CRYPTIC SHIFT : l’interview!
« Overspace and Supertime » de Cryptic Shift a été l’un des albums de metal les plus intéressants de 2026. Un album extrêmement complexe mélangeant death/tech et envolées jazz. Nous avons rencontré le groupe lors de leur passage à Rock In Bourlon.
Votre nouvel album sonne très death/tech. Les groupes n’aiment généralement guère les étiquettes mais vous considérez-vous vous-même comme un groupe death/tech ?
Oui. Ce que nous faisons est incontestablement du death/tech même si nous ne nous limitons pas à ce genre. A l’intérieur du groupe nous avons des goûts musicaux différents et n’écoutons d’ailleurs pas que du metal. Nous aimons beaucoup les groupes shoe-gaze par exemple, notamment My Bloody Valentine. Et si nous adorons le death/tech, nous ne voulons pas n’être que technique comme certains groupes de ce genre musical peuvent parfois l’être.
ll n’y a d’ailleurs jamais chez vous ce côté qu’ont parfois les groupes death/tech à vouloir épater l’auditeur.
Parce que nous écrivons des chansons. Ce sont certes des chansons complexes mais cela reste des chansons.
J’imagine qu’un groupe comme Death a dû être très important pour vous ?
Absolument. Death était un groupe très aventureux et extrêmement novateur. De voir qu’il y avait des groupes de death/metal comme eux qui pouvaient amener la musique vers d’autres horizons a été une source d’inspiration pour nous.
Votre musique est extrêmement aventureuse. Vous voulez emmener l’auditeur le plus loin possible ?
C’est exactement ce que nous voulons. Nous sommes fans de films de SF. Ce genre cinématographique nourrit Cryptic Shift. C’est l’une de nos sources d’inspiration principales. Nous voulons produire une musique qui soit cinématique. On compose une musique qui est faite pour voyager, comme les films de SF te permettent de voyager.
C’est la raison pour laquelle vos morceaux sont longs ?
Exactement. Par rapport à ce que nous produisons il est quasi impossible de faire des titres courts. Mais le but n’est pas de faire des morceaux longs pour les faire longs.
Lorsque l’on sent que le titre est bouclé on l’arrête. La musique c’est comme le cinéma : lorsque tu vas voir « Le Seigneur des Anneaux » tu veux avoir la version longue.
Lorsque tu vas voir un film d’action tu veux voir quelque chose de speed et de direct.
Un album de 80 minutes avec seulement cinq morceaux c’est osé.
Pour nous ça ne l’est pas. C’est naturel. Les albums de jazz avaient cette durée avec parfois un ou deux morceaux. Nous sommes entrés dans une période où tout va très vite mais il y a encore heureusement des gens qui se donnent la peine d’écouter de vraies œuvres.
Comment un aussi gros label que Metal Blade a pu signer un projet aussi aventureux ?
Nous sommes très très heureux d’avoir signé chez un label aussi prestigieux. Il y a des tas de groupes dont nous sommes fans qui sont ou ont été chez eux.
Ce qui est cool c’est que le label nous a donné toute liberté. Ils ne nous ont pas dit de faire plus court ou je ne sais quoi. De toutes façons nous n’aurions pas su faire.
C’est hyper ambitieux en 2026 de sortir des morceaux comme « Stratocumulus Evergaol » long de trente minutes.
Mais parce que le titre veut cette durée. Il y a différents passages dans ce morceau, un thrash, un autre presque doom. Nous ne l’avons pas étiré pour l’étirer mais parce que la structure du titre amenait à ses trente minutes.
Ce côté technique et expérimental vous fait-il sentir proche du jazz ?
D’une certaine manière, oui. Nous en écoutons effectivement et aimons la liberté que tu trouves dans le jazz.
Les histoires que vous contez semblent tout aussi importantes que la musique ?
Elles le sont. Nous écrivons quelque chose qui est un concept-total. Le lien entre la narration et la musique est primordiale. Nous avons des fans qui se penchent sur les paroles et nous demandent si nous avons voulu exprimer ceci ou cela. Nous trouvons cette approche très intéressante.
Vous avez pas mal tourné cette année. Vous allez encore donner de nombreux concerts cette année et l’année prochaine ?
Oui. Nous adorons tourner. Cela a été un plaisir de jouer en Europe et aux Etats-Unis. Nous aimons le studio mais les concerts sont tout aussi importants pour nous.



