie et déverse ses décibels avec rage sur la scène du Zénith lillois. De l’autre côté, Brutus, trio belge, aux influences metal variées, rayonne de par ses mélodies avec une rythmique mise en avant. Les deux annoncent une cohérence de ce qu’Architects peut donner.
Les cinq britanniques arrivent illico presto pour donner un show d’une trentaine de minutes. Rien de notoire dans Guilt Trip si ce n’est que leur style caractérisé comme post-harcore représente bien le genre sur scène. C’est direct, ça tombe en pleine figure et c’est rempli de colère. Le chanteur appelle diverses personnes dans la foule pour former un cercle et déjà ça tourbillonne dans l’arène aux murs d’encre noire.
Brutus
Brutus se compose de Stefanie Mannaerts qui assume superbement bien le double rôle de batteuse et chanteuse, Stijn Vanhoegaerden à la guitare et Peter Mulders à la basse. Connu pour son côté sinistre, ses voix coupées, ses guitares furieusement rock, le trio offre un mélange unique de rock metal alternatif. Des chansons chaotiques et chargées d’adrénaline comme « What Have We Done » et « Liar » mettent en valeur la gamme vocale rugueuse de Mannaerts ainsi que ses émeutes incroyables à la batterie. Brutus lance « Victoria », un morceau de shoegaze classique et termine son set par « Dust », sous un applaudissement de tonnerre.
Architects
L’ovation du public se fait retentir de nouveau lorsque les très attendus britanniques de Brighton apparaissent dans la pénombre. Leurs premiers titres « When We Were Young », «Whiplash » et « Giving Blood » enflamment le Zénith quasi complet sous une pluie de décibels et de jeux de lumières.
Lorsqu’arrive le quatrième morceau « Brain Dead », à la fin de celui-ci, la salle s’obscurcit de façon inattendue. Après quelques minutes d’attente, Sam Carter réapparaît enfin. Ouf ! Il nous explique qu’il a très mal à la jambe et qu’il doit rester assis avec un pain de glace apposé dessus.
Mais heureusement, plein de courage et demandant de l’énergie à ses fans pour l’aider à surmonter cette douleur (qui s’avère être une élongation, selon les propos de Sam sur Instagram), le show continue avec brio sur « Deep Fake ». Sam reste immobile, assis, certes, quelque peu désappointé, il ne tourne plus en boucle sur scène mais sa voix à la palette sonore profonde et variée résonne dans tout le chapiteau. Le guitariste Adam Christianson occupe l’avant de la scène de ses riffs tranchants.
Les morceaux s’enchaînent si vite que l’on a toujours l’impression que le concert est bien trop court. Déjà « Seeing Red » et le célèbre dernier morceau « Animals » retentissent. Avec un light show différent des concerts de 2024 et cinq titres de leur nouvel album, Architects livre un concert monumental malgré la blessure de leur chanteur charismatique !
Une maîtrise extraordinaire du metalcore et un équilibre entre le son brut et les mélodies. Le tout joué avec une énergie phénoménale, une scénographie grandiose, une puissance électrisante devant une marée humaine entièrement excitée et fidèle. Et de surcroît, ce concert si spécial révèle l’incroyable courage de Sam.

























