Pure Obsessions and Red Nights (PORN)
La Mécanique Ondulatoire, Paris
30 janvier 2026
Photos et textes by Elody DI COCCO

PORN : L’histoire d’un groupe qui a toujours préféré l’ombre
Porn naît à la fin des années 2000 en France, autour d’une envie simple mais radicale : faire un rock sombre, émotionnel, sans compromis, qui regarde autant du côté du post-punk, du shoegaze que de l’industrial et de la cold wave.
Dès le départ, le groupe se positionne à l’écart des tendances, plus préoccupé par la texture, la tension et l’atmosphère que par les formats radio.
Un tournant important arrive lorsque le groupe évolue vers une forme plus épurée et plus électronique, donnant naissance à Pure Obsessions & Red Nights, prolongement direct de Porn plutôt qu’une rupture.
Sous ce nouveau nom, l’esthétique devient plus synthétique, plus cinématographique, tout en conservant le cœur du projet : des chansons nocturnes, habitées, où la tension émotionnelle prime sur le reste.

Ce changement de nom marque aussi une ouverture à un public plus large, notamment sur les scènes darkwave et post-punk européennes, sans jamais diluer l’intention artistique.
Le groupe tourne régulièrement, en France comme à l’étranger, et s’impose peu à peu comme une référence discrète mais solide de la scène sombre contemporaine.
La cave de La Mécanique Ondulatoire est l’endroit idéal pour un groupe comme Porn : étroite, basse de plafond, murs de pierre qui renvoient chaque vibration. Le public est déjà présent avant l’ouverture des lumières, serré contre la scène, impatient et concentré.
Ici, pas de décor, pas de spectacle : la musique doit tout porter. Quand le groupe entre, il n’y a ni montée théâtrale, ni intro tape-à-l’œil. Le premier accord de basse frappe immédiatement, dense et rond, suivi par une batterie précise, métronomique mais jamais mécanique.
Les guitares viennent compléter le tout, saturées mais claires, dessinant des riffs simples et efficaces qui soutiennent chaque morceau. Le son est brut, direct, presque physique, et la salle semble vibrer à l’unisson.

Le chanteur occupe la scène avec sobriété, concentré, voix grave et éraillée à souhait. Il ne parle presque pas entre les morceaux, laissant les chansons installer l’atmosphère.
Son timbre traverse le mix sans chercher à dominer, et chaque note est chargée de tension. Le set est parfaitement calibré. Les morceaux rapides ouvrent et relancent le show, installant immédiatement une énergie palpable.
Les titres mid-tempo forment le cœur du concert : la basse hypnotise, la batterie maintient un groove régulier et les guitares superposent des couches de saturation qui enveloppent l’espace.
Les morceaux plus lents offrent des respirations stratégiques : ils s’étirent, jouent sur la répétition et la montée progressive, créant des moments presque hypnotiques.
En fin de compte, ce concert de Porn à La Mécanique Ondulatoire rappelle pourquoi certains groupes ne se contentent pas de jouer de la musique : ils la vivent et la font vivre.
Intime, intense et maîtrisé, le show a transformé la cave en une chambre de résonance où chaque note, chaque riff et chaque souffle semblait peser autant que l’air lui-même.
Sans artifices, sans surenchère, le groupe a prouvé que le rock, quand il est joué avec conviction, reste une expérience physique et émotionnelle.
Les murs de pierre auront peut-être tenu bon, mais dans la tête du public, le son continue de vibrer bien après le silence final.

