Critical Pint, la fureur de vivre 100 % Loud rock. Interview!
Critical Pint naît en 2017, lorsque Tom Depoorter, Maxime Héraut, Thibaut Mazuir et Alex Palmier se rencontrent avec l’envie dévorante de concevoir un rock énergique aux influences de Foo Fighters, Clutch ou Rival Sons. Après avoir distillé son Loud Rock dans les bars des bassins Aixois et Chambérien et auto-produit leur premier EP « Just A Drop », Critical Pint enregistre leur premier album « Thirst of All », signé alors chez le label M&O France. C’est un long projet à l’instar des paroles de AC/DC « It’s a long way to the top if you wanna rock’n roll ! » Thibaut Mazuir, le bassiste, et Tom Depoorter, le batteur, du groupe Critical Pint confient à ATL l’expérience de leur tout premier LP, sorti le 21 avril dernier.

ATL : « Thirst of All » représente votre premier album signé chez M&O. Est-ce un appel à la beuverie ou à la bière ?!
Thibaut : Pas du tout. Ce n’est clairement pas un appel à la beuverie ! C’est un mélange subtil entre un jeu de mots et quelque chose d’important pour nous. En effet, nous avons nous-mêmes soif de tout : on a envie d’aller jusqu’au bout de notre projet, jusque là où il pourra nous mener. Et c’est comme ça qu’on voit aussi notre musique. Le rock est souvent allié à la bière mais, pour nous, le but est de discuter de l’humain, en général, et de la vie de tous les jours mais toujours avec une note à la fois simpliste et humoristique.
ATL : Donc, c’est un titre qui fait référence à l’optimisme !
Tom : On cherche plutôt à parler de l’humain. Pour nous, avoir la soif de tout, c’est avoir la soif de vivre. La vie est caractérisée par nos réactions, notre manière d’être et nous traitons donc ce sujet-là dans cet album.
ATL : Cet album est justement le fruit d’un long projet aidé par une cagnotte et des amis. Pouvez-vous nous raconter plus en détail ?
Thibaut : On a commencé à concevoir cet album au tout début de la naissance du groupe. Pour refaire l’historique, on a sorti notre premier EP six titres en 2018 (Ndr : « Welcome to Hell », classé TOP 5 des France Metal Awards 2019). Il a constitué notre première expérience en studio. Après on a ressorti un second single « Good Stuff » en 2021. Puis, nous est venue l’idée de créer notre tout premier album qui regroupe, en fait, huit morceaux que l’on a composés depuis presque 5-6 ans. On a eu le temps de le peaufiner, de l’expérimenter en live.
Voilà, on voulait concentrer toutes ses compositions sur celui-ci. C’est un long projet qui s’étale sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Autrement dit, la réalisation de l’album lui-même dure depuis un an et demi mais les morceaux ont été composés antérieurement.
ATL : Combien de temps a duré la partie enregistrement en studio pour ces onze titres ?
Thibaut : Cela a duré une semaine dans un studio situé à Chambéry.
ATL : Quelles ont été les sources d’inspiration d’écriture et de composition pour cet album ?
Thibaut : On a voulu parler des réactions des êtres humains, c’est-à-dire nos manières de réagir par rapport à une situation donnée. Dans la vie, on peut être confrontés à plein de situations différentes. Donc, on a voulu parler de nos réactions. C’est ça, l’inspiration de nos textes. Quand on parle d’inspiration musicale, on a, chacun, notre historique de style musical. Chaque musicien va venir ajouter sa facette, son style dans la composition. Pour citer quelques groupes, ce serait Foo Fighters, Rival Sons, Clutch et bien sûr Led Zeppelin. Tous ces groupes font partie de notre éducation musicale. En conséquence, on retrouve ces influences dans l’écriture de notre musique. Ce sont les influences musicales de chaque musicien qui ont créé le style musical de Critical Pint.
ATL : Justement à propos d’éducation musicale, avez-vous reçu une éducation musicale de la part de vos parents qui écoutaient Led Zeppelin, par exemple, voire tout autre groupe de rock ?
Thibaut : Pour ma part, c’est ça. J’ai baigné dans le rock de par mon père. Il est plus de l’école « vieux rock » et après je me suis fait ma propre culture en écoutant du metal et des groupes actuels comme Rival Sons.
Tom : J’ai des influences qui sont très variables de tous styles et, c’est vrai que le rock est venu plus tard pour moi. J’ai été bercé par le metal principalement et puis, j’ai étendu mes écoutes musicales à d’autres styles. Mes groupes favoris, c’est Foo Fighters, Vintage Caravan et, dans le metal, j’ai été bercé plutôt par le hardcore, le thrash comme Slayer, Anthrax.
ATL : Comment pourrait on dépeindre la scène rock de Chambéry et de sa région ?
Tom : On a la malchance de vivre dans une région dépourvue de salles vraiment intéressantes. En revanche, la région est très dynamique au niveau des festivals. Du coup, on a la possibilité de ratisser pas mal d’événements en Savoie, Haute-Savoie, dans l’Ain et l’Isère. Cela fait maintenant depuis quatre ou cinq ans que l’on travaille et on a une grosse culture du local avec pas mal d’artistes du coin et auprès de structures qui font pas mal de projets. Cela nous permet d’avoir accès à ces quelques rares lieux existants ici.
Thibaut : Aujourd’hui, dans le bassin local voire la région Rhône-Alpes, on a une scène rock qui commence à émerger. Elle est très qualitative avec des bars, des petites scènes comme le Brin de zinc. La scène rock / metal indépendante abrite un vivier de groupes de rock et de metal qui peuvent se produire dans la région.
ATL : La pochette évoque plutôt l’époque des années 1970, notamment par le choix des couleurs noir, violet et rose. Quelle représentation avez-vous voulue exploiter ? Quelle impression avez-vous créée sur le CD ?
Tom : Le design et le concept visuel de la pochette et du CD ont été créés par Jessica Brau. Ce que l’on avait envie de montrer à travers cette pochette, c’est de montrer des inspirations psychédéliques, le rock psyché que l’on retrouve sur bon nombre de pochettes des années 70. On a laissé aussi la graphiste travailler librement. Sur la pochette, on avait envie d’avoir un paysage psychédélique avec une montagne et un cadran juste au-dessus qui fait référence à nos onze morceaux de l’album.
Thibaut : En plus, il y a le rapprochement avec la fontaine de jouvence. Comme le nom de l’album c’est la soif de tout, c’est important d’avoir un lien de corrélation entre l’eau et la soif de tout. Il y a un point central autour duquel on retrouve quatre personnages planqués et qui sont en train de marcher en direction de cette montagne. C’est la représentation de nos quatre individualités. Finalement, au travers de ce projet, on est quatre personnalités très différentes, très espacées les unes des autres et malgré ces différences, on se dirige tous vers la même direction.
En ce qui concerne l’impression sur le CD, on a voulu créer une représentation iconique des réactions humaines : elles sont caractérisées par des personnages qui peuvent être représentés par des masques ou par des runes. À partir de cette base, on a créé un kaléidoscope de runes et d’icônes qui sont en corrélation avec nos morceaux pour retrouver ce côté un peu primitif, voire tribal.
Tom : Chacune des émotions que l’on peut retrouver dans l’humain.
ATL : Pouvez-vous illustrer, par un exemple, une émotion retranscrite dans l’une de vos chansons ? À quel masque pourrait-on la relier ?
Tom : Le titre « The Devil’s In You » est représenté par des cornes. C’est un morceau qui parle du diable que l’on possède en nous-mêmes et qui nous pousse à aller au-delà des limites, c’est-à-dire de céder à la tentation, de toujours nous pousser vers les mauvais choix. C’est ce petit diable sur l’épaule qui vous parle à l’oreille : « C’est pas le bon choix, mon gars, mais c’est là que tu vas aller ! »
ATL : Pouvez-vous nous parler d’un autre morceau comme « Shameless Shaman » ?
Thibaut : C’est un titre qui parle d’une personne, un manipulateur qui a du charisme et qui peut manipuler les gens. Il est représenté par une icône avec un trait sur la bouche pour dire que tout ce qui va être exprimé est à censurer.
ATL : De là, quel est votre morceau préféré ?
Tom : Sans hésiter « Mojo’s Working ». Parce que il y a un couplet très calme et un refrain assez épique avec un super travail de chœurs et avec un passage metal que j’adore jouer sur scène. C’est le morceau dont je prends le plus de plaisir à jouer sur scène.
Thibaut : Pour moi, c’est « Stuck in a Loop ». C’est un morceau qui m’a beaucoup chamboulé, un morceau lié à mon histoire. Je le trouve un petit peu différent de ce qu’on a pu proposer dans le répertoire de l’album. Il est plus inquiétant mais en même temps il est aussi plus personnel. Ce morceau relate le fait d’être coincé dans son quotidien, d’avoir cet aspect de récurrence dans sa vie. Personnellement, dans plusieurs moments de mon existence, je me suis retrouvé confronté à ça.
A force de répétitions, on finit par avoir des œillères, on continue toujours de répéter ses actions même si elles nous créent des désagréments, du malheur et des émotions négatives. Petit à petit, on finit par s’enfoncer dans un schéma répétitif et qui tourne en boucle constamment. On n’arrive pas à s’en sortir. Il faut donc une impulsion, un moteur qui permette de briser ces schémas répétitifs.
ATL : Pour un premier véritable album, quelles leçons en tirez-vous ? Quels conseils donneriez-vous à de futurs groupes ?
Tom : L’enregistrement de l’album, du premier jour jusqu’à la validation de l’enregistrement, le mix et le mastering a été fatigant. J’ai vécu ça comme un marathon : c’est éprouvant physiquement et mentalement car on est investis continuellement ! On est très exigeants envers nous-mêmes pour la qualité. Mais finalement c’est une superbe expérience !
Thibaut : Je pense que c’est une grosse aventure humaine. Avant même de réussir à sortir un projet, il faut réussir à mettre d’accord plusieurs personnes, plusieurs personnalités et plusieurs envies. C’est déjà le premier défi d’un groupe avant même de parler d’un projet. Quand ce défi est gagné, c’est un vrai cadeau. Parce qu’au final on peut faire beaucoup de choses avec beaucoup de soutien entre nous et envers les autres. De plus, on crée des relations vraiment très fortes. C’est ça le plus important, au final, réussir à communiquer ce que nous avons envie de communiquer. Au travers de nos textes et de notre musique.
Cela permet aussi d’avoir la chance de pouvoir de vivre des moments rares, uniques et surtout de partager. Un conseil à donner? Je ne pense pas qu’on ait suffisamment de recul pour pouvoir se permettre de conseiller des gens. Je dirais qu’il faut surtout, à un moment donné, créer les efforts au bon moment pour sortir un projet intéressant et lâcher suffisamment prise pour exprimer les choses de manière libre.
ATL : Voilà qui est clairement dit. Avez-vous des projets de jouer sur scène et de passer un soir sur la scène parisienne ?
Thibaut : On travaille dessus et on est actuellement en recherche avec la volonté de pouvoir jouer. Notre but, c’est bien sûr de vendre notre album mais surtout de le pratiquer en live. On est un groupe live beaucoup plus qu’un groupe studio et, pour nous, c’est le meilleur moyen d’exprimer notre projet.


