BEYOND THE STYX : l’interview!
Beyond The Styx est l’un des meilleurs groupes hard-core français. Les Tourangeaux nous ont sorti déjà plusieurs albums marquants et le nouveau « Divid » est une vraie réussite. Entretien avec ce groupe fort talentueux.
Ce nouvel album arrive quatre ans après « Sentence » son prédécesseur. Vous sortez vos albums tous les trois, quatre ans. Pourquoi faut-il attendre aussi longtemps avant de voir arriver un nouvel album de Beyond ?
On tourne beaucoup. Quand on arrive à la troisième année après la sortie d’un album le truc nous pète à la gueule. On ne compose pas quand nous sommes en tournée.
Il y a aussi le fait que nous avons des boulots à côté. On compose tous ensemble ce qui prend du temps. En plus de cela faire un disque coûte de l’argent et même coûte de plus en plus cher avec le temps.
Nous n’avons pas la volonté de sortir des choses rapidement. On ne veut pas faire de la marchandise et puis en plus nous n’avons pas la contrainte d’un label qui nous demande de sortir un disque tous les deux ans.
Nous avons signé pour ce disque sur un label US, Innerstrength Records, qui nous a signé pour un album. Nous sommes très contents qu’un label américain ait signé un groupe pour un disque aussi militant.
On aurait pu penser qu’un label européen puisse s’intéresser à nous mais cela nous va d’avoir signé avec eux.
Le hard-core est américain. C’est peut-être pour cela que vous avez intéressé ce label.
C’est possible effectivement. Les labels aujourd’hui prennent moins de risques, sortent souvent des groupes nationaux voir locaux.
L’album est court. Il dure vingt-cinq minutes. Pour un album hard-core vous trouvez logique de faire des disques qui soient courts ?
Le genre s’y prête. Un morceau trop long on décroche un peu. Le hard-core veut cette intensité. Non pas que le metal ne soit pas intense mais il y a cette spécificité dans le hard-core et elle nous va très bien.
Le New-york hard-core faisait des titres très courts.
Oui et le hard-core actuel revient à cela. On préfère aller fort sur trente minutes. Nous aimons les choses direct.
Je trouve l’album dans la continuité de ce que vous avez fait précédemment. C’est bien sûr du hard-core mais il y a un côté crossover.
Nous ne sommes pas un groupe 100% hard-core. Déjà en France le hard-core est moins culturel qu’aux States. Nous n’avons pas grandi uniquement avec le hard-core. On ne connait personne autour de nous qui n’écoute que du hard-core depuis l’enfance.
La scène hard-core actuelle s’ouvre de plus en plus. Il y a moins de groupes puristes 100% qui sonnent 100% hard-core..
Vous avez toujours ce côté militant qui vous anime depuis vos débuts.
Nous sommes toujours sur des valeurs humanistes, de respect à la différence. Sur cet album nous sommes encore davantage sur le pacifisme. Aujourd’hui le racisme est décomplexé.
On ne comprend pas comment l’Assemblée nationale peut rendre hommage à un militant néo-nazi et ce sous l’impulsion de Madame Braun Pivet qui est de confession juive. Il y a en France de plus en plus de censure et d’auto-censure ce qui est grave.
Nous n’affichons pas de drapeau anti-fasciste sur scène ni de drapeau palestinien même si nous sommes anti-fascistes et pro-palestinien.
Il y a trop de groupes qui s’auto-censurent en pensant qu’ils auront plus d’audience ainsi.
Vous écrivez avec une grande sensibilité.
Nous écrivons sur les choses qui nous touchent émotionnellement. Certains médias trouvent que nous avons une vision pessimiste mais lorsque tu vois ce qui se passe dans le monde elle ne l’est malheureusement pas tellement.
Est-ce que vous pensez qu’un groupe peut faire changer les mentalités ?
Nous avons commencé avec l’envie de faire de la musique et avons en plus des affinités politiques et idéologiques. On ne pense pas qu’un mec raciste devienne anti-raciste en nous écoutant.
Mais en échangeant avec des gens tu peux évoluer.
On ne sait pas si on pourra faire changer les mentalités mais nous aimerions bien que cela soit possible. Un adorateur d’Adolf Hitler n’ira sûrement pas voir Beyond en concert mais des gens qui côtoient des gens avec des discours nauséabonds peuvent eux évoluer.
Beyond ne changera pas le monde mais Beyond plus machin plus machin peuvent faire bouger les choses.
Dans la communauté hard-core française vous êtes proches d’autres groupes ?
Paris est clanique et vit pour le hard-core parisien. La grande famille des musiques extrême n’existe pas. Celle du hard-core pas plus.
Il y a des dates à venir ?
Nous avons joué fin juillet à l’Extreme Fest près d’Albi et dans un super petit festival à Frontignan dans l’Hérault. La tournée est en train de se monter.



