FENSCH VIKING Fest 2024
Florange (Moselle) – 28 septembre
Le 28 septembre dernier se déroulait la 4eme édition du Fensch Viking Fest à Florange (Moselle).
Cette année, les hostilités ont commencé dès le matin. Après une semaine fort pluvieuse, Thor a visiblement chassé les nuages pour offrir une belle éclaircie en ce samedi festif !
A notre arrivée, il a fallu se garer à proximité du complexe de Bétanges dédié au festival, ce qui n’a pas été évident bien que les organisateurs aient prévus quelques places bien identifiées par des bénévoles. Il est à peine midi et les places se font déjà rares, ce qui est plutôt bon signe quant à l’affluence sur le site.
Heureusement que le festival se trouve dans un vaste parc bien organisé. Cette année, la zone du campement viking, qui vaut à lui seul le détour, est davantage intégré et proche des concerts. Après tout, c’est bien le cœur d’un festival qui se veut de présenter l’univers viking à un large public.
Le prix de l’entrée, fixé à seulement 1 euro symbolique est la preuve de cette volonté d’accessibilité à un maximum de personnes, et non pas seulement les habitués de ce genre d’événements.
Il y avait aussi un tarif de soutien de 27 euros pour bénéficier du pass Einherjar et donnant accès à un espace réservé avec brasserie, restauration et spectacles et notamment à l’after party avec un magnifique spectacle de feu pour clôturer la journée.
Il faut bien comprendre que ce genre de tarifs n’est possible que par des efforts à la fois des artistes et des bénévoles pilotés par l’association Heiðrún Production à l’origine de ce beau festival aux aspects multiples.
En effet, le Fensch Viking Fest mêle à la fois divers spectacles. D’une part, on retrouve une authentique reconstitution historique viking, avec artisans, vie de camps et combats, qui n’a rien à envier aux « journées historiques » classiques qui fleurissent à travers la France.
D’autre part, on se retrouve avec un vaste « marché médiéval & fantasy » et des stands de restauration conviviaux fort bien garnis qui suffisent à de nombreuses fêtes plus modestes.
Tout cela sans compter les nombreuses animations (déambulations, conférences, jeux, contes…) qui parsèment la journée au point où il est impossible de ne rien rater. Mais après tout, il en faut pour tous les goûts et la profusion donne cette ambiance de vaste fête qui colle si bien à la mythologie scandinave, et le tout sans devoir se rendre au Valhalla !
Enfin, et c’est la raison principale de notre présence ici, nous avons un festival de musique folk et metal à part entière !
Autrement dit, nous avons droit à trois festivals en un même lieu.
Que peut-on demander de plus ?
Le Fensch Viking Fest, côté musique
La matinée débute avec la formation folk alsacienne Towarb, qui a joué très tôt pendant que nous garions notre carrosse.
Tant pis, mais Det Var, une jeune formation française de pagan folk nordique qui a la particularité d’utiliser un chant en norvégien et bien sûr des instruments traditionnels tels que la talharpa sera donc l’œuvre de choix pour commencer notre exploration musicale.
L’ambiance est rapidement installée et un petit public assiste à une prestation prometteuse.
Det Var
Après une rapide pause repas, la prestation de Nydvind a été sacrifiée sur l’autel d’une longue entrevue avec Florin Țibu, un des cofondateurs de Bucovina, qui aura l’honneur d’être la tête d’affiche de la soirée. Mais comme nous le disions précédemment, on ne peut décidément pas être partout dans ce festival qui ne demande qu’à proposer toujours davantage d’animations où que l’on aille.
Même les stands de tatouages situés loin de scènes ont leur propre spectacle !
Revenons à la scène en milieu d’après-midi avec les polonais de Lyrre.
Lyrre
Ce groupe créé à Cracovie en 2022, nous propose un metal néo-médiéval très attrayant. Il faut dire que Michalina Malisz (anciennement membre d’Eluveitie) sait attirer l’attention avec sa vielle à roue et le dynamisme du guitariste Piotr Martus est remarquable. Parfois on se demande même si ce dernier ne préfèrerait pas davantage de saturation et de rythmiques plus metal, mais il faut reconnaître que le mélange entre ces deux styles capte rapidement l’auditeur.
Firtan
La violence va augmenter au fur et à mesure de la journée, avec les allemands de Firtan. Cette formation est connue pour un black pagan metal assumé qui existe depuis plus d’une dizaine d’années, mais qui semble connaître un renouveau ces derniers temps. Il semblerait que l’arrivée de Klara Bachmair au violon apporte une touche d’originalité qui pouvait peut-être manquer auparavant.
C’est d’autant plus vrai que le violon n’est pas ici considéré comme un simple additif d’ambiance, mais est bel et bien un instrument principal tout comme peut l’être la guitare. Nous avons tout de même affaire à un black metal assez incisif et les mélodies stridentes et virevoltantes s’y prêtent à merveille.
Firtan a sorti plusieurs albums au fil des ans, dont « Okeanos » et plus récemment « Ethos » en 2024. Leur musique semble avoir évolué au fil du temps, tout en restant fidèle à leurs racines de pagan/black metal atmosphérique.
La nuit tombe tôt, la température baisse, le grand nord arrive à travers Hinderfjäll.
Hindarfjall
Venus de Suède, cette formation de dark folk sait mettre l’ambiance scandinave au premier plan, s’il en fallait encore davantage. On se croirait quelque part entre la cour des Elfes et les anciennes réunions de skaldes, avec une ambiance végétale qui mêle l’intensité poétique aux envolées lyriques.
On sent immédiatement le professionnalisme et la qualité du groupe. Les amateurs de Wardruna devraient jeter une oreille à leur discographie, avec de belles œuvres comme Seden, Lärads Grenar ou Från Tidernas Begynnelse.
Après le repas du soir et d’excellentes découvertes, nous voilà prêts pour attaquer les têtes d’affiches.
Mais avant cela, nous avons encore le droit à un spectacle de feu, sous les rythmes de la musique médiévale des Graoulish Barden.
Finsterforst
Commençons la nuit par Finsterforst. Les vieux briscards venus des profondeurs de la Forêt Noire (celle située en Allemagne, pas celle de la Terre du Milieu) exercent la pure tradition du pagan folk metal germanique depuis plus de vingt ans déjà. Cela se ressent directement sur scène. Tout est bon, du son à la lumière. Même leurs chemises de bûcherons !
Ce groupe, comme tant d’autres, a su évoluer à travers divers changements de line up, mais a pu rester proche de son style des origines, et qui parvient à contenir des tendances au black metal dans un carcan plus pagan.
Finsterforst nous entraîne, avec beaucoup de rythme, à travers une exploration de la riche mythologie germanique, mais aussi de thèmes proches de la nature et d’une certaine philosophie. Tout ce savoir n’empêche cependant pas les musiciens de s’amuser sur scène, et cela se ressent !
De l’autre côté des scènes, dans le campement viking, un rituel se prépare : les funérailles d’un chef viking tombé au champ de bataille.
C’est typiquement le genre de spectacle qui prend tout son sens ici. Le feu se mêle parfaitement aux soirées, et aussi à la température qui est bien tombée. Mais la fourrure tient chaud, et pour les autres, l’hydromel est très efficace !
Pour la frange du public la plus contemplative, nous arrivons une des têtes d’affiche. Le chamanisme sibérien entre sur scène avec le duo de Nytt Land.
Nytt Land
Pour ceux et celles qui n’ont pas encore eu la chance de les voir à l’œuvre, sachez que leur maîtrise du chant guttural diphonique sibérien est sans appel.
Anatoly et Natasha Pakhalenko nous proposent une plongée dans les mythes à travers une ambiance hypnotique et sombre. On peut les comparer à la tête de proue du style néofolk, à savoir Wardruna, mais ce ne serait pas leur rendre justice. En effet, leur univers semble plus obscur et plus rituel.
Comme à leur habitude, leur concert passe à une vitesse déconcertante, un peu comme si le temps s’arrêtait sous les rythmes lents des percussions et les sonorités d’outremonde.
Il est minuit passé quand le dernier groupe entre sur scène. Une bonne partie du public est déjà parti, il ne reste plus que les puristes. Quant aux autres, ils ne sauront jamais ce qu’ils ratent, à savoir une des rares grandes formations de pagan metal roumaine sous les traits de Bucovina.
Bucovina
Ce groupe pratique un style qui est à la frontière entre le heavy metal et le pagan. D’ailleurs, leur titre « Folk hevi blec » issu de leur dernier album en date Suntem Aici, le résume à merveilles.
Leur musique présente un attachement fort à la culture roumaine, comme le démontre d’ailleurs leur nom, qui est aussi celui d’une des régions de ce pays. Bucovina se démarque ainsi par sa capacité à fusionner des éléments traditionnels avec un son metal puissant, créant une musique qui résonne avec l’identité culturelle roumaine tout en s’inscrivant dans le paysage metal international.
Il est une heure du matin, l’heure fatidique et limite imposée aux organisateurs pour que le silence retombe dans cette zone proche des habitations de Florange et le groupe ne pourra malheureusement pas jouer les prolongations.
Ceci dit, un dernier spectacle, assez grandiose, va avoir lieu en clôture, à l’attention des détenteurs du pass Einherjer. Contentons-nous de quelques photos, car c’est typiquement le genre de show qu’il faut vivre de ses yeux !
En conclusion, cette quatrième édition du Fensch Viking Fest s’est imposée comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique folk, metal et de culture viking.
Avec une programmation riche en découvertes, des prestations scéniques de haut vol, et une ambiance immersive alliant tradition et modernité, le festival a su ravir un public aussi passionné que diversifié.
De la reconstitution historique aux spectacles enflammés, en passant par les concerts, tout est conçu pour transporter les visiteurs dans un univers à part. L’accessibilité du festival, grâce à son tarif symbolique, et l’engagement de l’association Heiðrún Production confirment une volonté de partager cette expérience avec le plus grand nombre, tout en respectant les racines païennes qui nourrissent cet événement unique.
Avec le Fensch Viking Fest en septembre et le Cernunnos Pagan Fest en février, la scène pagan française a désormais ses rendez-vous annuels de choix, promettant aux fans de quoi vibrer toute l’année.

































































