Ar’Vran Fest 2025 Day1 : Au cœur des traditions et du metal breton
5 juillet 2025 – Janzé
Photos et rédaction par Lionel Båålberith et Thomas Orlanth
Pour sa troisième édition, l’Ar’Vran Fest arrive en ce 5 et 6 juillet 2025 avec un programme particulièrement riche en émotions et en découvertes. Ce festival a transformé pendant deux jours la commune de Janzé en Ille-et-Vilaine en véritable lieu de rencontre musical et artistique.
Créé en 2019 par l’association Ar’Vran Productions, ce festival de passionnés de musique extrême œuvre depuis ses débuts pour promouvoir la scène métal en Bretagne. Après une première édition en 2022 à Baguer-Pican, suivie d’une seconde édition en 2024 qui a confirmé le potentiel de l’événement, l’Ar’Vran Fest déménage cette année à Janzé pour offrir un cadre plus spacieux et adapté à son développement.
Dès l’arrivée, on se rend compte immédiatement de la bonne organisation sur site : un fléchage lisible, des bénévoles sympathiques, des zones clairement définies avec camping, parkings pour camionnettes et voitures, zone de loisir extérieure avec de nombreux stands, restauration, une belle salle de concert (le Gentieg) et cerise sur le gâteau, des sanitaires nombreux, accessibles et mêmes régulièrement nettoyés ! On pouvait même se doucher dans un gymnase idéalement situé.
Le Ar’Vran Fest, un événement de passionnés de musique extrême!
Le site offre donc visiblement tout le nécessaire à un futur développement harmonieux du festival. D’autant plus qu’il est très bien desservi, que ce soit en voiture ou en TER.
C’est un vrai plaisir de pouvoir se promener entre les concerts parmi les troubadours, les marchands et les lices de combats. A vrai dire, il y en avait pour tous les goûts, d’autant plus que seuls les concerts en intérieur étaient payants. On pouvait donc aussi bien retrouver des familles et autres touristes venus déambuler parmi les nombreuses manifestations : contes, concerts extérieurs et même du trollball.
Malgré toute notre bonne volonté, et une programmation musicale large qui laisse pour notre plus grand plaisir place à des pauses entre les groupes suffisamment importantes pour justement simplement profiter des lieux, nous avons sans doute raté plusieurs représentations. Notons en passant l’excellente restauration locale : entre les galettes, le pain et brioches cuites sur place, et les excellents breuvages de la Brasserie des Alchimistes Ivres, le tout à des prix raisonnables, il y avait largement de quoi prendre des forces pour les concerts !
Mais trêves de compliments, place aux photos et live reports des concerts.
12H30 – Tan Noz
Comme leur nom le suggère, cette formation vient de Bretagne et exerce dans le registre d’un pagan metal de bon aloi. Leur nom fait référence aux naufrageurs qui allumaient des feux sur les côtes pour attirer les navires dans des pièges. Comme pour beaucoup de choses dans les terres de l’Ouest, il y a évidemment aussi une foule de légendes autour des feux follets et autres esprits luisants dans les ténèbres…
Ouvrir à 12h30 n’est pas chose facile, d’autant plus que les animations à l’extérieur (combats médiévaux notamment) drainent une partie du public encore clairsemé.
Cependant, la salle se remplit assez rapidement de manière honorable pour voir ce qui est en plus une release party du second album « Mojennoù », sorti une dizaine d’années après « Légendes ».
Très franchement, la pensée qui traverse l’esprit était que si le premier groupe est de ce niveau, cela promet pour la suite !
13H45 – Mourning Wood
Les Hollandais, qui se sont bien discrètement amusés dans la partie marché médiévale au petit matin, entrent sur scène dans un fracas chaotique et joyeux. Leur musique est l’exact opposé de leur nom : « Bois du Deuil » fait place à « Grosse Teuf ». L’énergie scénique est évidente, et tout s’enchaîne dans un bordel organisé.
Le groupe adopte une approche résolument différente du folk metal traditionnel. Là où d’autres formations privilégient les cornemuses, violons et flûtes, Mourning Wood emprunte délibérément une voie plus théâtrale et festive. Habillés en chemises hawaïennes et parés de colliers de fleurs, ces musiciens puisent leur inspiration dans l’univers d’Alestorm ou Trollfest et se positionnent comme un groupe de fête particulièrement adapté aux moments de célébration plutôt qu’aux débuts de journée. Ceci dit, devant reprendre leur route pour jouer au Pirate Metal Party loin à Eindhoven dès le lendemain, on peut comprendre ce choix horaire.
Cette esthétique décalée et assumée reflète parfaitement leur philosophie musicale : « Party! Danceable tunes, catchy lyrics and here and there some metal are the perfect foundation for a great night with unexpected turns, alcohol and bad decisions » (Fête ! Des mélodies dansantes, des paroles accrocheuses et par-ci par-là du métal sont la fondation parfaite pour une soirée géniale avec des tournures inattendues, de l’alcool et de mauvaises décisions). Cette devise résume à elle seule l’essence de leur proposition artistique.
Musicalement, si la dominante est bien sûr clairement metal, on retrouve des influences qui vont du reggae à la transe, en passant par à peu près tout sauf la musique classique ! Mais attention, ne vous méprenez pas, tout ça reste bien lourd, dans tous les sens du terme.
15H20 – Orkhys
Après beaucoup de fun, nous avons une petite déception en partie due à un son mal réglé, ce qui pour une formation de metal symphonique peut être fatal.
Attention cependant, malgré ces problèmes, cela n’enlève en rien à l’énergie scénique de Laurène, la chanteuse mais aussi harpiste de la formation, ainsi que de ses comparses.
D’ailleurs, le dernier album, très orienté vers le monde celte, « Legends » mérite le détour pour tout amateur de metal mélodique.
Nous allons en profiter cependant pour tenter de suivre quelques combats à l’extérieur, et tester les produits des Alchimistes Ivres.
17H10 – Cave Growl
Voilà sans doute l’un des groupes les plus sous-cotés de la scène folk metal française. Cave Growl existe depuis 2009, et s’affirme ici comme l’une des valeurs sûres du folk metal hexagonal : un savant mélange de ferveur celtique, de riffs affûtés et d’une bonne dose d’humour potache.
Avec 8 personnes sur scène, il ne doit pas être évident de se coordonner, pourtant voilà une prestation sans faute. Et pour corser les choses, le chanteur d’Aktarum qui jouera un peu plus tard, vient les rejoindre avec une immense chope gonflable.
Le fait que les premiers vrais slams du fest ont lieu maintenant donnent de bons indices sur l’ambiance ! D’ailleurs, le chanteur et le violoniste n’hésitent pas à s’y lancer également.
On peut constater qu’avec les années, Cave Growl a su évoluer, tout en restant dans l’esprit de ses origines alcoolisées et festives, mais avec la maturité technique qui accompagne les années.
Quoiqu’il en soit, le groupe a encore un bel avenir devant lui.
19H00 – Obscurity
Les Allemands d’Obscurity sont en quelques sortes les dignes représentant d’Amon Amarth des débuts. A chacun ses goûts, mais il faut reconnaître que la grande époque du viking metal mérite le détour.
Obscurity offre une prestation à la fois puissante et immersive, enchaînant des titres emblématiques avec évidemment le célèbre “Bergischer Hammer”. Le public semble conquis par la force de frappe du groupe et la qualité d’exécution, se laisse emporter par l’atmosphère guerrière. Le groupe déploie une énergie martiale impressionnante, portée par une mise en scène sobre mais efficace, où l’intensité du jeu et la cohésion du groupe prennent le dessus. La maîtrise technique de ces musiciens expérimentés, alliée à une présence scénique charismatique, a confirmé qu’Obscurity demeure une référence incontournable du viking metal.
20H30 – Aktarum
Aktarum sait créer une ambiance chaleureuse et captivante en étant généreux. Dès leur entrée sur scène, l’énergie communicative du groupe enflamme immédiatement le public, qui se laisse emporter par leurs rythmes puissants et leurs mélodies accrocheuses. La synergie entre les membres est palpable, et leur prestation est marquée par une grande maîtrise musicale, tout en restant authentique et sincère.
L’ambiance sur scène est particulièrement conviviale et dynamique. Les musiciens d’Aktarum, maquillés pour le combat savent transmettre leur passion avec sincérité. La scène est animée par une énergie communicative, et chaque titre semble inviter à se lâcher dans un tourbillon festif. La combinaison de leur pagan et de leur présence scénique créé un moment fort du festival, où la bonne humeur et la convivialité est au rendez-vous.
22H30 – Saor
Saor sait offrir des performances qui marquent profondément les spectateurs. Leur musique, empreinte de mélodies atmosphériques et celtiques agrémentée de rythmes puissants transporte le public dans un univers à la fois épique et introspectif. Le style unique du groupe, mêlant folk, black metal et éléments traditionnels sait captiver l’audience dès les premières notes, créant une atmosphère immersive et envoûtante.
L’ambiance sur scène est à la fois intense et mystérieuse, renforcée par la mise en scène soignée avec des lights sublimes et l’énergie sincère des musiciens comme leurs duels musicaux entre Ella Zlotos et la tête pensante à la basse Andy Marshall ou les deux guitaristes. Le public, immergé dans cette expérience sonore, laisse place à une véritable communion avec la musique, ressentant chaque nuance et chaque émotion transmise. La combinaison de la puissance des riffs, des atmosphères planantes et des voix envoûtantes à coup de growls crée un moment fort, où la musique devient une expérience sensorielle unique. Assurément la meilleure prestation de la journée.
00H45 – Equilibrium
La tête d’affiche parvient à attirer une vaste foule malgré l’heure relativement tardive du set, minuit passé. La salle est bien remplie et le public est impatient. L’ « epic folk metal » captive en effet de nombreux amateurs d’autant plus que le groupe jouit d’une grande aura outre-Rhin, mais pas seulement !
Formé en 2001, le groupe emmené par le guitariste-compositeur René Berthiaume et le frontman Robert “Robse” Dahn a transporté le public dans un univers mythologique et puissant, ponctué de nombreux refrains faciles à chantonner par des festivaliers enthousiastes.
Robse a d’ailleurs prouvé une certaine maîtrise du français en communiquant avec le public qui est forcément réceptif à cette marque de respect.
La setlist de près d’une heure balaie l’histoire du groupe : Legends, Renegades, Gnosis, Rise Again, Heimat, Born to be epic, Awakening, Blut Im Auge, Revolution, Cerulean Skies, Shelter, One Folk… !
Que demander de plus quand on est amateur et que l’on souhaite se coucher avec cette agréable impression d’avoir chevauché un dragon droit vers la bataille ?
Peut-être une douche ? Fait remarquable, cela a été possible grâce à la présence d’un gymnase encore ouvert pour que tout festivalier en sueur qui le souhaitait puisse sentir bon le savon dans sa tente ou son véhicule !
Merci à l’Ar’Vran fest pour ce moment de pure joie, et ce nous ne sommes encore que samedi…











































































































