Among The Living
Interview

LOCOMUERTE : Interview exclusive

Interview exclusive de Locomuerte, réalisée à In Your Fest le 27 avril 2024.

Par Martine Varago.

 


Originaire de la région parisienne et formé en 2009, Locomuerte se définit comme un groupe de thrash punk crossover Chicano. Puisant leurs influences dans des groupes comme Suicidal Tendencies, Anthrax, Agnostic Front, Motörhead et accompagné d’un chant en espagnol, latino ultra-groovy, Locomuerte crée un son unique, imparable et addictif.

Underground mais très populaire, ils se font une fan base rapidement. De plus, leur nom dans la scène française commence à faire le buzz ? que ce soit sur les réseaux sociaux ou lors de leurs shows ultra-bouillants.  A cet effet, le combo a partagé la scène avec des groupes comme Suicidal Tendencies, Infectious Groove, Madball, Dog Eat Dog, Lofofora, Loudblast, Gorod… pour n’en citer que quelques-uns. En 2023, ils signent chez Maximum Tour et poursuivent leur série de concerts très remarqués avec The Exploited, Mass Hysteria, Rise of the North Star, Drop Dead Chaos…  Les quatre Locos mettent le feu en tête d’affiche du Hellfest OFF et sur la Hellstage au Hellfest, deux concerts marquants, en 2023. Cela confirme que Locomuerte joue en première division !
Après quatre albums très remarqués, Locomuerte revient en force en 2024 avec un tout nouvel album « Parano Booster », produit par Stephan Buriez (Loudblast) et Nico HK (Vamacara Studio).
Juste avant leur show, Among The Living s’entretient avec les quatre musiciens dans une ambiance pleine d’énergie positive et dans la bonne humeur, à l’image de leur fiesta de locos sur scène.

Vous définissez le style de votre musique comme « thrash punk crossover façon Chicano » : mais qu’est-ce que ça veut dire au fond ?


Nico : Quand on a créé le groupe en 2009, on avait envie de faire une musique super vénère et efficace pour s’éclater. L’idée, c’était de revenir aux sources, faire un truc bien rock and roll à la Motörhead mais qui swinguait à mort façon thrash crossover à la Suicidal Tendencies période « Lights…Camera…Revolution ». C’était l’idée de base car cette musique rassemble tout ce que l’on aime. Notre ancien chanteur, Nox, était un gros fan de reggaeton. Il avait composé chez lui 24 titres façon Don OmarJulio Voltio, ça groovait grave. On lui a proposé de venir jammer en espagnol sur nos riffs et c’était magique direct ! C’était exactement la musique qu’on voulait faire. Nous avons commencé à composer des chansons en répète en improvisant, des titres simples et efficaces en privilégiant le swing et l’énergie avec un chant super latino dans le flow. On a trouvé notre truc comme ça, naturellement sans vraiment le chercher. On s’éclatait grave en jouant ces riffs vénères et groovy. On a tous apporté nos petits ingrédients particuliers, nos influences digérées mais en gardant une ligne directrice, la salsa Locomuerte. C’est ce qui donne un son et une personnalité assez unique à Locomuerte. C’est le Chicano Mosh !

Suite au changement de line-up en 2023 avec Steven Corsini, alias el Termito, au micro et el Floco, à la batterie, on va voir si vous vous connaissez bien. Pensez à trois anecdotes sur votre vie : deux sont vraies, une est fausse. Les trois autres doivent deviner laquelle est fausse ! 

El Floco : Lorsque j’ai eu Mitch pour la première fois au téléphone, il était au zoo. Quand j’ai rencontré Nico pour la première fois, il faisait des cochonneries avec sa copine dans sa chambre. Quand j’ai rencontré Steven, pour la première fois c’était en répète et c’était mortel !

Laquelle est fausse ?

Nico, el Termito, Mitch : La deux. (Rires)

Nico : Quand j’ai rencontré Mitch pour la première fois, il avait une R5 avec un autocollant Slayer dessus. Quand j’ai amené Edouard voir Alice Cooper au Zénith il était super sympa on a fait une photo et j’avais un T-shirt Locomuerte. Une autre fois, on a tapé le bœuf avec Robert Trujillo et c’était super cool parce que j’ai sa photo sur mon ampli depuis que j’ai l’âge de 17 ans et j’avais trop envie de le rencontrer !

Le vote ?

Locomuerte : La trois.

Steven : La première fois que j’ai découvert Locomuerte, j’ai téléchargé l’album illégalement. Deuxièmement, chez moi, j’ai une dizaine de guitares. Troisièmement, quand je suis rentré dans le groupe, je ne savais pas parler un mot d’espagnol.

Je vais deviner : je pense que c’est la troisième qui est fausse…

Steven : Oui.

Locomuerte :  T’as pas une dizaine de guitares !?

Steven : Si j’en ai vraiment une dizaine !  On compte les guitares basses et les guitares acoustiques !

Mitch : La première, j’ai eu un groupe de reggae pendant 10 ans. (Rires) La deuxième, c’est que j’ai élevé des araignées pendant 15 ans. Et la troisième, et bien j’ai une dizaine de guitares.

Locomuerte : C’est la première qui est fausse : tu n’as jamais joué de reggae !  Tu n’as jamais fumé de joints !

Passons aux choses plus sérieuses. Depuis la sortie de votre album « Los Clásicos de Locos » en 2023, vous allez sortir un nouvel album. Entre-temps, le groupe Locomuerte a fait une ascension fulgurante et vous faites souvent le buzz sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce qui permet de booster le groupe ?

Nico : En premier lieu le travail. Le travail au niveau de la musique et au niveau de la communication. Il n’y a pas de secret. A un moment, quand il se passe des choses, c’est qu’il y a des actions qui se sont déroulées. On est très heureux de pouvoir avoir le temps de s’occuper du groupe et c’est quelque chose qui est prioritaire dans notre vie. Il y a des résultats et on est super contents. On a aussi un bon contact avec le public. A l’époque, on avait des fans qui nous suivaient mais on restait un peu plus discrets.

El Floco : Et l’humour.

Steven : On s’est mis sur les réseaux sociaux à publier tous les jours du contenu : des photos, des visuels. Submerger les réseaux autant que l’on pouvait, c’est une technique qui a marché et aujourd’hui il y a cette petite effervescence qu’on ressent mais peut-être pas au même niveau que le public.

Mitch : On se déplace aussi physiquement. Voilà le digital c’est bien pour être dans l’air du temps mais on va surtout à beaucoup de concerts rencontrer les gens. On va toujours flyer, donner nos stickers. On a mis une équipe en place la brigade 91 et on a voulu développer des dates de concerts. C’est sûr que les gens peuvent nous connaître durant les concerts. C’est là que la fiesta se fait ! Voilà, on a donné plus de concerts et on a trouvé notre tourneur Chris de Maximum tour. Et le fait de faire des dates appelle une autre date et ainsi de suite. On alimente davantage l’actualité et on la relaie sur les réseaux.

Steven : Plus les gens s’amusent, plus on a de gens dans notre bastion.

Et le crocodile attire toujours autant ?

Nico : Il faut savoir que Locomuerte c’est la fiesta ! (Rires)

C’est presque l’adage « Sex and Drugs and Rock‘n’Roll ?

Locomuerte : No drugs !

Mitch : On est des passionnés de musique.  On a toujours voulu faire de la musique et on adore aller aux concerts. C’est du sérieux. On fait les choses sérieusement tout en s’amusant. C’est une démarche hyper sincère qui est l’amour de la musique plus que l’amour de l’alcool.

Nico : Quand on monte sur scène, on fait le dawa mais on le fait de façon professionnelle. (Rires)



Vous allez sortir un cinquième album qui s’intitule « Parano Booster ». Comment se fait-il que, un an seulement après la sortie de votre quatrième album, vous parvenez à être aussi créatifs ?

Nico :  Depuis qu’on joue de la musique, on a toujours adoré composer. Cela fait vraiment partie de notre vie. C’est aussi un nouveau défi de repartir sur des compositions, de commencer à partir d’une page blanche et de recréer, de relancer la machine. C’est un grand plaisir, la composition. C’est très excitant et on est toujours en train de mettre des riffs de côté.

Steven : On a plein de ressources et on est les premiers fans de notre musique !

 

Est-ce qu’il y en a un dans le groupe qui se démarque particulièrement et qui crée plus que les autres ?

Steven : Chacun crée sa partie en général. Ça commence par de la guitare ou un riff de basse. Ensuite, Flo vient se greffer pour trouver la rythmique et le chant vient en dernier. Pour le chant, je prends le micro et je fais une espèce de yaourt que l’on appelle le guacamole. Puis, on voit pour le sens des phrases, comment ça groove pour retrouver des mots.

Nico : Parfois, on peut aussi avoir des idées de gimmick, des idées de chant comme quelques phrases qui accrochent bien sur lesquelles on va broder un thème.

Le 18 mai prochain, il y a un showcase et une conférence de presse.

Mitch : À l’origine, c’était un événement qui avait été créé pour les gens qui ont participé à notre campagne et qui ont pris le pack Casa Bonita. Cela leur permettait de venir nous voir en répète et de passer tout l’après-midi avec nous. Comme on avait un grand studio et qu’on avait de la place, on s’est dit qu’on allait inviter les médias afin de réaliser un concept tout autour de la présentation de l’album. On va le jouer complètement live, présenter les visuels, les clips. Alors on a obtenu un plus grand studio et on a créé la journée « parano booster expérience » pour immerger les gens dans la musique et par les visuels de l’album. Stephan Buriez sera aussi notre invité. Donc pour résumer, il y aura des invités de la presse, des gens qui exercent leur métier dans la musique et des invités qui auront gagné un pass VIP.  Il y a une question à laquelle il faut répondre : voir le site de Locomuerte sur Facebook. Il y a une dizaine de pass à gagner.

Steven : Le soir, ensuite, on ira également au Hellfest Corner pour goûter la bière Locomuerte. Cette bière a été élaborée en coopération avec la brasserie La Bouledogue. Elle est brassée, presque prête, elle est à base de maïs pour être dans la continuité de la bière mexicaine.

Nico : À la fin de l’expérience parano booster, on fera une petite dégustation et, ensuite, on part au Hellfest Corner faire découvrir la bière.


LOCOMUERTE


Quel est votre meilleur souvenir pour la période 2023-2024 ?

El Floco : Le Hellfest.

Nico : En 2023, la Hellstage et le Off qui étaient vraiment incroyables. C’était particulièrement mortel ! Au Havre, c’était un remplacement au pied levé de Rise of the Northstar, à l’Apocalypse Metal Fest le 16 décembre 2023.

Steven : Le hardcore Fest c’était cool. Le Plan à Ris-Orangis c’était excellent.

Nico : Et la Boule Noire à Paris, on a fait notre première tête d’affiche parisienne : c’est un excellent souvenir, le 9 novembre 2023. C’était sold out. On était hyper contents et on a passé un super moment. C’est le groupe Charcoal qui avait ouvert.

De votre prochain album « Parano Booster » quels sont vos titres préférés ?

Nico :  C’est assez difficile de choisir. Je pense que le morceau « Parano Booster » est vraiment représentatif du chicanos mosh et ça résume bien l’album. Et « Demonios » aussi.

El Floco : « Pura Violencia ».

Mitch : Je vais dire « Animales » car il a un truc.

Nico : Il y a un bon fil conducteur Locomuerte, notre façon de faire le cross over. Il y a certains morceaux pour lesquels on a un affect particulier parce que l’on a passé des moments ensemble pendant la création Mais, en tout cas, on est hyper contents de sortir notre cinquième album. Là, on vient de sortir un clip vidéo B 91 qui raconte l’histoire du groupe et qui fait hommage à la série Breaking Bad. Le 21 juin, sortira le premier clip de « Parano booster ». Enfin, on part bientôt réaliser le clip de « Demonios ».

Steven : Et ce sera mon morceau préféré de l’album. Je suis très content de ce que j’ai fait au chant et je trouve que les riffs de basse et de guitare ça change vraiment de ce que l’on a l’habitude d’entendre de Locomuerte. Juste pour cette petite originalité, j’ai un affect particulier avec ce morceau et j’ai hâte d’aller faire le clip. C’est un riff un peu plus moderne Taga-da taga-da.

Mitch :  Un peu comme Pantera.

Donc du groove metal. Est-ce qu’il y a un autre morceau dont vous aimeriez parler ?

Steven : Los Narcos et c’est le dernier morceau de l’album. On est partis sur un délire entre ce téléphone qui est en train de sonner et The Mask. Sur le refrain, on a pris un gimmick tiré de The Mask et pour les couplets, on a essayé de se rapprocher d’un groupe de rap / reggaeton et qu’on aime beaucoup. C’est aussi le résumé de l’album. Ce titre Narcos, de narcotrafiquant de musique, a une âme, une histoire.

Peux-tu nous nous en dire un peu plus sur cette histoire ?

Nico : Les Narcos ? cela ne veut pas dire qu’on prenne de la drogue ou qu’on trafique. Pour nous, la musique c’est une drogue et une addiction super positive. C’est parti du morceau intitulé « De la came sous le saphir » de Svinkels où il compare la musique à de la drogue super addictive. C’est exactement le même concept.  Voilà la musique de Locomuerte, c’est comme une drogue. Elle nous rend super accros et  elle nous rend super heureux ! Elle nous met la pêche et elle met la pêche à plein de gens !

Comme vous chantez en espagnol, est-ce que vous avez des projets pour aller jouer en Espagne ou en Amérique latine ?

Nico : On y travaille et on aimerait bien aller aussi jouer dans le sud des États-Unis, dans des villes où il y a une communauté importante de Chicanos. On a pas mal de projets sur la France et c’est cool ! L’année prochaine, on aimerait bien faire des tournées là-bas si on trouve des bons plans : peut-être au Mexique ou en support d’autres groupes. Sur les plates-formes, on a déjà beaucoup d’écoutes en provenance du Mexique, de l’Argentine, de Colombie ou du Costa Rica.  Les avantages de l’Amérique Latine, ce sont la langue espagnole et le nombre de gros fans de metal. Chaque fois qu’un groupe de heavy metal va en Amérique du Sud, que ce soit Iron Maiden ou Pantera, c ’est un truc de fou parce que, là-bas, les fans c’est toute leur vie. Ils ne sont pas blasés. Comme l’explique Maiden, ce sont des pays hyper catholiques où ils n’avaient jamais joué car ils étaient considérés comme un groupe satanique à l’époque. Aujourd’hui, il y a des stades entiers qui sautent : c’est une véritable culture du metal.

Nico : Et peut-être au Costa Rica car maintenant el Floco participe à un projet au Costa Rica qui s’intitule Savage Lands.

Intéressant ! Peux-tu nous dire sur quoi porte ce projet ? 

El Floco : C’est une ONG. Le projet environnemental a été créé par Dirk Verbeuren, le batteur de Megadeth et le militant écolo Sylvain Demercastle, depuis les années 90. Ce projet participe au financement pour aider l’O.N.G. à acheter des terrains. Pour l’instant, le but est de préserver la forêt tropicale au Costa Rica. L’argent récolté par l’O.N.G. sert à replanter des arbres dans la forêt.

Nico : Vendredi 28 juin 2024, Savage Lands va jouer au Hellfest et el Floco y participe. Il y a également beaucoup d’invités comme Andreaz Kisser de Sepultura, John Tardy de Obituary. Parmi les groupes français, il y a également Stephan Buriez (Loudblast). Le groupe va lancer un album et reverser les fonds à cette O.N.G. De plus, Il y aura un stand dédié à cette O.N.G. et à ce groupe dans le Hellfest.

Par ailleurs, l’an dernier lorsque l’on a joué sur la Hellstage, on a fait un une vidéo du morceau « Barrios » sur lequel figurent Stephan Buriez et Sylvain. On a créé ce clip en partenariat avec Savage Lands pour promouvoir l’O.N.G.

Super beau projet. Quel est votre mot pour la fin ?

Mitch : Locomuerte, c’est une grande histoire d’amour. C’est super intense à la fois humainement parlant et musicalement.

Steven : C’est la fiesta à mort !

Nico : C’est une super aventure humaine. On se connaît depuis longtemps mais pas avec el Floco mais comme il a des moustaches c’est comme si on le connaissait depuis toujours ! (rires) On s’éclate vraiment à faire ce que l’on fait. C’est cette sincérité-là que les gens ressentent, le plaisir de faire de la musique, d’être ensemble et de communier avec les gens, avec tous les gens.


Setlist de leur passage

B91 
PARANO BOOSTER 
DEMONIOS feat Aure Akiavel 
PURA VIOLENCIA 
NOSOTROS 
FUMA MOTA feat Poun & Arno Black Bomb A 
ANIMALES 
CHUPA 
CHINGA TU MADRE 
PLATA O PLOMO 
LOS NARCOS 

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