Entretien avec Frank Bornemann, de retour avec Eloy et Echoes From The Past, son nouvel album!
Figure emblématique du rock progressif Allemand, ELOY révèle son dernier album « Echoes From The Past » inspiré de l’histoire symbolique de Jeanne d’Arc, mettant un point final à cette trilogie musicale active depuis 2017. Grand maitre et fondateur du groupe lors de sa création en 1969, Frank Bornemann nous livre les secrets de ce disque en intégralité !
Votre nouvel album « Echoes From The Past » est le troisième volet consacré à la vie fascinante de Jeanne d’Arc. Avez-vous toujours été passionné par l’histoire ? Et pouvez-vous m’en dire plus sur le processus et l’enregistrement ?
Ce n’était pas facile de se replonger dans l’ensemble de son histoire, elle m’a inspirée depuis que ma femme et moi ayons vu sa statue quelques années auparavant dans l’enceinte de la cathédrale Notre Dame de Paris. Mon désir profond était de collaborer avec Damien Fontaine, réalisateur et scénographe français pour mettre en place un spectacle musical. Ce fut t la première fois que je voyais une silhouette la représentant, en repensant à son sort cela me rendait triste notamment avec les illuminations autour, c’était assez cynique, en fait.
Exprimer mon propre ressenti était bénéfique a tous points de vue, en ayant l’aide de certains spécialistes, cela aurait pu orienter mes émotions et changer ma première approche ainsi que toute ma perception de ce qu’il lui était arrivé autrefois. Nous avons eu la chance de rencontrer il y a quelques années, Régine Pernou, historienne française, qui fut pour moi la vraie spécialiste de Jeanne d’Arc. Elle a écrit un livre « La spiritualité de Jeanne d’Arc » (1992) qui reflète parfaitement une certaine vision de la religion et la spiritualité en général.
Chaque album de la trilogie traite d’une période différente de la vie de Jeanne d’Arc, est-ce celui-ci le dernier de l’histoire d’Eloy ?
Pour être franc, c’est à l’origine une idée dont je suis le principal auteur. Celui-ci est totalement en dehors des formations précédentes du groupe, cela fut presque 8 années de travail non-stop et les gens me pensaient fou ! Je voulais créer un projet authentique avec la vraie histoire de Jeanne, je suis un profond connaisseur de sa vie, en ayant coopérer avec le centre Jeanne d’Arc d’Orléans qui a pu me permettre de discuter en compagnie de plusieurs historiens et historiennes, leur opinion n’est pas la même mais cela est enrichissant et toutes les informations sont des sources sacrées pour moi !
Quand tu as commencé, tu as repris des chansons des Beatles, peux-tu m’en dire plus sur l’impact qu’ils ont eu lorsque tu as commencé la musique ?
Beaucoup. Comme un tas de groupes en Allemagne à cette période, nous avons commencé à jouer des reprises, et bien sur les Beatles étaient mon influence majeure. Lorsque j’ai rencontré ma femme, c’était comme dans le morceau « I Saw Her Standing There » ! Avec mon groupe, nous jouions des morceaux des Beatles au Star-Club accompagnés de deux autres formations, le premier c’était avec la présence de Pete Best (premier batteur du groupe avant Ringo Starr) et le deuxième fut avec Klaus Voormann (artiste Allemand, créateur de la pochette Revolver « 1966 »), les autres musiciens ne savaient pas quel titre choisir pour l’évènement alors j’ai proposé d’interpréter les Beatles devant eux ! Nous avons commencé à jouer et c’était vraiment électrique dans la pièce, j’avais un sourire en coin car ce n’était que du live et programmé uniquement pour les concerts mais c’est un souvenir formidable, je n’oublierais jamais ça.
Le rock progressif a été critiqué dans les années 80 à l’époque du heavy metal, mais on assiste à un renouvellement du genre, et une augmentation de fans sur les réseaux sociaux comme les groupes Facebook qui retrouvent des vieilles démos et différents trésors. Quels constat faites-vous de cette évolution notamment avec la musique progressive ?
Je connais pas mal de fans français, et c’est très important à mon sens de connaitre leurs opinions, selon moi, tu n’es strictement rien sans les fans.
Quand nous avons commencé la musique, il y avait quelques groupes comme Pink Floyd, Yes, Genesis, Jethro Tull, King Crimson… c’était une période essentielle afin de développer notre musique, inspiré par un tas d’influences. Je voulais créer une musique dynamique, marquée par le rock n roll mais avec une atmosphère très planante, il n’y a rien de pire pour moi que quelque chose d’ennuyant ! Quand il fallait écrire les textes en anglais, cela était difficile au début, j’ai du apprendre et me faire aider par des personnes avec un immense talent pour pouvoir composer des morceaux. Au début des années 80, j’étais en mesure de créer les textes sans soutien, mais à chaque fois j’ai eu quelqu’un à mes cotés pour pouvoir contrôler si ce n’était pas des bêtises !
La dernière fois qu’Eloy a joué en France, c’était au Bataclan en 1983, peut-on espérer une tournée d’adieu ?
Oui, exactement et lorsque je creuse dans mes souvenirs, la première fois que nous avons joué à Paris, c’était dans la mythique salle de l’Olympia ! Cela remonte à longtemps… Quelle chance de jouer à cet endroit ! À vrai dire, je pense régulièrement a faire un opéra rock sur cet événement de l’Histoire, mais pas vraiment dans la lignée d’une comédie musicale, quelque chose de plus axé vers la musique avec un orchestre par exemple…


