Entretien avec Andy La Roque et Pete Blakk à l’occasion de la sortie de l’album de LEX LEGION

Lex Legion, le tout nouveau groupe formé par quatre musiciens ayant fait partie de la formation classique du fameux King Diamond de la fin des années 80, à savoir Mikkey Dee (batterie), les guitaristes Pete Blakk (guitare), Andy La Rocque (guitare) et Hal Patino (basse) dévoile un premier album qui sortira le 12 juin prochain. Pour compléter ce quatuor, Lex Legion se dote des immenses capacités vocales de Nils K. Rue (Pagan’s Mind).
Leurs deux clips vidéos sortis « Gypsy Tears » et « Sleep Eternally » reflètent leur vision du heavy metal en 2026.
De Motörhead à Scorpions en passant par Death, Pretty Maids et de nombreux autres groupes,
les carrières de chaque membre de Lex Legion s’étendent sur plus de quatre décennies.
Une expérience qui ne laisse aucun doute sur la qualité de l’album à venir, destiné aux fans de hard rock et de heavy metal.
Le quintette propose des compositions qui se distinguent par des arrangements raffinés où l’efficacité prime, les talents individuels brillent et s’unissent à travers des mélodies et des harmonies implacables. Les égos de leur jeunesse sont dépassés et, aujourd’hui, ils sont liés par une amitié forgée au fil de carrières s’étalant sur plus de quarante ans, des parcours qui marquent le respect.
Le premier album de LEX LEGION sort le 12 juin 2026 via MNRK Music Group. Amontheliving.fr vous en dit davantage.
Quelle est l’histoire derrière le nom du nouveau groupe ?
Pete : Le nom vient tout simplement du fait que nous aimions bien le mot « Legion ». C’est un mot puissant qui représente bien le retour de nous quatre.
Mikkey a proposé « Lex Legion ». Cela sonnait bien et possédait à la fois une dimension mystique et sombre, tout en évoquant la force. Donc « Lex Legion », nous avons aimé immédiatement et nous avons décidé de conserver ce nom.
Pourquoi avez-vous choisi de reformer presque tout le groupe ?
Pete : Cela remonte à 2008. Andy et moi écrivions des chansons et nous nous sommes dit que nous devrions peut-être faire quelque chose ensemble. Mais rien de particulier ne s’est passé. Andy continuait à tourner avec King Diamond et le projet était sans cesse repoussé.
Pendant le confinement en 2020, j’avais le sentiment de ne pas avoir accompli tout ce que je voulais accomplir. Alors que je continuais à écrire et composer, j’ai décidé d’enregistrer quelques démos. Je les ai fait écouter à Mickey en 2021. Je suis allé chez lui avec des amis, car nous avons l’habitude de nous voir régulièrement.
Après les avoir écoutées, il m’a répondu : « Ça sonne vraiment super bien ! » Il a alors appelé Andy. Mais je craignais qu’Andy soit trop occupé avec King Diamond. Deux jours plus tard, il était là.
Et nous voilà à nouveau réunis tous les quatre. Andy a immédiatement eu le sentiment que nous pouvions refaire quelque chose ensemble. C’est une question de synergie : quatre forces qui se retrouvent. Le chanteur Niels apporte également énormément au groupe. Nous sommes très heureux.
Andy : Si l’on revient au début, rien n’a vraiment été planifié. Nous avons commencé à écrire des chansons et, lorsque nous en avons eu suffisamment pour remplir un album, nous avons également reçu un important soutien du label américain MNRK. Une fois toutes les chansons terminées, nous avons simplement décidé d’une date de sortie.
Pete : Ce n’est pas comme si nous nous asseyions en réfléchissant à ce que nous allons jouer. Nous écrivons simplement. Composer de la musique, c’est notre manière naturelle de fonctionner en tant qu’artistes et musiciens.
Quel est le plus grand défi lorsqu’on crée de nouvelles chansons alors que les fans les compareront inévitablement aux classiques de King Diamond ?
Pete : Bien sûr que nous serons comparés à King Diamond et que les gens trouveront des similitudes puisque nous sommes à nouveau réunis tous les quatre. Je n’avais plus joué avec Mickey depuis son départ en 1989.
Tout repose sur l’amitié et la synergie quand nous sommes ensemble, Voilà simplement comment nous sonnons. C’est notre son.
Où avez-vous puisé votre inspiration pour composer ce futur album qui sortira le 12 juin ?
Andy : Nous sommes des artistes et, concernant le processus créatif, on ne sait jamais vraiment d’où vient l’inspiration. Parfois, elle n’est tout simplement pas là. Mais lorsqu’elle arrive, on peut écrire six morceaux en deux semaines.
L’inspiration vient naturellement. Au fond, je pense qu’elle provient surtout des influences que nous avions dans les années 1970. À cette époque, nous étions influencés par Alice Cooper, T. Rex, Black Sabbath et Ozzy Osbourne.
Comment fonctionne le groupe aujourd’hui, alors que vous vivez chacun dans un pays différent entre la Suède, le Danemark et la Norvège ?
Andy : Lorsque nous travaillons sur les enregistrements, nous procédons souvent de manière hybride. Pete et moi nous retrouvons dans mon studio afin d’élaborer la structure de base des chansons. Ensuite, Mikkey nous rejoint pour travailler sur les arrangements. Il a toujours d’excellentes idées pour retravailler certains morceaux ou certaines sections afin de les rendre plus intéressants. Par exemple, il peut proposer d’étendre ou de rallonger une partie particulière d’un titre.
Une fois les arrangements terminés, nous envoyons le tout à Nils en Norvège. Nous possédons chacun notre propre studio d’enregistrement. Mikkey peut enregistrer ses parties de batterie chez lui et Hal a également la possibilité de réaliser ses propres prises.
Je m’occupe ensuite du mixage et j’envoie les morceaux à tout le monde. Nous en discutons ensuite ensemble afin d’identifier les éléments qui nécessitent encore des modifications. Nous sommes tous très impliqués dans le processus et nous n’avons pas besoin d’être physiquement au même endroit pour travailler efficacement.
En quoi votre approche de l’écriture des parties de guitare solo pour ce projet diffère-t-elle de votre travail au sein de King Diamond ?
Pete : En réalité, ce n’est pas vraiment différent. Andy et moi jouons toujours de la même manière et nous avons conservé notre style.
Lorsque je commence à composer une chanson, je connais déjà la façon de jouer de Mickey. Quand Andy ou moi trouvons une idée de riff en studio, tout vient naturellement. Nous nous connaissons tellement bien.
Chaque morceau est comme un film, comme un voyage qui vous transporte quelque part et vous procure des émotions. Les harmonies et les riffs que nous créons ensemble constituent notre signature. C’est simplement amusant de refaire cela aujourd’hui. C’est fantastique.
Donc, il existe une parfaite harmonie artistique et une excellente compréhension entre vous tous.
Andy : Nous essayons toujours de trouver le son parfait. C’est une quête permanente. Pete et moi faisons partie de ces musiciens de la vieille école qui utilisent des amplificateurs Marshall. Personnellement, les Marshall JVM sont mes préférés.
Nous utilisons également d’excellentes pédales fabriquées en Suède, appelées Zuta. Nous créons un profil sonore que nous réutilisons ensuite en concert.
Notre approche reste assez simple : des amplificateurs Marshall, des micros et quelques pédales. C’est une manière directe et efficace d’obtenir un excellent son.
Y a-t-il des duels de guitares sur l’album que les fans devraient particulièrement attendre avec impatience ? Par exemple, sur les deux titres « Sleep Eternally » et « Gipsy Tears » qui sont déjà en ligne.
Andy : Pour ces deux morceaux, on ressent déjà notre marque, notre empreinte à Pete et moi-même. Pour les prochaines chansons à venir, il y aura des duos classiques, quelque chose que nos fans reconnaîtront même si le genre musical et les paroles diffèrent de ce que l’on faisait auparavant. Les jeux de guitare sont complètement présents les fans reconnaîtront notre manière de jouer. Bien sûr nous avons des paroles différentes, d’autres mélodies. Les paroles ne font pas partie d’un concept mais c’est plutôt de la libre expression.
Pete : Pour la chanson « Sleep Eternally », c’est Nils qui a écrit ce texte au sujet d’un ami qui est décédé très jeune. C’est donc un tribute à cet ami. Quant à « Gipsy Tears », l’idée provient du film Le Seigneur des Anneaux. Les autres chansons parlent des problèmes de la société actuelle, de la vraie vie comme la santé mentale et d’autres problèmes sombres.
Y a-t-il quelque chose que vous faites mieux aujourd’hui que dans les années 1980 et 1990 ?
Andy : Nous jouons plus confiants, plus cools, avec moins de stress. On n’essaie pas de jouer super rapidement. On est plus réfléchis également.
Beaucoup de guitaristes reconnaissent un solo d’Andy La Rocque dès les premières notes. Quelles habitudes musicales ou quels choix de phrasé créent selon vous cette signature si reconnaissable ?
Andy : C’est difficile à dire, mais quand je joue un solo, j’essaie de faire en sorte que la mélodie se marie parfaitement avec la partie musicale. Je pense que c’est une combinaison des mélodies que je crée, des passages plus rapides et des vibratos. Je crois que c’est ce qui donne cette touche caractéristique à un morceau rock d’Andy. Mais le plus important reste la mélodie, car c’est elle qui reste ancrée dans la mémoire. Un solo est, en lui-même, une chanson au cœur de la chanson.
Votre premier album éponyme sort le 12 juin. Où l’avez-vous enregistré en Suède ?
Andy : Oui, nous avons tout enregistré chez moi, dans mon studio Sonic Train Studios : les claviers, les guitares, ainsi que certaines lignes de basse. Mikkey a enregistré la batterie dans un autre studio. Tout a ensuite été mixé et masterisé dans mon studio.
Hal a enregistré ses parties dans son propre studio, tandis que Niels a enregistré les parties vocales chez lui, en Norvège. C’est donc une production hybride.
Quels sont vos projets pour promouvoir cet album ?
Pete : Nous allons donner un grand concert le 28 novembre à Göteborg. Nous participerons également au Sweden Rock Festival (NDJ : du 5 au 7 juin). Il y aura aussi des sessions promotionnelles avec la presse ainsi que des séances de dédicaces pour les fans.
Enfin, l’année prochaine, il est fort probable que vous puissiez nous voir en concert près de Paris. Une tournée devrait suivre en 2027.


