Among The Living
Interview

Entretien avec Peter Östlund, guitariste de VOMITORY

VOMITORY a sorti All Heads Are Gonna Roll le 26 Mai chez Metal Blade Records, plus d’une décennie après son dernier album Opus Mortis VIII.

Même si le guitariste Peter Östlund est le dernier à avoir rejoint Vomitory en 2005, il en a des choses à raconter : entre la genèse de ce 9ème album, leur mini retraite, leur concert « d’adieu » en 2013, des tournées mémorables ou de sa passion pour le metal depuis sa plus tendre enfance.


vomitory


Lionel/Born666 : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous réunir après tant d’années de repos ?

Peter Östlund : Je ne sais pas vraiment. On avait fait quelques petits concerts en 2017 et ensuite Erik (Rundqvist, bassiste/chanteur) est venu nous proposer de jouer en 2019 pour les 30 ans du groupe. Ensuite on a discuté et on s’est dit « et si on faisait encore quelques dates… », on a fait 10 dates qui se sont transformées en 50 dates en 2019. Après le dernier show on a discuté à nouveau et on a trouvé ça génial. On a trouvé ça rigolo et on s’est dit « et si on s’attaquait à un album ? ». On s’est dit « OK allons-y ! Essayons d’en faire un nouveau ! »

Et pendant ce temps-là tu n’as pas travaillé sur d’autres projets ?

Non je n’ai pas eu le temps entre la famille, trois enfants et un boulot ça fait beaucoup d’occupation. Une vie normale.

Quand vous étiez en stand-by est-ce que tu as eu le temps d’écouter des nouveaux groupes ?

Oui j’ai dû aller à 2 ou 3 concerts, pas beaucoup…

(À ce moment-là on est interrompu par l’un de ses enfants qui arrive dans le jardin devant la caméra)

… Non tu sais comme je disais ma famille compte avant tout et cela prend beaucoup de temps. Cela prend une part très importante dans ma vie. Bon avec Tobias (Gustafsson, batteur) on a eu le temps d’aller voir des potes qui jouaient comme Grusom mais à part ça j’étais occupé entre ma famille et mon boulot, un travail bien chiant.

Comment s’est passée la première fois où vous vous êtes retrouvés dans la salle de répétition ? Ça devait être spécial ?

Oui bien sûre que c’était spécial c’est toujours drôle de se retrouver.

Sur ce nouvel album est-ce que tous les titres sont nouveaux ou est-ce qu’il y a d’anciens morceaux qui ne sont pas parus sur d’autres albums ? Ou d’anciens riffs qui traînaient dans les placards ?

Non je peux te dire que tout est nouveau. Pour être plus précis il faudrait demander à Erik pour savoir s’il y a des textes qui sont plus anciens. Peut-être qu’il y a des vieux riffs qu’il a ressorti des placards mais je peux te dire que tous ces morceaux sont neufs ! C’est que du nouveau.

Pour toi qu’est-ce qui a changé avec ce nouvel album. Le son et les structures paraissent encore plus puissants que sur les précédents. Avez-vous changé des choses au niveau du chant, au niveau des refrains ?

Oui effectivement on a changé pas mal de trucs au niveau des backing vocals. On a essayé d’écrire des refrains plus puissants, plus entraînants. Parfois on a mis des choses plus simples et sur certaines parties on a mis plus de mélodies. Erik a écrit beaucoup plus de chansons pour cet album que sur les précédents, entre quatre et cinq titres. Ses influences ne sont pas obligatoirement les mêmes que celle de Tobias qui écrivait plus sur les précédents albums. Erik écrit à sa manière et Tobias avec son style et ensemble ça fonctionne très bien.

Effectivement il y a peut-être eu des petits changements mais pas des gros changements dans l’ensemble. Comme sur le titre « Raped, Strangled, Sodomized, Dead ». Ce titre ressemble à un croisement entre un Wolfbrigade et ce que sait faire Erik, avec une certaine mélodie à la guitare et ce genre de refrain qu’on ne faisait pas avant. Ce n’est pas énorme mais des petites idées sur de petits changements fait changer beaucoup de choses…

Donc avant de travailler sur cet album vous n’aviez pas une idée d’ensemble concernant la couleur de l’album ?

Je ne sais pas, je ne pense pas. Je pense qu’il a commencé à écrire certains titres et puis quand il en a eu assez il nous les a présenté. On ne tente jamais de jouer des titres qui ne ressemblent pas à du Vomitory. Mais bon on aime jouer rapidement, c’est ce qu’on aime. On a essayé de jouer plus lentement mais ça ne marche vraiment pas (rire).

Ce qui change aussi ce sont la présence de refrains efficaces et qui marque comme ceux de « All Heads Are Gonna Roll » … c’est simple mais efficace ! Je ne veux pas dire le terme « Hit » mais plutôt des titres avec des refrains plus directs. J’espère que les gens vont accrocher !

J’adore des titres comme « Dead Man Stalking », « Ode to the Meat Saw » ou « The Deepest Tomb » avec leurs riffs et leurs breaks implacables.

Oui « Dead Man Stalking » est très différent pour nous. Pas trop rapide et très lourd. Pour moi mon préféré c’est « Ode to the Meat Saw ». « The Deepest Tomb » est très puissant un peu dans le genre Deicide ou Vader. C’est pour ça que je comprends que tu apprécies le morceau. Mais bon tous nos titres sont très bons.

Quand avez-vous commencé à travailler dessus ?

Pour moi c’est un peu difficile à dire puisque c’est surtout Erik qui a écrit les titres. Mais je crois qu’il a vraiment commencé au printemps de l’année dernière. Il est arrivé un jour en nous disant : « bon les mecs il va falloir qu’on écrive des chansons ». Je crois qu’on a commencé avec quelques riffs qu’Eric nous a sorti. Ça devait être en 2021. Ensuite les titres ont commencé vraiment à être écrit il y a un an.

Quels sont les sentiments que tu ressens à l’idée de retourner sur scène ou dans des festivals ?

Tout d’abord c’est le côté amusant qui me vient à l’idée. C’est ce qu’on aime faire jouer en live.

Comment tu t’es préparé pour vivre ces moments-là ?

Bah on répète beaucoup. (Rire) On se retrouve dans notre salle de répétition et on joue les morceaux. On boit aussi des bières…

Quand allez-vous revenir au Hellfest ? La dernière fois c’était en 2019 avant le Covid.

Je ne sais pas encore mais je pense qu’on sera de retour en 2024. J’espère qu’on arrivera à caler cette date. On a notre booking agent. Redback Promotion travaille pour nous, cale des dates, travaille sur le merchandising, fait la promotion et donc on espère revenir. On espère vraiment y revenir car c’était très fun.

Des souvenirs en particulier ?

Le jour avant de jouer au Hellfest on était complètement bourré car on était arrivé un jour avant en France. En séjour à Paris on a eu la brillante idée d’acheter un litre de vodka chacun. (Rires) Ensuite nous sommes arrivés à Nantes. On avait oublié notre matériel à Paris donc on a dû attendre. Tout en buvant… C’était le chaos ! Bon on devait jouer le lendemain et on a géré.


vomitory

En 2013 pour votre dernier show avant votre « fausse » retraite, vous aviez de nombreux guests qui sont montés sur scène, Johan Hegg (Amon Amarth), LG Petrov (Entombed, Entombed A.D.) et Tomas Lindberg (At The Gates) Quelle image gardes-tu de LG (Lars-Göran) ?

Je l’avais rencontré deux, trois fois avant, c’était un mec génial, très drôle. (Interruption avec les enfants qui veulent jouer). De plus c’était un grand fan de Vomitory. Il était toujours du genre à te demander « tu n’aurais pas une bière, tu aurais pas une cigarette ». Et puis il te répondait « Oh merci t’es trop sympa » ! C’était drôle de le côtoyer, c’était un mec génial. Trop triste qu’il soit parti si tôt. Je ne suis pas sûr qu’il connaissait les paroles du titre qu’il a chanté avec nous. Il a seulement commencé à apprendre les paroles dans le train tout en buvant avant de nous rejoindre. Mais c’était un grand professionnel.

Par le passé vous êtes partis en tournée avec de nombreux groupes comme Canibal Corpse, Dark Funeral, Marduk, Nile, Amon Amarth, Vader, Malevolent Creation, Immortal… Quels en sont tes meilleurs souvenirs ?

Les tournées avec Marduk et Dark Funeral c’était avant que je n’arrive dans le groupe en 2006. Mais j’ai rencontré les musiciens de ces groupes en festival. Je me souviens qu’Erik m’avait parlé d’une tournée avec Amon Amarth en 2002/2003. Ils ne se connaissaient pas encore. La rumeur disait que les musiciens buvaient d’une façon complètement démente. C’est-à-dire qu’avec les musiciens de Vomitory ils buvaient jusqu’à 10 litres de vodka chaque soir… et par personne. (Rire) Ensuite ils sont devenus les meilleurs amis du monde… La tournée avec Deicide n’était pas mal non plus… Glen Benton nous envoyait des photos de beuverie de la tournée. La première que j’ai faite avec le groupe, c’était avec Malevolent Creation en 2009 et c’était aussi très drôle. Pas trop dingue comme les tournées précédentes mais quand même. Ça picolait quand même beaucoup.

Donc on peut dire que les musiciens suédois sont pas mal portés sur la boisson. (rire)

Oui je sais je sais… (Rires)

Et si on revient à toi quels ont été les musiciens qui t’ont extrêmement influencé ?

Pour moi si je réfléchis bien mon premier groupe dont j’ai été fan ça devait être en 1986 et je pense que c’était Europe avec bien sûr « The Final Countdown ». J’avais la cassette et je devais avoir six ans. C’était donc ma première introduction dans le monde du Rock. Avec un pote on s’est retrouvé dans ma chambre : mon pote chantait et faisait Joey Tempest et puis en discutant je me suis retrouvé guitariste…

Aussi simple que ça…

Et de l’autre côté, ma mère écoutait d’autres musiques ça allait de Michael Jackson à Twisted Sister…Et quand tu es gamin tu écoutes un peu de tout.

Ensuite quand je me suis intéressé au Heavy Metal les premiers groupes dont j’ai été fan étaient Metallica et Slayer. A la fin des années 80, j’ai découvert …And Justice for All. J’avais un pote qui avait le disque et je suis rentré à la maison et j’ai dit à ma mère « Maman je veux le dernier album de Metallica ». Elle est allée me l’acheter ainsi que Master of Puppets et ensuite je suis devenu accro. Quand tu es gamin tu achètes des vinyles tout le temps. Je ne me souviens plus exactement du nombre d’albums que j’ai dû acheter.

Mais si je réfléchis bien le premier groupe dont j’étais absolument fan a été Metallica. Ensuite j’ai découvert tous les autres groupes qui jouaient du Thrash, du Death Metal suédois, Entombed, Dismember …

Ensuite celui qui m’a influencé en tant que guitariste c’est « Dimebag » (Darrell Abbott) de Pantera. J’étais en vacances avec ma famille, en Suède sur la côte ouest et je suis rentré dans une boutique quelconque. Ma belle-mère y achetait des trucs, ma sœur et mon père étaient restés dans la voiture. Ensuite j’ai vu ce magazine de metal, je ne sais plus quel était le titre. Sous le blister il y avait une cassette avec les nouveaux titres des groupes qui sortaient leur nouvel album. Sur la face A il y avait ce titre « No Good (Attack the Radical) » de Vulgar Display of Power et je n’avais jamais entendu un truc pareil. Dans la voiture j’avais demandé qu’on mette la k7, j’avais mis le son à fond, (il se met à chanter le riff de guitare). Je n’avais jamais entendu un truc pareil ! Je me suis mis à gueuler dans la voiture « waouh mais c’est quoi ce truc de dingue ». Ensuite j’étais complètement accro ! Dimebag pour la vie !

Où puises-tu ta créativité ?

Ça peut se passer n’importe où, n’importe quand, n’importe comment. Par exemple parfois je pense à un riff de guitare dans ma tête et j’imagine tout de suite ce que le batteur peut faire derrière.

Ensuite je me dis « ouais c’est super » et je prends mon téléphone pour enregistrer l’idée qui me vient. (Il fait la mélodie « Nanana nana nana ») (rire). Tu rentres chez toi, tu prends ta guitare et tu essayes de retranscrire ce que tu avais dans la tête. Et puis après tu es comme un enfant tu t’assois tu dis « waouh mais quel super riff ! ». En revanche quand tu t’assois et que tu te dis « ok, maintenant il faut que je trouve un super riff », là ça ne marche jamais (rire).

Tu veux rajouter quelque chose ?

Bah on va tout vérifier on va voir comment on va s’organiser pour faire une tournée européenne cette année ou peut-être l’année prochaine. On espère retourner en France bien sûr, retrouver les fans, les copains. Le but est de jouer ! On espère que les gens viendront, « headbangueront », boiront des bières et passeront un bon moment !

C’est un bon programme ! Merci !

Related posts

EUTHANASIA : l’Interview

New Wire

Entretien avec Loic, Batteur du quatuor  CHARGE 

Emmanuelle Neveu

THE GREAT OLD ONES – Interview HELLFEST

Lolo

Lacher un commentaire

* Utiliser ce formulaire implique que vous êtes d'accord pour que nous stockions les informations que vous nous confiez.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.