Among The Living
Live Report

RAISMES FEST 2012


 
RAISMES FEST 2012
08 Septembre 2012



 
Après 2h30 de route nous voici aux portes de la 14eme Édition du Raismes Fest qui s’annonce sous les meilleurs auspices, avec une affiche dense et prometteuse, doublée d’une météo on ne peut plus rêvée.
Après une édition 2011 malheureusement avortée, je tenais particulièrement à rendre hommage à la ténacité des organisateurs pour avoir réussis à monter cette édition, malgré de nombreuses  « embuches » (dixit le programme), à leur sens de l’organisation et à l’accueil du staff : Bravo.
C’est à RAISMES non loin de BEUVRAGE (je tenais à le remarquer car cela ne s’invente pas un nom pareil dans une région à bière…), dans le parc d’une ancienne demeure « bourgeoise » (que d’autre appelleront « château ») que se font faces les deux scènes qui vont accueillir chacune à tour de rôle l’ensemble des 18 groupes. La Grande scène verra tourner les  groupes étrangers (à l’exception française d’Irminsul), quant à la petite scène dite « découverte » elle accueillera les 9 autres groupes français.
La programmation est vraiment variée, il y en a pour tous les gouts, le grand écart entre le Hard Rock et le Death Grind en passant par le Heavy et le Black Métal, franchement faire tenir une programmation comme ça sur une journée c’est une gageure.
L’ouverture des portes se fait à 10h00, les premiers à sévir sont les Beating Mosquito, les Valenciennois ont la difficile tâche d’ouvrir les festivités devant une foule timide et clairsemée sur la scène découverte, ils assurent leurs 30 minutes de show et font le boulot.
Ce n’est pas encore l’affluence, mais la pelouse commence timidement à se noircir, les stands sont encore vide, même les baraques à frites  et les comptoirs anti soifs sont accessibles… Pas de temps morts, à peine le silence tombé sur la scène découverte que les métaleux de l’Oise  Irminsul ouvrent la grande scène avec une prestation à la hauteur de l’évènement. Malheureusement malgré  l’énergie et la qualité des compos Irminsul ne réussira pas à déchainer les passions  face à une audience encore timide et prenant doucement ses marques. Guillaume, Pascal et Claude ont délivrés un bon Set : C’est difficile d’être les premiers et de faire monter la sauce en 30 minutes.
 
Irminsul
 
 
On rebondit sur la scène découverte avec un band venant aussi de l’Oise (terre fertile si il en est), Dead N Crazy, qui nous délivre un Métal pêchu et mélodique.  La foule commence à suivre le rythme et se masser plus attentivement devant la scène, les cinq zicos sont aussi agréables à entendre  qu’à voir jouer, ils laissent transparaitre leur cohésion qui se ressent directement dans leur compos. Un groupe à suivre assurément.
On monte en puissance avec les Max Pie, avec leur Heavy bien lourd et mélodique qui trouve son public. La bande de Tony Carlino (Chant) enchaine les compos sans faillir, le grateux m’a laissé sur le cul (si si, trop tôt pour mettre ça sur le compte de la bière), ils balancent un Heavy efficace et rodé qui, certes, ne révolutionne pas le genre mais qui sur scène prend tout son intérêt. 
 
Max Pie
 
 
Déjà 13h15, les sets s’enchainent et finalement le public a prit le rythme de switcher d’une scène à l’autre et cela de façon presque mécanique, il ne lui manque plus qu’un peu de « nerf » et on sera au top…
A peine le temps de m’envoyer une bière pour accompagner ma barquette de frites (là on ne rigole pas, c’est du sérieux dans la région et je peux vous assurer que le jour où l’on servira des portions aussi généreuses que celles-ci au stade de France, Cindy Sander le remplira…), qu’avec mon comparse Nico nous rejoignons la scène découverte pour la suite des réjouissances.    
C’est au tour des Tyson Boogie de se frotter au public, j’attendais avec impatience de voir ce power trio de Lille chauffer les planches de la scène découverte.  Sur le papier les Tyson avaient tout pour me plaire, mix d’ACDC et de Motorheadentre autre, et de bonnes tronches à la Dropkick Murphys (désolé les gars mais il y a pire comme comparaison non ?), je ne demandais qu’à voir. Et là : grosse claque !! Kal (basse & chant) est un furieux, il est à 100% et rebondit partout, Chris assure la guitare et il balance, c’est carré et ultra efficace, le tout martelé par Antoinequi n’est pas en reste. Ça envoit grave, un cocktail de Motorhead survitaminé se tapant un bœuf avec Poison Idea (cherchez sur le net vous verrez… ). D’un bout à l’autre de leur set ils ne vous laissent pas respirer,  la digestion est bonne.
 
Kal de Tyson Boogie
 
 
Retour dans le pit de la grande scène, il est 13h45 et les anglais de Voodoo Six investissent les planches. J’ai bien aimé leur EP « Falling Knives » de 2011, et j’étais très curieux de voir ce que leur Rock énergique et léché sorti tout droit de 70’s allait donner sur scène. 
Là on monte en puissance, j’ai trouvé leur prestation vraiment excellente, un son propre et puissant, « falling Knives » rend vraiment bien en live. Le public ne s’y trompe pas et se masse nombreux même si ce n’est toujours pas l’hystérie, on sent bien que ces gars-là plaisent. Leur pur Hard Rock mélangé à une pointe de Blues, sachant se faire Heavy par moment, le tout servi par la voix rauque (juste ce qu’il faut) de Luke Purdie est ultra efficace. Quand bien même les Voodoo Six ne sont pas la révélation de ces dernières années, il n’en reste pas moins que leur Rock est  loin d’être lisse,  juste rugueux comme il faut pour faire la différence. Franchement on passe un bon moment à les écouter.
 
Voodoo Six
 
 
Suivent les parisiens de The Long Escape, produisant un Métal alternatif auquel j’avoue ne pas avoir trop adhéré. Apres tous les gouts sont dans la nature et cela n’engage que moi. Malgré mon opinion, leur show était carré et pro, le public plus sensible à leur style que moi les a suivis.
Ça y est, la foule est là, l’ambiance reste familiale et surtout bon enfant, la pelouse est bien occupée face à la grande scene pour accueillir les espagnoles de 77 (Pronouced : seventy seven pour les puristes et non pas les setenta y siete… bon ok c’est lourd j’avoue).
Sur le papier on nous vend un clone d’ACDC, mené par deux frangins bien barrés parait-il !! J’ai toujours un peu de mal avec les groupes trop « marqués »  par l’influence de groupe ayant fait le tour du genre, mais on nous annonce malgré tout une prestation scénique remarquable… 
 
77

 

Et là, grosse claque… Ok c’est du ACDC, rien à dire la dessus, nous sommes bien face à un clone parfait de la période  70’s des Australiens. Et ? Me direz-vous !!  Et bien… ça DEPOTE, ils n’arrêtent pas, le chanteur a la même voix quasiment que Bon SCOTT  et son frangin de guitariste est un hyper actif du manche, un fou furieux de la six cordes, il court partout (on l’a même vu se carapater d’une scène à l’autre dans les jardins du château et ce sans fausses notes… j’ai les photos). Ils font le show, c’est indéniablement un excellent groupe de scène, accessible, proche du public, si vous voulez prendre votre dose de pure esprit Rock&Roll alors si ces gars-là passent dans votre coin n’hésitez pas une seconde, croyez-moi vous en aurez pour votre argent (soyez vigilant, m’est d’avis qu’ils vont tourner en France très bientôt…).
 
77
 
 
Changement de registre pour la Scène découverte, il est 15h40 et après 50 minutes de hardos pur style nous passons au Death mélodique des parisiens de T.A.N.K (Think of A New Kind), et ça balance fort ! Ils ont un gros son, des compos sans pitiés qui ne vous laissent pas de répits. Ils ne lâchent pas le morceau et harangue la foule (plutôt scotchée), les invectivant à un circle pit, tout au moins à un pogo… mais rien n’y fait. Peu importe, les cinq gus de T.A.N.K se donnent à fond et c’est efficace, l’énergie est là et leur prestation est à la hauteur de leur réputation. Leur deuxième Opus Spasms of Upheaval devrait sortir le 9 octobre prochain et confirmer une carrière prometteuse.
 
T.A.N.K
 
 
Restons dans le « brutal » avec les Israélo Néerlandais de MELECHESH(à moins que ce soit les Néerlando Israéliens.. je n’en sais trop rien en fait!!!) et leur Death oriental venu mettre le feu aux planches de la GS (pour Grande Scène, c’est plus simple ;)).  Ils ont une présence sur scène incroyable, emmenés par Ashmedi Hurleur/guitariste qui se charge de vous faire entrer dans le crane à coup de décibels leurs compos aussi brutales que lancinantes, les Melechesh n’arrivent toutefois pas  à dérider le public, la possession ne prend pas vraiment malgré la présence de fans du genre dans la foule et c’est bien dommage.  
 
Melechesh
 
 
Quarante-cinq minutes et 6 morceaux plus tard, sans démérité (loin de là) mais n’ayant pas réussi à trouver leur public MELECHESHcède la place aux SUPERSCREAM (inversés avec FLUXIOUS initialement prévu à cette heure-ci). Tout autre registre avec ce qu’ils qualifient de World Métal, un mélange de genre progressif extrêmement bien exécuté, avec des pointes de métal acérées et cerise sur le gâteau un chanteur bien déjanté. Chaque membre du groupe maîtrise parfaitement son engin, on peut parler ici de virtuoses (comme cité dans le prog) et le public ne s’y trompe pas. Perso je ne suis pas un grand fan de leur style que je trouve un peu « décousu », mais il faut reconnaître qu’ils assurent.
J’avoue ne pas avoir tenu jusqu’à la fin de leur set.  La bière m’appelait plus fort que leur zic (Nico aussi quand j’y re pense…) c’est après une canette, doublée d’une photo accolade avec  « Dog » batteur d’ADX (Merci Nico), que je fonce voir la prestation de THE ANSWER, les irlandais du nord avec leur excellent hard rock bluesy. 
 
THE ANSWER
 
 
A l’écoute de leur dernière galette « Revival » sortie en 2001 j’étais déjà convaincu de leur talent, et  je savais que l’on aurait à faire à une formation habituée de la scène (2008/2009 ils ont assurés la première partie de la tournée d’ACDC « Black  Ice World Tour ») : mes attentes ont été récompensées par un set bien Rock&Roll Old School avec en prime une reprise des Roses tatoo« R&R Outlaw ». Les Irlandais ont chauffé le public du RAISMES Fest jusqu’ici un peu «pépère » , mais il faut bien comprendre que l’atmosphère est « familiale », il y  a des marmots qui cavalent partout, nous sommes entre «metalleux » de 7 à 77 ans (voire même plus pour certains) et je dois dire que c’est le premier atout de ce festoche.
 
THE ANSWER
 
 
Avec les FLUXIOUSon change à nouveau de registre, avec en front line la belle et plantureuse Joana (de Paris) au chant et servie par Germain à la gratte (excellent), Guillaume à la Basse et Maxence à la batterie (section rythmique non moins excellente). Leur show est excellent, Joana se donne (hummm) à 100%, c’est un sans-faute pour ce groupe Franco/suisse délivrant un Jazz Métal (si si c’est possible) aussi étonnant qu’efficace. Ce groupe a sa place dans la cour des grands.
 
Fluxious
 
19h05…. La tension monte d’un cran car on attaque le trio de tête d’affiche. Napalm Death,groupe légendaire et incontournable, sévissant depuis plus de 30 ans, inventeur du Grind /Death métal, vont faire enfin passer le public de spectateur à acteur.
C’est sans concession (à leur image), que les britanniques vont nous balancer 22 morceaux de pur métal incandescent, les oreilles saignent, on a à faire à un Mark « Barney » Greenway en transe (et je peux vous dire qu’il est difficile à shooter net dans le pit photo) entamant les hostilités avec un Circumspect  apocalyptique. 
 
Napalm Death
 
 
 L’énergie de ce groupe est sans limites, la puissance du son et des compos ne laisse aucun répit aux fans qui entament ENFIN les premiers pogos dignes de ce nom avec les 3 ou 4 seuls crowd surfings (je te le pique Nico ;)) du festival. L’attention retombe un peu, il est vrai qu’au vu des groupes taggués sur les T-shirt et autres vestes et casquettes que l’on croise toute au long du festival, je ne m’étonne pas que l’attente du public s’oriente plus sur des groupes comme THE  ANSWER, GIRSCHOOL, 77 etPRETTY-MAIDS.  N’étant pas un grand fan de NAPALM DEATH, le coté répétitif des morceaux lasse mon attention malgré une présence scénique hors du commun et rare (j’ai adoré la reprise des DEAD KENNEDYS « Nazi Punks Fuck Off »).
Les grenoblois d’HOLOPHONICS quant à eux mettent le feu à la scène découverte, avec leur métal incisif et brutal, leurs mélodies touchent juste : ces gars savent jouer. J’aime leur style et, à mon sens, ils mériteraient une reconnaissance  plus large. Avec T.A.N.K et TYSON BOOGIE les HOLOPHONICS ont eu ma préférence pour la scène découverte.
Deuxième tête d’affiche  et non la moindre à investir la GS : les Mythiques GIRLSCHOOL.
Back in the 80’s, put*** ça fait drôle, et c’est la première fois que je vais voir les dames (pas d’amalgame Oh), et d’entrée de jeux le ton est donné… 
 
 
 
Les trop simplement nommées « Motorhead féminin » ont une pêche d’enfer et nous balance leur Rock bien Heavy qu’un savoir-faire de plus de 30 piges rend savoureux.
Les Girls sont aussi agréables à entendre qu’à regarder (bon ok Denise j’dis pas mais bon on s’moque pas), Kim McAuliffe  aurait très bien pu commencer le concert par un « We are Girlschool, we gonna kick your ass » à l’instar de leur bon pote Lemmy, car elles envoient sérieusement les filles.  La fosse réagit immédiatement et l’on voit bien que le cœur de cible est atteint, ça bouge, c’est réactif et la patate des GIRLSCHOOL touche juste.  Bravo Mesdames, ce soir nous avons eu le droit à du grand GIRLSCHOOL, I love You Girls.
 
 
 
Girschool
 
 
Au tour des ROZZ d’attaquer, avec leur Heavy Métal bien couillu qui ne laisse pas la foule  de marbre, il faut dire qu’ils sont du coin (Valencienne).  Ce n’est pas ce que je préfère, mais leur prestation est taillée pour clore en beauté la scène découverte. On est dans le classique du Métal français des 80’s.
Le RAISME FEST 2012accueille, pour clore en beauté cette réussite indéniable, une pointure du Heavy Métal, un groupe trop rare en France, PRETTY MAIDS. Les danois qui m’avaient rendu addict (je le suis toujours…) à leur son  énormes et leurs compos acérées qui taillent dans le vif de l’oreille, et ma curiosité à les revoir sur scène 20 ans après l’espace Ornano à Paris (Eh oui..  le temps passe) frise l’excitation d’une jeune pucelle face à… une glace Häagen Dazs (j’vous vois venir bande de cochons). 
 
 
PRETTY MAIDS
 
Je dois me calmer, être dans le pit photo n’a pas que des avantages, il faut que je me concentre sur les shoots… Tic Tac Tic tac… l’intro de Pandémonium résonne face à une fosse comble et acquise, les PRETTY MAIDS sont bien là et ça bastonne (put*** pas facile de shooter quand on sent la crise de Head banging remonter le long de sa colonne). 
 
 
 
S’en suivent  I.N .V.U et Wake Up to The Real World, la set List est vraiment efficace et la bande deRonnie Atkins veut en découdre cela se sent, même si parfois le public a un peu de mal à réagir aux appels du groupe, leur professionnalisme fait la différence.  Tous les classiques  ou presque du groupe y passent, de Yellow rain à Lovegames  en passant par Back to Back pour finir par un rappel en apothéose avec Futur World et un Red Hot and Heavy en medley avec Smoke on the water qui clos le show en hommage à Jon Lordmonstre sacré et organiste de Deep Purple disparu en juillet dernier.
 
PRETTY MAIDS
 
 
Il est 0h30, le calme s’abat d’un coup sur le château de la princesse d’Arenberg (finalement il me semble bien que c’était un château et même que je crois avoir vu la princesse ce barrer en douce avec un chanteur ayant occupé la grande scène, mais j’suis pas sure ;p), cela fait bizarre ce silence après 14 heures de live non-stop.  Une chose est sure, si il y avait un endroit où il fallait être ce samedi 8 septembre c’est clairement à RAISMES !
L’alchimie d’une affiche mélangeant les styles et un esprit festif « familiale» appuyée par un staff et une organisation nickel ont fait de cette édition 2012 une réussite totale.
Bravo messieurs et vivement 2013.
PS : Si vous pouviez avoir autre chose que de la 8.6 comme binouze alors là on friserait la perfection….
 
 
Galerie
 
 
 
 
 
 

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