B.R.E.T.O.N.S – D.A.O.U
Sortie le 10 avril 2026
Avec D.A.O.U, B.R.E.T.O.N.S propose un disque qui se vit autant qu’il s’écoute.
Ouvrant avec « Shipping Up To Boston » (clin d’œil frontal aux Dropkick Murphys) qui joue le rôle de moteur immédiat : ça part vite, ça embarque, et l’album assume sa vocation de disque taillé pour la scène.
Avec An Holl A Gevret on retrouve ce mélange heureux des styles avec toujours cette ligne directrice Bretonne. Entre lyrics rapper et instrumentation folk.
C’est le même principe avec Penn Sardin, la modernité profondément ancrée dans la tradition. Le collectif a tous les codes et les fait brillamment fonctionner.
Brest (relecture électrique du titre de Miossec) affiche cette logique de travail de la tension : une mélodie familière, mais densifiée, poussée vers le collectif, pensée pour être reprise en chœur.
Les arrangements semblent chercher le point d’équilibre juste avant la rupture, comme si chaque morceau gardait une marge d’instabilité volontaire.
Cette approche donne une cohérence immédiate au disque, même quand les textures changent et que la dynamique se renverse.
D.A.O.U se distingue par son sens du rythme global. Plutôt que d’aligner des “pics” en continu, le collectif ménage des creux, des respirations, des zones d’ombre où la musique se replie pour mieux repartir.
Un morceau comme « Dans Gwadek » installe une transe plus longue, circulaire, qui change l’échelle de l’écoute.
Cette alternance évite l’ennui et installe une écoute active : on guette les détails, les micro-variations, les motifs qui recollent les morceaux entre eux.
Sans surligner, l’album laisse affleurer un rapport au langage fait de fragments, de formules qui reviennent, de non-dits plus éloquents que les déclarations.
Mais quand il choisit d’être frontal, il l’est avec un vrai sens du récit : « Penn Sardin » s’ancre dans la mémoire des sardinières de Douarnenez (la grève de 1924), et transforme l’histoire sociale en chant d’ensemble, porté par l’énergie du rock celtique.
Dans un registre plus contemporain, des titres comme « Idiocratie » ou « Jamais Assez » prolongent une veine plus engagée et réflexive.
L’interprétation (qu’elle soit directe ou tenue à distance) participe à cette impression : on n’est pas dans la confession, mais dans une manière de dire à côté, de suggérer — et de laisser la musique faire le reste.
Un vrai remède à la mélancholie et festif au possible, D.A.O.U arrive au bon moment dans un monde qui a perdu ses valeurs primordiales.
Tracklist :
01. Shipping Up To Boston (Dropkick Murphys)
02. An Holl A Gevret
03. Penn Sardin
04. Jamais Assez
05. Dans Gwadek
06. Sally Mac Lennane
07. Mil Nozvezh Karantez
08. Brest (Miossec)
09. Cofaidh & Lionn
10. Foggy Dew
11. Farandolenn
12. Idiocratie
13. Les Filles des Forges


