Paganfest 2025 : Alestorm + Ensiferum + Týr + Heidevolk + Elvenking
Le Zenith, Paris – 23 janvier 2025
Remerciements à Garmonbozia Inc.
Une fois, le Paganfest s’invite sous le chapiteau du Zénith et Alestorm, tête d’affiche, emmène quatre autres groupes pour cette soirée spéciale metal payen démarrant dès 18h. Leur tournée démarre en Allemagne et passe par un Zénith parisien en structure réduite. Comme vous le savez peut-être déjà, le pagan metal est le sous-genre du metal qui tire ses inspirations du folklore, de l’histoire et des mythologies du monde (scandinave, celte, slave, aztèque, africaine…).
Elvenking, quand l’Italie se met au metal folk
Elvenking, groupe de metal folk italien, lance les initiatives. Ils parviennent à mélanger tous les éléments du power metal – brassards noirs, peinture sur visage, guitares pointues – mais avec une touche de celtique grâce à la présence d’un violon. Depuis 1997, ce combo a déjà publié onze albums avec un douzième en préparation pour une sortie prévue en avril 2025. Avec une immense liste de chansons à tirer et à remplir dans un set de 40 minutes, ils jouent d’une année à l’autre l’un de leurs titres favoris et enjoués « Throes of Atonement » pour poursuivre avec leur titre très rythmé « Pagan Revolution », l’un des points culminants de leur show en remontant jusqu’à « The Divided Heart ». La seule découverte musicale pour les fidèles du groupe est leur nouveau titre « Luna ». Les voix sont claires, les accords magnifiques et le violon ajoute juste la bonne touche de rythme aux décibels. L’accueil du public est légèrement enthousiaste, même s’il est un peu perplexe.
Heidevolk, les Vikings au chant néerlandais
Après un rapide changement, les Néerlandais montent sur scène avec un look plus viking, cheveux et barbes en témoignent. A la fois viking et folk metal, originaire d’Arnhem, dans la province de Gueldre, le sextet joue des chansons inspirées de la nature, de l’histoire de la province de Gueldre et de la mythologie germanique. Toutes leurs paroles sont écrites et chantées dans leur langue maternelle, le néerlandais. Leur spectacle s ‘amorce en douceur avec « Ver verlangen » suivi d’un titre plus metal « Hagalaz » accompagné de choeurs et de voix parfaites pour les esprits. C’est leur troisième titre hivernal « Winter woede » qui commence à faire dodeliner la tête des amateurs du genre. Tous les membres du groupe chantent à un moment donné pendant « Schildenmuur », s’appuyant sur la simplicité de la batterie ; les différents tons de voix assez gutturales produisent un son qui vibre et qui peut rappeler le chant mongol interprété par des groupes comme The Hu, en ce sens qu’il résonne en profondeur dans le corps et l’âme. Dans l’ensemble, leur musique, créée depuis 2022, est entraînante avec d’excellentes parties de guitare et dessine de grands sourires sur certains visages de la foule.
Týr montre son art à la perfection
Il s’agit d’un groupe formé au Danemark mais originaire des îles Féroé, nommé d’après le dieu de la guerre nordique, et qui se fie fortement à la mythologie nordique dans les paroles. Avec vingt-cinq ans d’existence, marteaux, armes de guerre et dragons abondent dans leurs paroles. Plus metal dans leur son et leur façon de jouer que les deux prédécesseurs de ce soir, ils font même un peu de headbanging synchronisé auquel la foule répond avec enthousiasme.
Il y a quelques moments exceptionnels : « Hammered», une puissante chanson qui fait des vagues et « Sinklars Visa » (2008 « Land »), un chant a cappella qui a une touche presque d’opéra et capte l’instinct primaire. Parmi toute la puissance du groupe, il y a même un refrain whoa-whoa et l’intro instrumentale de la dernière chanson « Hold The Heathen Hammer High » (2009, « By The Light Of The Northen Star ») qui fait monter la frénésie dans la foule. Týr montre son art à la perfection et enchante les masses réunies.
Ensiferum, des musiciens féroces et puissants
On monte en puissance avec Ensiferum et le thème viking n’est pas encore épuisé. En effet, l’Ensiferum de la Finlande (du latin signifiant « portant l’épée ») produit une première impression de musiciens féroces. Ils dégagent à la fois classe et puissance, avec un bassiste portant un kilt, ce qui est toujours un plus pour un métalleux de ce style.
Ils lancent « Fatherland » sous un rouleau compresseur ; cela engendre un effet dévastateur sur la foule en pleine liesse. Ensiferum offre un exemple incomparable, utilisant les voix à la fois claires et dures qui se fondent comme instrument. Chaque artiste est mis en valeur dans son jeu et son style, rehaussé par un disque de lumière en forme de pleine lune.
‘Winter Storm Vigilantes’ est un conte épique de derring-do, et lorsque le claviériste-chanteur Pekka se tient au centre de la scène avec les bras en l’air, la foule s’illumine comme une supernova. A coup de blasts, le batteur frappe sur « Victorious » et les voix entonnent leurs joies de victoire jusqu’au dernier morceau « Iron ». Ensiferum, quatrième de cette soirée, a plus l’habitude de jouer en tête d’affiche. De loin, l’un des meilleurs groupes de la soirée, on espère les revoir en France.
Alestorm termine sur une note « Fuck You »
Il est temps pour Alestorm de commencer leur spectacle, et bien sûr, les trois canards gonflables culminent dans le cadre de leur configuration de scène, divisant la scène. Le batteur Peter Alcorn et le claviériste Elliot Vernon ont été séparés par le canard sur une plate-forme surélevée sur l’arrière de la scène. Le chanteur/claviériste Christopher Bowes arrive toujours en kilt et le guitariste Máté Bodor porte toujours son short vert.
Alestorm nous éloigne enfin du thème viking et nous emmène vers les sept mers où ils commencent leur série de folk-metal inspiré par les pirates. Dans des mouvements de va-et-vient entre les guitaristes, claviéristes et bassistes, ils ouvrent leur set sur « Keelhauled » (2009 « Black Sails At Midnight »). Le public danse déjà, tourbillonne comme des toupies avant même que « Mexico » résonne dans toute sa frénésie. Apparaissant comme des ados faisant des bêtises, les Ecossais de Perth jouent parfaitement bien. Ils peuvent sembler un peu débraillés mais surtout provocateurs : cela fait partie intégrante du spectacle et de la performance. Leurs morceaux favoris comme « Hangover », « P.A.R.T.Y » sont connus de leurs fans qui chantent à cœur joie. Les histoires de pirates avec leurs bateaux sont présents ce soir avec « Zombies Ate My Pirate Ship », bien évidemment « Ship Boat » pendant laquelle les fans de pirates s’assoient au milieu de la salle pour ramer ! Les habitués du spectacle le confirment : identique au concert de l’Olympia même si le public était plus folklorique à l’Olympia. La liste des morceaux joués reste classique et « Drink » et « Fucked With an Anchor » en font partie.
Avec un spectacle très théâtralisé, de l’amusement sur les planches, Alestorm tire sa révérence ironiquement sur un « Fuck you », écrit en lettres géantes gonflables d’un vert-pomme Grany Smith. C’est la conclusion de cette soirée payenne festive.
Setlist
Shipwrecked
Rumpelkombo


































