Among The Living
Il était une fois...

Il était une fois…DEFTONES

Il était une fois… DEFTONES

deftones

Sacramento, capitale de la Californie et qui compte un peu plus de 500 000 habitants (un peu moins à l’époque de la période qui nous intéresse), n’est pas uniquement connu pour son équipe de Basket (les Kings). Non, dans les années 90, la ville va compter dans un paysage musical alors en plein effervescence, celui du Nu Metal. Sacramento est en effet le fief de trois groupes plus ou moins affiliés à cette scène : WILL HAVEN, FAR et bien évidemment celui qui nous intéresse aujourd’hui, DEFTONES.

A l’aube de la sortie de leur neuvième album studio « OHMS » prévu pour le 25 Septembre, nous nous sommes dis qu’il serait bon de faire un petit point sur les 32 années d’existence du groupe (oui 32 !) en revenant sur leur histoire et leur discographie.


LES ANNEES 90

DEFTONES voit donc le jour en 1988, sous l’impulsion de Stephen Carpenter, qui sera immédiatement rejoint par Chino Moreno, puis Abe Cunningham et enfin Chi Cheng. Frank Delgado ne rejoindra le groupe qu’une dizaine d’années plus tard au moment de l’enregistrement de « White Pony » (tiens donc !)

En 1988 donc, le groupe commence à jouer, vous vous en doutez, dans un relative anonymat, dans les bars et cafés du coin. En 1993, ils sortent leur première démo « Like Linus » qui comprend déjà l’ossature de futurs classiques du groupe que l’on retrouvera sur « Adrenaline » (« 7 Words », « Engine N°9 », ou encore « Teething » utilisé dans la BO du film The Crow).



 Cette démo qui ne rentre qu’un succès modeste permet toutefois aux DEFTONES, de signer chez Maverick (sous label de Warner) et de commencer à travailler avec Terry Date, qui les accompagnera jusqu’en 2006 (et qui fait son grand retour sur « OHMS » !)

En 1995, le groupe enregistre son premier véritable album studio « ADRANALINE » après 7 ans d’existence ! Cet album est celui que l’on peut le plus facilement affilier à la scène Nu Metal,  de par les sonorités de guitare ainsi que les vocalises de Chino Moreno, qui varient entre chant (« Birthmark » ou la fin titanesque du morceau « Fireal »), hurlement et spoken words  (« 7 Words » « Engine N°9 »). La sortie de l’album est soutenu par  quatre clips vidéos ; « 7 Words » (titre culte de l’album) « Engine N°9 » (un classique pour les fans), « Root » et enfin « Bored », dans lequel nous pouvons apercevoir les membres de FAR et de WILL HAVEN. La sortie de l’album est suivie par des tournées massives à travers les Etats Unis avec KORN notamment WHITE ZOMBIE ou encore KISS, dont ils assurent lac première partie pour leur tournée « ALIVE ».



En 1997, les choses s’accélèrent pour le quatuor avec la sortie du mythique (non je ne suis pas un vendu) « AROUND THE FUR » qui marque une cassure avec la scène Nu Metal et un énorme bon en avant en matière de créativité pour le groupe. « Mascara » « Dai The Flu » « MX » sortent du lot et montre des influences bien plus vaste… Sans oublier « Head Up » qui prouve que le groupe sait s’entourer de ses ainés puisque c’est Max Cavalera en personne qui vient pousser la gueulante avec Chino Moreno.


 (on se souvient de la prestation assez folle sur le plateau de NPA).


  On y retrouve aussi l’un des titres les plus emblématiques de DEFTONES « Be Quiet And Drive » présent dans bon nombres de compilations de l’époque et dans le jeu Dave Mirra Freestyle BMX. Bref, « Around The Fur » est un album idéal pour découvrir bien des aspects du groupe, pour se plonger dans cette ambiance « érotico morbide » du groupe qui deviendra une marque de fabrique par la suite. L’album sera certifié disque d’or en 1999 et de Platine en 2011.



 

LES ANNEES 2000

En 2000, arrive un tournant majeur dans la vie de n’importe quelle formation, celui du troisième album, et DEFTONES ne va pas faire les choses à moitié. White Pony sort le 20 Juin 2000 et propulse de façon définitive le groupe au rang de groupe culte. Si « Around The Fur » était une évolution, « White Pony » est une révolution, une prise de la bastille musicale, un groupe s’affranchissant de toute barrière stylistique pour simplement créer une œuvre musicale majeure dans le milieu Metal qui influencera des générations entières.

Je vais faire l’impasse sur les 4 versions différentes de l’album. Dans celle qui nous intéresse aujourd’hui, « White Pony » commence par « Back To School » qui sonne comme le dernier morceau Neo de DEFTONES, un testament d’une époque (en cela le clip est je trouve remarquable).



 qui va laisser place à de nouveaux horizons trip hop, new wave, experimental (« Digital Bath », « Rx Queen », « Teenager »)  et à l’apparition de Frank Delgado en tant que membre permanent du groupe ainsi qu’une 2ème guitare sur certains morceaux portée par Chino Moreno. Ce troisième effort comprend encore un featuring de haut vol sur le titre « Passenger » avec Maynard James Keenan (TOOL, A PERFECT CIRCLE). « White Pony » est le sommet de la créativité d’un groupe, qui assume enfin les diverses influences de chacune des ses individualités, un tour de force artistique majeur et intemporel.



Après un tel tour de force, Deftones revient en 2003 avec son album éponyme. Si on y retrouve des morceaux dans la lignée de «White Pony » comme « Good Morning Beautiful » ou encore « Anniversary Of An Uninteresting Event », ce quatrième opus se veut plus massif, plus sombre. « Hexagram » « Bloody Cape » « Battle Axe » nous remémore les sonorités de « Around the Fur » et cet aspect érotico morbide. Un retour en arrière ? Un point d’équilibre avec leurs racines Metal ? Ou tout simplement un album dans l’air du temps, en harmonie avec une période relativement sombre pour les Etats Unis, puisque l’album sort 1 an et demi après les attentats du 11 Septembre 2001.



Le groupe revient en 2006 avec « Satruday Night Wrist » qui marque de nouveaux tournants pour le groupe, le plus important étant la fin de la collaboration avec Terry Date, remplacé par Shaun Lopez (ancien guitariste de FAR) et Bob Ezrin (PINK FLOYD..). A titre purement personnel, je le considère comme les prémisses du son du groupe aujourd’hui, sorte de rock alternatif  hybride (bordel ce terme est moche)  où Chino Moreno s’inscrit de plus en plus comme deuxième guitariste du groupe et change considérablement sa façon de chanter (« Cherry Waves », « Beware »). Avec le recul, je ne peux m’empêcher de penser que ce cinquième album est une immense démo (maladroite par moment) du son DEFTONES pour les dix années à venir. Il est aussi, le dernier témoignage de Chi Cheng, qui tombera dans le coma fin 2008, dès suite d’un grave accident de voiture et qui se verra remplacer par Sergio Vega (ancien bassiste de QUISCKSAND).

Cet album signe aussi le retour des featuring pour DEFTONES, puisque sur « Mein » Serj Tankian (SYSTEM OF A DOWN) viendra suppléer Chino Moreno.



LES ANNEES 2010

Après 4 ans de silence et un album repoussé portant le nom de « Eros » la bande de Sacramento refait surface en 2010 avec l’album « Diamond eyes ». Un album important, qui marque la participation de Sergio Vega durant toute la phase d’enregistrement, un nouveau producteur en la personne de Nick Raskulinecz (FOO FIGHTERS) ainsi qu’un retour à des sonorités typiquement DEFTONES grâce à des titres percutants tel que « Rocket States », « Royal », « Prince »  qui montre aussi un Stephen Carpenter inspiré, tandis que « Beauty School » ou « Sextape » montre le groupe sous un aspect plus rock alternatif que jamais (voir pop).

 



Bon je dois vous avouer qu’après ça se gatte ! 2012 voir la sortie de « Koi No Yokan » qui ne m’a pas laissé un souvenir mémorable si ce n’est le morceau « Entombed » que je trouvais emprunt d’une mélancolie poétique que je ne connaissais pas chez DEFTONES. Les titres « Tempest » et « Rosemary » tirent également leur épingle du jeu d’un album que je trouve, trop lisse.



Cette sensation, cet aspect trop propre, ne s’arrangera pas avec « Gore » qui voit le jour en 2016. Le groupe se contente du minimum syndical et n’arrive à capter l’attention de son auditeur qu’en de rares occasions (« Gore » et «Rubicon »). On ne reconnait pas le jeu de guitare de Stephen Carpenter, on n’entend pas Abe Cunningham ni Sergio Vega, et Moreno ne peut pas porter un album seul, d’autant que les parties de chant, ne sont pas toujours très inspirés.



Une chose est certaine, au travers de ses trois décennies d’existence, la bande de Sacramento ne c’est jamais contentée de faire du réchauffé. Chaque album a apporté son lot d’évolutions, de prises de risques et nous verrons si «OHMS » respecte cette recherche constante ou si il s’inscrit dans la continuité de « Gore »

Rendez vous le 25 Septembre !

 

 

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