Among The Living
Interview

Interview du groupe Highway

🎤 Interview du groupe Highway

Guitariste du groupe Highway, Ben Chambert revient sur les origines d’un projet né d’une passion précoce pour le rock et le hard rock. Influencé dès son plus jeune âge par les classiques du genre, il évoque les premières claques musicales, les souvenirs fondateurs et l’envie viscérale de monter sur scène.
Entre héritage assumé et énergie brute, Highway trace sa route, les amplis à fond et l’envie de tout faire trembler.

Comment est né le groupe Highway ?

Le groupe est né il y a plusieurs années, d’une envie simple : créer notre propre musique. À l’époque, nous étions de grands fans de rock et de hard rock, et nous nous sommes dit : « Pourquoi pas nous ? Pourquoi ne pas composer nos propres morceaux ? ».
Tout est parti de là. Mon frère a commencé la batterie, et de mon côté, j’ai également voulu prendre des cours. Nous avons donc débuté tous les deux à la batterie, avant de réaliser qu’un groupe avec deux batteurs serait compliqué à faire vivre.
J’ai alors décidé de me tourner vers la guitare, et c’est ainsi que l’aventure a véritablement commencé.

 

À vos débuts, quelles ont été vos principales influences artistiques ? Y a-t-il des artistes ou groupes qui vous ont particulièrement marqués ?

 

Mon frère est plus âgé que moi, donc c’est vraiment lui qui m’a fait découvrir la musique. Il m’a fait écouter des groupes comme The Beatles ou Queen, et comme il était plus grand, il allait aussi vers des trucs plus hard, plus metal, donc forcément je suivais.
Je me souviens surtout d’un moment précis : un jour, on a regardé un live de AC/DC, celui de Donington. Il y avait une marée humaine, c’était impressionnant.
Franchement, je m’en souviens comme si c’était hier. Le concert commençait avec Thunderstruck, et là je me suis pris une claque. Je me suis vraiment dit : « Mais c’est quoi ce truc de fou ? » L’énergie, le son, la foule… tout était énorme.

 

Avec les années, votre musique a évolué. Est-ce que vous composez différemment aujourdhui par rapport à vos débuts ?

 

Notre façon de composer a évolué, forcément on a grandi, on a appris plein de choses. Moi, j’ai tendance à écrire principalement la base des chansons.
Avant, pour moi, une bonne chanson de rock, c’était surtout un bon riff de guitare, et ensuite on construisait autour. Mais ça, c’était quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, j’ai changé ma manière de voir les choses. Je préfère les morceaux avec beaucoup d’harmonies et de mélodies.
La guitare vient davantage se placer autour de la ligne de chant. Je cherche plus l’émotion dans ce que j’écris, plutôt que l’aspect purement brut ou “violent” de la guitare comme avant.

  

 

Parlons maintenant de votre actualité : votre nouvel album Last Call For RocknRoll” arrive en 2026. Que pouvez-vous nous en dire ? En quoi ce nouvel album se distingue-t-il de vos précédents projets ?

 Pour ce nouvel album, moi j’écris le gros des chansons. Quand j’écris, je commence par poser les bases et ensuite je présente les morceaux au groupe. Et après, s’ils me disent que c’est bon, on les travaille ensemble.
À ce moment-là, je les bosse surtout avec mon frère en guitare/batterie. C’est là qu’on rentre vraiment dans le détail, qu’on affine les structures, les intentions, les passages, tout ce qui fait que le morceau prend forme.

Notre chanteur Benjamin intervient ensuite sur les voix. Il vient apporter ses arrangements, ses harmonies, il travaille vraiment toute la partie vocale.
Il arrive plutôt sur la deuxième phase des compositions, quand le morceau est déjà bien en place musicalement.
Et notre ancien bassiste, lui, avait aussi sa manière de fonctionner : il écrivait directement ses propres lignes de basse, en s’appropriant les morceaux à sa façon.


higway


 

Le groupe a aussi connu des changements récents dans son line-up. Quel impact cela a-t-il eu sur votre musique et votre manière de composer ?

 

En termes de composition, le changement de line-up n’a pas vraiment eu d’impact, parce qu’ils sont arrivés alors que l’album était déjà enregistré. Donc sur cette partie-là, tout était déjà posé, écrit, structuré.
Par contre, aujourd’hui, l’impact est bien réel. Ça nous a clairement apporté une nouvelle énergie. On a remplacé un membre par deux personnes, dont une fille.
Elle a une super énergie, et c’est vraiment intéressant d’avoir une vision différente dans le groupe. Ça change aussi la dynamique, la façon d’aborder les morceaux.
Une voix féminine en live, c’est quelque chose de très fort, ça apporte une autre couleur, ça peut vraiment adoucir ou “bercer” certains passages, et ça crée un vrai contraste avec le reste.

Et Flo, qui est arrivé à la deuxième guitare, apporte aussi énormément. En concert, ça change tout : ça épaissit le son, ça donne plus de puissance, plus d’ampleur. Ça permet vraiment de mieux retranscrire ce qu’on a en tête en studio.
Aujourd’hui, on sent qu’on va pouvoir mieux défendre les morceaux de l’album sur scène. Et honnêtement, ça aurait été dommage de se priver de ça. Ça ouvre quelque chose de nouveau, ça crée un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe.
Ce n’était pas du tout calculé à la base pour que ce soit une fille, mais le résultat, c’est que ça redynamise complètement le projet.

Et puis ça nous apporte aussi des chœurs beaucoup plus riches, beaucoup plus travaillés. Là, on peut vraiment commencer à parler d’arrangements vocaux, presque dans l’esprit de The Beatles ou de Queen, avec toutes ces couches d’harmonies derrière, même en live.

Aujourdhui, lindustrie musicale a beaucoup changé, notamment avec le digital. Selon vous, la façon de sortir de la musique a-t-elle évolué ? Et quel rôle jouent les réseaux sociaux dans votre stratégie ?

 Si tu veux, on a connu une époque avant les réseaux sociaux. Nous, on reste attachés au vinyle et au CD, parce qu’on aime le côté objet, le fait d’avoir quelque chose de concret, presque de collection.
Les règles du jeu ont clairement changé aujourd’hui, et il faut savoir les accepter. Moi, je reste très attaché au support physique, comme beaucoup de fans de rock.
Mais c’est aussi générationnel : ce n’est plus la même manière de vivre la musique. C’est une autre expérience d’écoute, plus immédiate, plus dématérialisée.

On est obligé de composer avec ça, parce que la majorité des gens consomment la musique en digital, avec ses avantages et ses limites.
Mais au final, ça fait aussi partie du jeu. Et puis les réseaux sociaux, on s’en sert aussi pour ça : communiquer, exister, et surtout permettre à des gens de découvrir des groupes qu’ils n’auraient jamais entendus autrement.

 

Malgré cette évolution, quest-ce qui na jamais changé chez vous depuis le début ?

Ce qui n’a jamais vraiment changé, c’est nous trois : mon frère, Ben et moi. On était cinq au tout début du projet, puis on s’est stabilisés à quatre à partir du moment où le groupe a commencé à prendre de l’ampleur.
À cette période-là, ça fonctionnait très bien, on avait trouvé un équilibre, une manière de travailler ensemble. Mais au fil du temps, on a aussi ressenti le besoin de faire évoluer le projet. Rien de brutal, mais une envie de ne pas rester figés, de continuer à avancer.

Avec le recul, ça nous a clairement remis dans une vraie dynamique. Après une quinzaine d’années, le groupe commençait un peu à s’essouffler, c’est naturel, et on avait aussi moins de recul sur ce qu’on faisait au quotidien.
On était un peu dans l’habitude, sans forcément s’en rendre compte. Du coup, on a pris le temps de se poser, de revoir notre manière de fonctionner, notre stratégie, mais surtout notre motivation.
Pourquoi on fait ça, comment on veut le faire, et dans quelle direction on a envie d’aller maintenant.
Ça nous a permis de repartir sur quelque chose de plus clair, de plus sain aussi.

Et enfin, est-ce que vous ressentez toujours une forme de pression à chaque nouvelle sortie, ou est-ce que vous abordez les choses différemment aujourdhui ?

On n’a plus vraiment de pression aujourd’hui, c’est surtout de l’excitation. On sait tout le travail qu’on a passé sur ce nouveau projet, donc il y a surtout ce moment où on se dit : “ça y est, on l’a livré au public”.
C’est plus un soulagement qu’autre chose, en réalité. Parce que pendant un an, on a quand même vécu avec une vraie pression liée à la préparation de l’album, à l’écriture, aux choix, à l’enregistrement… Donc une fois que c’est sorti, il y a une forme de libération.

Hors du riff

 

Quel a été votre meilleur concert jusqu’à aujourdhui, celui que vous noublierez jamais ?

Le meilleur concert que j’ai vu… c’est difficile d’en choisir un, il y en a plusieurs. Et puis ça date un peu, mais si je devais en retenir un, je dirais la première fois que j’ai vu AC/DC en concert.
J’avais seize ans à ce moment-là. C’était aussi la première fois que j’allais à Paris pour un concert, donc il y avait déjà tout un contexte autour de ça.
Le déplacement, l’attente, l’excitation avant d’y être… tout était nouveau pour moi.
Je me souviens surtout de cette excitation permanente. Franchement, avec le recul, je ne suis même pas sûr d’avoir vraiment réussi à profiter du concert comme il fallait sur le moment, tellement j’étais absorbé par tout ce qui se passait autour.
Le fait d’être là, de voir la scène, la foule, l’ambiance… c’était presque irréel.

Et notre meilleur concert à nous, je dirais que c’était à Barcelone. On faisait la première partie de Michael Schenker, et on avait fait toute la tournée avant ça, en Allemagne, en Espagne… C’était la dernière date de la tournée, en plus, et c’était sold out. Franchement, on avait vraiment l’impression d’être des rock stars à ce moment-là.
Il y avait une ambiance incroyable, et même à la sortie, les gens nous attendaient, c’était assez fou à vivre. Cette salle faisait aussi partie de ma “to do list” des endroits où j’avais envie de jouer.
Je me souviens que j’y avais vu Extreme quelques temps avant, et je m’étais pris une claque monumentale.
Donc me retrouver sur cette même scène, quelques temps après, c’était assez irréel. Il y avait vraiment cette sensation de passer un cap.
On n’était plus juste en train de rêver à ces scènes-là, on était dessus, en train de les vivre.

 

Si vous deviez faire un top 5 des albums qui ont marqué votre discothèque, lesquels choisiriez-vous ?

Dans mon top 5 des albums favoris, je dirais sans hésiter Back In Black de AC/DC en numéro un. Ensuite, en deuxième, A Night at the Opera de Queen. C’est un album que je réécoute toujours de la même manière, il traverse le temps sans perdre son impact.

Dans la partie hard rock, j’étais aussi un grand fan de Skid Row, notamment Slave to the Grind. Cet album m’a vraiment marqué, presque “traumatisé” dans le bon sens du terme.
Pour moi, c’est un peu la perfection du hard rock de l’époque, avec un chanteur incroyable. Tout y était parfait.
Et en troisième position, comme j’ai été très inspiré par Slash, je dirais forcément les Guns N’ Roses avec Appetite for Destruction. C’est un album qui m’a accompagné et qui reste une énorme référence.

Il m’en manque un… mais c’est compliqué de choisir dans les albums de moins de vingt ans, parce que j’ai tendance à rester sur des vieux trucs, c’est vrai.
J’étais vraiment dans le “old school”, donc pas trop de grunge au départ, ni forcément dans la période néo-metal.
Dans les années 2000, je dirais quand même American Idiot de Green Day. Pour moi, c’est carrément un chef-d’œuvre. C’est un album qui m’a marqué, autant par son énergie que par sa construction, et qui reste une vraie référence.


Highway


  

Si votre vie était une bande-son, quelle chanson ouvrirait le film ?

 Si ma vie était une bande-son, je dirais que, comme c’est très récent, ce serait forcément un morceau de notre dernier album. Parce qu’il représente à la fois ma vie et ma musique aujourd’hui. Ce serait “Don’t Look Back”.
C’est vraiment moi, maintenant. Dans les paroles, dans la musique, dans l’énergie du morceau… dans tout en fait. Il y a quelque chose de très personnel dedans, presque comme une photo de qui je suis à cet instant précis.
C’est un titre dans lequel je me reconnais complètement, sans filtre. Il y a le parcours, les choix, les doutes aussi, mais surtout cette idée d’avancer sans trop regarder derrière.
À 40 ans, c’est clairement ma chanson. Celle qui me résume le mieux aujourd’hui.

 

Si vous pouviez inviter un artiste ou groupe mythique à monter sur scène avec vous, qui choisiriez-vous ?

Si je pouvais inviter un artiste à jouer avec nous, je dirais sans hésitation Rob Halford de Judas Priest. J’adorerais vraiment l’avoir avec nous, juste pour l’entendre chanter en live, avec cette puissance incroyable qu’il a.
C’est clairement mon groupe de heavy préféré, donc le voir partager la scène avec nous, ce serait quelque chose d’énorme, presque irréel.
Je pense que rien que sa présence changerait tout sur scène, il a une aura particulière, un truc très impressionnant.

Et en guitariste… j’aurais presque peur de le dire tellement le niveau est élevé, mais faire un jam avec Nuno Bettencourt, ce serait vraiment le rêve absolu.

Pour moi, ce mec est une rock star totale. Il a la classe, il joue comme un malade, et en plus il a une créativité de dingue. Il peut partir dans des choses ultra techniques, mais toujours avec du feeling.

C’est aussi un guitariste qui donne l’impression d’être toujours en avance sur tout le monde.

Quand tu l’écoutes, tu te dis que c’est presque impossible à jouer. Et justement, c’est pour ça que j’aimerais le faire.
Même juste un jam, pour voir comment il pense, comment il construit ses idées.

Et puis humainement, il a l’air vraiment cool, accessible. Il a ce mélange parfait entre virtuosité et simplicité. C’est vraiment le genre de rencontre musicale qui doit marquer.

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Avec cette nouvelle étape, Highway arrive clairement à un tournant de son histoire.
Entre l’évolution de sa manière de composer, les changements de line-up et une énergie retrouvée sur scène, le groupe avance aujourd’hui avec une vision plus solide et plus assumée.
Pour Ben Chambert, rien n’a vraiment changé sur le fond : la passion du rock, l’envie de jouer fort, et de le faire ensemble.
Le reste, c’est une question de chemin, d’expérience et de temps. Highway continue sa route sans calcul, porté par l’énergie du live et cette volonté simple : faire vivre le rock, encore et toujours.

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