EUROPE – Time Capsule Tour
Salle Pleyel – Paris
Samedi 15 octobre 2023

La tournée « Time Capsule » d’EUROPE marque les 40 ans du groupe, ou plutôt l’année de sortie de leur premier album éponyme. Mais cela marque surtout une belle et solide histoire d’un groupe que l’on pourrait ici appeler fratrie. De l’amitié il y en aura à revendre ce soir à la salle Pleyel.
Ce soir le concert d’EUROPE leur sera exclusivement réservé, entendez par là qu’il n’y aura pas de groupe en ouverture. La soirée est découpée en deux sets avec une entracte de 20 minutes. Et la setlist saura combler le plus exigeant des fans avec les 2h30 de concert !
La soirée débute sur la projection d’un film documentaire avec les protagonistes parlant de leur rencontre et de la création d’EUROPE. Les anecdotes sont légion et l’humour omniprésent. C’est d’ailleurs un fil conducteur dans le groupe. De la création de leur nom à l’histoire du line-up, les musiciens rapportent sommairement leurs visions et souvenirs des débuts d’EUROPE.
Set 1
Ouvrant sur Broken Wings le public oublie rapidement la configuration assise et placée de ce soir. Rock the Night fait bouillir la salle qui se retrouve debout et les premiers rangs agglutinés devant la scène en parfaite osmose avec le groupe.
Le set est millimétré, chaque musicien est à sa place. Seul Joey est vraiment mobile et il ne ménage pas sa peine. Arpentant la scène de long en large, il est aussi sans arrêt au contact du public et pas avare de « check » et autres remerciements de fans des premiers rangs. Il joue même avec les photographes (que je suis), toujours avec cet œil espiègle. Espiègle, c’est bien le mot qui le caractérise.

Joey est en grande forme. Sa voix a pris au fil du temps une patine que j’adore, et il a fait ma soirée avec Walk the Earth remarquablement interprété. Il est aussi smart qu’efficace. La classe. (Ce sera d’ailleurs le seul titre de l’album joué ce soir).
La salle est acquise, d’autant plus que chaque musicien y va de ses mots en français en remerciements. Le tour est joué. 40 ans ensemble… Le public, le groupe, le crew, ce soir on est en famille, la grande famille EUROPE (le groupe hein, l’autre c’est une histoire bien différente ).
John Norum est toujours aussi discret que talentueux. John Levén, quant à lui, n’a plus rien à prouver également mais il me surprend toujours avec son phrasé de basse qui lui est propre. Norum nous régale de son touché à la fois fin et juste, mais surtout hautement mélodique sans être trop démonstratif. Vasastan (instrumental) est un exemple de cela.

La setlist de la première partie du concert est au top. Mixant des incontournables à d’autres moins accessibles comme ce War Of Kings joué plus lourd que sur l’album.
Après un Girls from Lebanon remarquable, c’est au tour de Mick Michaeli (clavier) de s’entretenir avec le public, et d’expliquer sa time capsule en s’accompagnant au piano. Toujours sur le ton de l’humour.
Il introduit Carrie qui est tout de suite repris par le public de la salle Pleyel. Un Must.
John Leven est un bassiste incroyable et avec Ian Haugland ils assurent un socle rythmique solide et sans raté.
Le son est très bon et la voix de Joey est bien chaude maintenant, avec ce petit côté rocailleux qui lui donne cette patine incroyable que l’on retrouve sur les derniers albums.
Stormwind vient remuer un peu un public attentif et sage. C’est avec ce dernier que le premier set se termine sur un message de Ian Haugland

Set 2
Après 20 minutes d’entracte et une courte vidéo, le concert reprend.
La setlist fait la part belle aux 3 premiers albums. Mon seul petit regret sera de ne pas avoir eu de titre de Bag Of Bones, très bon album au demeurant.
Joey prend la guitare sur Prisoner in Paradise, chose qu’il fera souvent sur cette deuxième partie de soirée. On le retrouve d’ailleurs avec John Norum en acoustique seuls tous les deux, reprenant Space Odity de Bowie. John Norum assure une partie du chant et il est loin d’être ridicule. C’est un moment très fort du concert. Et c’est sur ce genre d’exercice que l’on reconnait un grand groupe de scène. Une réunion au coin du feu entre potes.
Last Lock at Eden vient secouer les fondations de Pleyel. Ce titre est incroyablement lourd. Le devant de la scène est occupé par le public, exit les gens assis.
Open your heart voit notre Joey à la sèche qui n’a pas beaucoup à faire pour que la salle reprenne d’une seule voix les paroles. Plus personne n’est assis.

Standing ovation.
Memories (1982) viendra se poser à point pour que John Leven (avec son t-shirt Gasoline, et du fuel ils en ont) nous offre un solo de basse mémorable (ça tombe bien). Michaeli et Haughan l’accompagnent dans l’exercice. Quel groove.
Ce titre montre bien l’énergie de ce groupe trop stigmatisé par The Final Countdown. Ils savent envoyer du lourd, car ils ont avant tout une base Heavy Metal solidement ancrée. Le final en mini solo de guitare et de batterie de concert est juste massif.
Haughan s’adresse à la salle en proposant un solo de batterie, et trouvant cela ennuyeux, il propose quelque chose de différent. La blague. Il joue le thème de Guillaume Tel (Rossini) classique. La classe. Le musicien est encore bien affûté et maîtrise son art.
Ça fait du bien un concert avec des solos, chose que l’on ne voit plus beaucoup de nos jours.
Ready or Not voit Joey revenir avec sa guitare, mais surtout entendre ce putain de bon solo de Norum. Aucun pain, c’est limpide, royal.
Superstitions vient clore la soirée avant le rappel bien entendu car il en manque hein. Ce petit final du titre sur No Woman NoCcry et la parfaite interprétation reggae de Joey est au top. Standing ovation.

Le retour sur scène se fait avec Cherokee et The Final Countdown qui viennent clore cette superbe soirée. La salle est sur un nuage et ça fait plaisir à voir. Je vous laisse imaginer l’ambiance sur ce final.
Avec une Setlist aux petits oignons, parcourant la discographie du groupe, EUROPE nous a offert une soirée « spéciale » qui restera gravée dans nos mémoires. Ce qui est aussi parfait c’est de voir la cohésion entre ses membres. C’est clairement un esprit de fraternité qui les habite et cela fait toute la différence.


