Ozzy Osbourne, icône du légendaire Black Sabbath
par Martine Varago
C’est en 1975 que je découvre « Paranoid », le single de Black Sabbath, un 45 tours qui me suivra tout au long de mon existence. Black Sabbath a déjà pondu 6 albums studios (voir discographie ci-dessous) et Ozzy, de son vrai nom John Michael Osbourne, a déjà fait couler beaucoup d’encre.
Avant les ténèbres, l’enfant de l’après-guerre
Né après-guerre en 1948 dans une famille modeste dont les parents John Thomas « Jack » Osbourne et Lilian Osbourne (née Unitt) travaillent en usine, Ozzy sera élevé avec ses six frères et sœurs. Atteint de dyslexie, il quitte le collège situé sur Birchfield Road à l’âge de 15 ans.
Avant de devenir l’icône du heavy metal, le Prince des Ténèbres, Ozzy est un terrible ado. Comme il le raconte lui-même dans son livre autobiographique Ozzy Osbourne, « Moi, Ozzy » (Ed Camion Blanc, 2010), il est quelque peu chapardeur.
Son père lui avait bien dit : « Soit tu feras quelque chose de spécial, soit tu finiras en prison ! » Et ce sont ces derniers mots qui semblent devenir réalité.
Condamné à trois mois de prison ferme à Winson Green, prison de Birmingham, Ozzy n’y reste finalement que six semaines suite à bonne conduite. Puis il travaille dans un abattoir où les conditions d’abattage des vaches entre autres sont sanguinaires.
Un destin forgé dans le metal
Las de faire des petits boulots, Il décide de tenter sa chance dans la musique. Pour se faire remarquer, il va jusqu’à peindre sur la porte de sa maison : « Ozzy Zig Needs Gig » (« Ozzy Zig cherche un groupe »). Dès 1968, Ozzy rejoint un groupe local appelé Earth, avec Tony Iommi (guitare), Geezer Butler (basse) et Bill Ward (batterie). Le groupe change bientôt de nom pour Black Sabbath, adoptant un son plus lourd et sombre, à contre-courant du rock psychédélique de l’époque.
Avec audace et détermination, Ozzy devient chanteur en saisissant les opportunités : rencontrer les bons musiciens au bon moment. C’est sa voix distinctive, son charisme brut et le son révolutionnaire de Black Sabbath qui lancent sa carrière. La suite, vous la connaissez : sa vie bascule entre succès et excès. Leur premier album, Black Sabbath (1970), remporte un vif triomphe. Grâce à sa voix unique et à la puissance du groupe, Ozzy devient une figure emblématique du heavy metal naissant.
Ozzy, une vie débridée entre succès et excès
Comme l’énonce le célèbre philosophe Nietzsche « Deviens ce que tu es », Ozzy ne tarde pas à se faire remarquer dans l’univers du hard rock, qualifié ainsi à l’époque. C’est au pays de l’oncle Sam que Black Sabbath explose telle une bombe. Avec groupies dans les chambres d’hôtel, drogues à profusion, Ozzy avec sa magie noire fascinent.
Associé à l’occultisme et à la magie noire, principalement à cause de l’imagerie sombre de Black Sabbath et de certaines de ses performances provocatrices, Ozzy n’a vraiment rien à voir avec celle-ci. Il en joue simplement pour choquer dans son art. Son extravagance sur scène ne s’arrête pas là. Un jour de janvier 1982, il arrache avec ses dents la tête d’une chauve-souris morte lancée par un fan en plein concert, pensant qu’elle était en plastique.
Cela lui vaut quelques piqûres anti-rabiques. Malheureusement son amour pour la cocaïne et ses excès dans l’alcool et autres substances le conduisent à son exclusion de Black Sabbath.
En dépit de ses excès, Ozzy et le groupe Black Sabbath entrent dans le musée Rock And Roll Hall of Fame situé à Cleveland dans l’Ohio en 2006.
Son retour définitif au sein du groupe Sabbath se traduit par l’album 13 en 2013 mais peu de concerts sont donnés. Seules deux tournées ont lieu : la première tournée de la reformation entre 2013 et 2014 et « The End » de 2016 à 2017. Enfin, le line‑up original complet (Ozzy, Iommi, Butler, et Bill Ward) se réunit pour la première fois depuis 2005 lors du concert caritatif Back to the Beginning, à Villa Park à Birmingham. Jusqu’au dernier souffle de sa vie, comme le proverbe, « Tel arbre, telle feuille », Ozzy choisit Birmingham pour son ultime présentation ce 5 juillet 2025. Cette dernière annonce un signe d’adieu éternel à ses fans, 45 000 présents et aux millions d’autres fans absents.
Du cri à l’étoile
Sauvé par sa future femme Sharon Arden, alors manageuse du groupe en 1979, Ozzy forme le Ozzy Osbourne Band avec un jeune guitariste virtuose, Randy Rhoads. Suite à un accident d’avion en mars 1982, son guitariste Randy décède. Alors dévasté par la douleur, Ozzy trouve la force de poursuivre sa carrière pour laisser quelques albums fabuleux comme Bark at the Moon, avec Jake E. Lee à la guitare, The Ultimate Sin, No Rest for the Wicked, avec l’arrivée du guitariste Zakk Wylde. C’est No More Tears qui connaît un franc succès avec « Mama, I’m Coming Home », sorti en 1991.
Ozzy devient l’un des piliers du heavy metal, tout en luttant contre ses démons personnels (alcool, drogues, santé mentale). Souvent vêtu d’un costume noir, portant grande croix dorée et lunettes rondes, il obtient une étoile sur le boulevard d’Hollywood à Los Angeles le 12 avril 2002 à l’adresse 6780 Hollywood Blvd.
Le dernier acte du Prince des Ténèbres
De sa première union avec Thelma Riley de 1971 à 1982, Ozzy a trois enfants issus de ce mariage Jessica (1972), Louis (1975) et adopte Elliot, le fils de Thelma. Mais il reconnaît que ce premier mariage est source de souffrance, marqué par ses absences et problèmes personnels.
Ce n’est pas par hasard qu’il rencontre Sharon Arden, sa deuxième femme, puisqu’elle travaille pour son père, le manager de Black Sabbath, dès les années 70. Son deuxième mariage avec Sharon Arden, célébré le 4 juillet 1982 à Hawaï, connaît des hauts et des bas. Le couple conçoit trois enfants ensemble : Aimee (1983), Kelly (1984) et Jack (1985).
Ensemble, ils traversent des crises de couple mais Sharon se montre d’un grand soutien à l’artiste. En fin de carrière, Ozzy est atteint de la maladie de Parkinson et d’un cancer. De plus, ses déboires de jeunesse lui valent aussi quelques autres problèmes de santé. Ensemble, ils affrontent ses maladies mortelles. Le couple s’est solidifié au cours de leurs 43 ans de vie commune. Ozzy s’éteint ce 22 juillet 2025, entouré d’amour proche et aussi d’amour de ses fans.
Discographie
19 Albums studio de Black Sabbath dont les 8 premiers et le dernier avec Ozzy Osbourne
Black Sabbath (1970)
Paranoid (1970)
Master of Reality (1971)
Vol. 4 (1972)
Sabbath Bloody Sabbath (1973)
Sabotage (1975)
Technical Ecstasy (1976)
Never Say Die! (1978)
13 album (2013) – retour d’Ozzy Osbourne
Black Sabbath (sans Ozzy)
Heaven and Hell (1980) – avec Ronnie James Dio
Mob Rules (1981) – avec Ronnie James Dio
Born Again (1983) – avec Ian Gillan
Seventh Star (1986) – Tony Iommi à la voix principale initialement prévu comme album solo
The Eternal Idol (1987) – avec Tony Martin
Headless Cross (1989) – avec Martin
Tyr (1990) – avec Martin
Dehumanizer (1992) – avec Dio de retour
Cross Purposes (1994) – avec Martin
Forbidden (1995) – avec Martin
8 Albums live
Le groupe Black Sabbath sort huit albums live couvrant différentes époques, notamment les périodes Ozzy Osbourne, Dio et Martin, dont cinq albums live officiels au fil des décennies, de manière chronologique et détaillée avec Ozzy Osbourne
– Live at Last (enregistré 1973, sorti juillet 1980)
Enregistré en mars 1973 (Manchester, Hardrock – et à Londres, Rainbow Theatre)
Tracklist : Tomorrow’s Dream, Sweet Leaf, Killing Yourself to Live, Cornucopia, Snowblind, Children of the Grave, War Pigs, Wicked World, Paranoid
Réédité officiellement avec l’approbation du groupe en 2010 et inclus sur le disque 1 de Past Lives
– Reunion (20 octobre 1998)
Enregistré en direct à Birmingham (5 décembre 1997), concerts de la reformation du line‑up original Ozzy/Tony/Geezer/Bill, plus deux titres studios exclusifs Psycho Man et Selling My Soul
Album double live + 2 inédits, produit par Sony et Thom Panunzio / Bob Marlette
Récompense : Grammy Award pour la performance live de « Iron Man »
– Past Lives (2002)
Sorti en 2002, réédition officielle du contenu de Live at Last (celui-ci intégré comme disque 1) avec des enregistrements inédits supplémentaires des concerts de 1970s
– Live… Gathered in Their Masses (26 novembre 2013)
Enregistré à Melbourne (Rod Laver Arena) les 29 avril et 1er mai 2013, lors de la tournée 13, avec Ozzy, Iommi, Butler, Clufetos & Wakeman
– The End: Live in Birmingham (17 novembre 2017)
Enregistré le 4 février 2017 au Genting Arena (Birmingham), concert final de la tournée d’adieu The End Tour, avec Ozzy, Iommi, Butler, Tommy Clufetos et Adam Wakeman
Ozzy Ozzbourne en solo
12 Albums studio solo
Blizzard of Ozz (1980)/ Singles : « Crazy Train », « Mr. Crowley »
Diary of a Madman (1981)
Bark at the Moon (1983) / Single principal : « Bark at the Moon »
The Ultimate Sin (1986) / Singles : « Shot in the Dark », « The Ultimate Sin », « Lightning Strikes »
No Rest for the Wicked (1988) /Singles : « Miracle Man », « Crazy Babies », « Breaking All the Rules »
No More Tears (1991) / Singles : « No More Tears », « Mama, I’m Coming Home », « Road To Nowhere », « Time After Time », « Mr. Tinkertrain »
Ozzmosis (1995) / Singles : « Perry Mason », « See You on the Other Side », « I Just Want You »
Down to Earth (2001) / Singles principaux : « Gets Me Through », « Dreamer »
Black Rain (2007) / Singles : « I Don’t Wanna Stop », « Not Going Away », « Black Rain »
Scream (2010) / Singles : « Let Me Hear You Scream », « Life Won’t Wait », « Diggin’ Me Down »
Ordinary Man (2020) / Singles : « Ordinary Man » (feat. Elton John), « It’s a Raid » (feat. Post Malone), « Take What You Want » (Post Malone feat. Ozzy & Travis Scott)
Patient Number 9 (2022) / Singles : « Patient Number 9 » (feat. Jeff Beck), « Degradation Rules » (feat. Tony Iommi), « Nothing Feels Right », « One of Those Days » (feat. Eric Clapton)
5 Albums live
Speak of the Devil (1982) – Reprises de Black Sabbath
Tribute (1987) – Hommage à Randy Rhoads
Live & Loud (1993)
Live at Budokan (2002)
Memoirs of a Madman (Live CD/DVD) (2014 – version deluxe)
Compilations principales
Ten Commandments (1990)
The Ozzman Cometh (1997)
The Essential Ozzy Osbourne (2003)
Prince of Darkness (2005 – coffret 4 CD)
Memoirs of a Madman (2014)




