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Chronique Album

Igorrr – Spirituality and Distorsion

IGORRR – Spirituality and Distorsion

IGORRRSpirituality and Distorsion

Sortie le 27 Mars 2020

Facebook : https://www.facebook.com/IgorrrBarrroque 
 Twitter : https://twitter.com/igorrrbarrroque 
 Instagram : https://www.instagram.com/igorrr_music 
 Site Officiel : http://igorrr.com 
 Soundcloud : https://soundcloud.com/igorrr 


            Igorrr surgit en pleine pandémie avec sa nouvelle création : Spirituality and Distorsion, comme un clin d’oeil au destin. En 2012, il avait en effet annoncé la fin du monde pour la sortie de son album Hallelujah, sans effet.
Gautier Serre, le compositeur et chef de file de Igorrr avait mis près de quatre ans à écrire Savage Sinusoïde, sorti en juin 2017, album qui avait véritablement consacré Igorrr et l’avait emmené sur une grande tournée avec un passage remarqué au Hellfest.
Trois ans plus tard, il revient avec ce nouvel album, Spirituality and Distorsion, qui pousse encore plus loin les nombreuses recherches et expérimentations auxquelles Igorrr s’était déjà livré. La qualité principale de IGORRR, particulièrement mise en évidence sur l’album précédent, Savage Sinusoïde, était la capacité à jongler entre une infinité de styles différents sans qu’aucun ne tombe à plat dans la construction du morceau. Sur Spirituality and Distorsion, cette particularité  est poussée encore plus loin, et de façon encore plus construite. Que ce soit de la musique traditionnelle orientale, du metal aussi brutal qu’il puisse exister, black ou deathcore,  de la musique baroque, du musette, de la musique électronique,  des sonorités tibétaine, de la musique quasi contemporaine par moment et on en passe, IGORRR a réussi le tour de force de fusionner tous ces genres sans jamais en dénaturer aucun. Comme s’ils étaient naturellement faits pour aller ensemble.
En revanche, Spirituality and Distorsion présente un enchaînement de styles et une construction musicale faisant plus de sens.  Sans doute plus prévisible, au détriment de l’effet de surprise qui nous avait bien cueilli dans le précédent opus mais offrant une direction très claire dans tous les morceaux.
On avait parlé de loufoque, d’aberration et d’absurde à propos des effets qui ponctuaient  Savage Sinusoïde  qui nous avaient régalé dans le bon sens, ici de très nombreux titres de l’album présentent une construction presque logique, ce qui est une gageure pour IGORRR mais qui signe l’aboutissement d’un projet.
Dès l’ouverture sur  « Downgrade Desert », IGORRR martèle ce qui forge désormais son identité. Le titre débute sur un solo de oud (instrument de la famille du luth très répandu dans la musique traditionnelle orientale), et une incantation, évoquant fortement l’appel du muezzin, spiritualité oblige !  avant de s’enfoncer dans les tréfonds d’un metal toujours plus black, sombre et pesant déjà entrevu sur IEUDD !
Ce titre n’est qu’un exemple parmi tous les autres de l’album, on peut également citer « Himalaya Massive Ritual », qui alterne entre les riffs black extrêmes, le deathcore ou Sylvain BOUVIER fait preuve d’une monstrueuse vélocité aux fûts, de la musique traditionnelle orientale, un mélange de musique indienne et tibétaine, de la polyphonie dans un style slave, et un aspect plus progressif  qui pourrait faire penser à Opeth avec de l’imagination.


IGORRR – Spirituality and Distorsion


Tous ces styles glissent de l’un à l’autre, se chevauchent et se mélangent, de sorte que l’ensemble ne fait pas fourre-tout, mais au contraire montre une construction mûrement réfléchie, travaillée, intelligente.  L’ensemble donne à la fois une ambiance très sombre, mystique, pesante mais également solennelle, presque épique.
On a également droits à des titres plus courts, plus sauvages et incisifs ; tel que « Very Noise », un mélange de musique électronique, de métal très brutal et surtout d’exercices techniques de DJ, la marque de fabrique qu’Igorrr ne peut pas renier qu’on a déjà  relevé dans presque tous ses morceaux.
« Camel Dancefloor », tient une place à part dans l’album. Il s’inscrit  dans un style indéfinissable, un genre de Break-Black-Core-Trap-Metal oriental, si on veut bien nous passer l’appellation. Il tourne autour d’un rythme tétu qui obsède. Si ça existe chez IGORRR, on pourrait dire qu’il l’a composé pour qu’il tourne en boucle sur les platines et le dancefloor…
Viens la surprise du cher,  un featuring de premier ordre, la présence sur le titre Parpaing de nul autre que George « Corpsegrinder » Fisher, le chanteur du légendaire groupe de death metal Cannibal Corpse.  Le titre  est très à l’image de son invité, aussi massif qu’un Parpaing, aussi brute et aussi death que le chanteur a l’habitude. Bel hommage d’IGORRR à une de ses références. Notons le passage en musique 8-bit dans ce titre, devenu tradition de Igorrr depuis l’album précédent. Le tout donne un ensemble direct, massif, erratique, bien death.
La force d’Igorrr, sur chacun des 14 titres de cet album, est d’offrir une ambiance toujours différente, de l’hyper massif, du majestueux, de la poésie et de la subtilité, de l’humour (Kung-Fu Chèvre, un titre comme ceci est assez parlant), de l’exotisme, etc…
L’aspect baroque, fondamental chez Igorrr, est ici encore plus présent que sur l’album précédent.
On a non seulement droit à une pièce où le clavecin est l’instrument principal, « Hollow Thee » (un titre d’ailleurs en anglais de l’époque), mais on a même le droit à un orchestre baroque au complet sur « Nervous Waltz ». L’écriture est si soignée qu’on jurerait entendre une danse à la cour de Versailles écrite par Rameau, Lully et consorts.
Dans « Barocco Satani » l’entame à deux violons est du quasi-Bach dans toute sa splendeur, danse de cour, ou encore air d’opéra dans un style baroque. Cet album est d’une qualité et d’une construction assez incroyables.
Pour notre part, nous estimons qu’il est d’une qualité  encore supérieure à  Savage sinusoïde  qui était pourtant déjà assez exceptionnel. Spirituality and Distorision est un incontournable du groupe, à écouter sans modération. Il fera référence.
En raison des circonstances actuelles, il faudra attendre pour se délecter des prestations « on stage »  d’Igorrr. La tournée éponyme comportant plus d’une trentaine de dates à travers l’Europe a du être reportée. On ne peut qu’être impatients à l’idée d’un futur retour du groupe en live, qui sera bien sûr à ne pas manquer !
Appel aux fans est fait pour soutenir l’artiste Gautier Serre et le groupe, ainsi que tous ses talentueux musiciens ( Sylvain Bouvier à la batterie, Laure Le Prunenec qui fait un travail remarquable au chant et Laurent Lunoir, chanteur des parties metal et torturées  ) et  tous les guests  invités à piger sur les parties instrumentales.

Gautier vous attend sur son site . Ça vaut le détour.


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