THE WARNING – Everything’s Falling
Sortie le 29 août 2026
En capitalisant sur les codes du rock moderne tout en les tordant à sa façon, le trio signe un disque solide, nerveux et terriblement efficace.
Les frangines Villarreal Vélez ne grimpent plus les marches : elles les avalent. Album après album, THE WARNING transforme l’essai et impose sa marque avec une assurance presque insolente. Un an après le saisissant Live from Auditorio Nacional CDMX, Everything’s Falling prolonge l’élan de Keep Me Fed (2024) et confirme une évidence : le trio mexicain n’est plus une promesse, mais une force installée dans le paysage rock alternatif.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette maturité qui déborde de partout : dans les compositions, dans la production, dans la manière d’équilibrer l’urgence et la précision. Daniela, l’aînée, n’a que 26 ans ; Alejandra en a tout juste 21. Et pourtant, le groupe joue déjà avec la maîtrise de formations qui ont roulé leur bosse pendant vingt ans. Respect.
Dès Ritual, le décor est planté : riffs massifs, batterie qui cogne sec, basses tendues et refrains taillés pour fédérer. THE WARNING vise juste, court, nerveux, moderne. Chaque titre avance avec l’efficacité d’un uppercut bien placé, sans jamais sacrifier la mélodie.
Daniela « Dany » mène la charge avec ce timbre clair, accrocheur, presque candide en surface, mais porté par une intensité qui fait mouche. Everything’s Falling déroule alors sa tracklist avec une fluidité redoutable, variant les textures sans perdre le fil. Perfect Daughter illustre parfaitement cette capacité à faire se télescoper pop immédiate et rock musclé, avec ce supplément d’âme qui distingue les bons singles des simples exercices de style.

Le morceau-titre, Everything’s Falling, s’impose comme l’un des sommets de l’album. Mélodie ample, refrain catchy, tension parfaitement dosée : tout y est. La voix de Daniela y trouve une puissance d’accroche qui peut évoquer, Amy Lee (EVANESCENCE) ou Lzzy Hale (HALESTORM), sans jamais tomber dans l’imitation. Ici, la filiation existe, mais l’identité reste pleinement celle de THE WARNING.
Côté textes, le disque tape là où ça fait mal : frustration, reconnaissance, pression du regard, affirmation de soi. Rien n’est édulcoré. Bit My Tongue concentre cette tension avec une rage rentrée qui finit par exploser ; c’est l’un des titres les plus viscéraux de l’ensemble, celui qui vous attrape par le col et ne lâche plus.
Ego pousse encore le curseur. L’espagnol lui donne une attaque particulière, plus frontale, presque dansante dans sa brutalité. Puis Break révèle la science du refrain du trio, calibré pour percuter sans perdre en sincérité. Même constat sur Bruises, où la modernité des arrangements vient muscler une écriture déjà très sûre d’elle.
Et lorsque Kerosene surgit, la messe est dite. Le titre vient enfoncer le clou avec une énergie combustible, nerveuse, presque inflammable. Une conclusion idéale pour un album qui ne cherche jamais à faire semblant : ça joue, ça cogne, et surtout, ça reste en tête.
THE WARNING avance désormais dans sa propre catégorie : assez accessible pour viser large, assez mordant pour ne jamais lisser son propos. En capitalisant sur les codes du rock moderne tout en les tordant à sa façon, le trio signe un disque solide, nerveux et terriblement efficace. Les sœurs Villarreal Vélez confirment qu’elles ne sont pas là pour accompagner la scène rock alternative : elles sont en train d’en redessiner quelque part les contours. Bravo !


