Among The Living
Interview

Interview du groupe STRATOVARIUS

Interview du groupe STRATOVARIUS avec Timo KOTIPELTO (Chant) et Jens JOHANSSON (clavier) par Marc DUVOLLET, à l’occasion de la sortie d’Eternal leur dernier opus sortant le 11 septembre prochain.

strato

Bonjour messieurs, je suis super content de faire cette interview avec vous aujourd’hui. Cela fait deux ans que nous nous sommes vu, la dernière fois étant pour la promo de Némésis et le concert qui s’en est suivi .J’ai pas mal de questions à vous poser mais avant cela, merci de vous présenter rapidement pour les gens qui ne vous connaitraient pas encore.

Timo : Et bien je suis Timo, j’essaye de chanter dans ce groupe, et voici Jens qui lui essaye de jouer du clavier.

Jens : J’essaye juste !

Timo : Stratovarius est un groupe de power metal, je pense qu’on peut le définir comme cela qui parfois sonne très heavy et parfois sonne …

Jens : Comme du power metal mélodique

Timo : Exactement c’est ce que je voulais dire. Voila en gros notre groupe.

Et accessoirement l’un des groupes les plus anciens dans ce style.

Timo : Je crois qu’Helloween aussi peut rentrer dans cette catégorie.

Et, particularité, il ne reste plus personne du line up original dans le groupe !

Timo : Oui. Le dernier à être arrivé dans le groupe avec encore un membre original présent est Jens, et ça remonte à 20 ans ! Le groupe a évolué naturellement, musicalement parlant, mais nous, nous sommes encore là et ç ‘est ça qui compte.

Parlons donc de la tournée de Nemesis, en co headline avec Amaranthe. Quelle est votre impression au sujet du co headling ?

Jens : Globalement c’était une tournée européenne très plaisante en compagnie d’ Amaranthe car ce sont des personnes très sympas. De plus on a remplis les salles tous les soirs, ce qui est un souci en moins dans nos têtes lorsque l ‘on tourne, mais d’un coté, cela nous a vraiment donné envie de nous tirer la bourre sur scène pour donner le meilleur de nous même au public. D’ailleurs notre public et celui d’Amaranthe sont bien distincts mais je pense que certains de leurs fans ont pu apprécier notre musique et vice versa.

Timo : Ce sont des gens cools et ils ont pas mal de Hits à leur actif. Ils sont clairement en phase montante et je crois qu’ils ont déjà commencé à faire des festivals aux USA donc c’est plutôt une bonne nouvelle pour eux. Pour le co headlining, il me semble que l’on a déjà fait ca auparavant pour Hammerfall et Gamma Ray, alors que, cas inverse, nous ouvrions pour Helloween

Pensez vous que votre fan base en soit sortie grandie après cette tournée ?

Timo : C’est assez dur à dire….En festival par exemple, la donne est claire : la plupart des gens qui tombent sur nous ne nous connaissent pas donc on sait qu’on doit être à fond pour les séduire afin qu’ils aient envie de nous voir jouer lors d’un concert où on sera tête d’affiche

 


 

stratovarius

 


 

Parlons un peu de l’album à présent ! Même si cet opus sonne différemment de Némésis, est ce toujours Matias qui a fait le gros du boulot ?

Timo : Matias a compose 4 chansons sur cet opus, Jens 2 ou 3….Tout le monde a composé en fait!Il est vrai que Matias a beaucoup travaillé sur les arrangements de toutes chansons

Aviez-vous des directions particulières à suivre avant de commencer la composition ? Par exemple, vous êtes vous dis «  tiens on va faire la moitié des chansons qui sonnent contemporaine et une seconde moitié de l’album qui sonnera quand l’ancienne période du groupe. » ?

Timo : Non pas du tout. Je pense que c’est impossible de s’asseoir tous à une table et se dire «  ok, maintenant on va composer un hit ».Ca ne fonctionne pas comme ça pour nous et je doute que cela fonctionne pour qui que ce soit. On fait la musique qu’on a envie de faire, une musique qui nous plait avant tout, et si en plus cela plait au public, c’est parfait. Il est vrai que sur cet album, il y a une certaine variation entre d une part des sons « traditionnels » pour Stratovarius et d’autre part des choses plus modernes…Mais c’est arrivé comme ça car tout le monde a composé et chacun a sa sensibilité…

(Jens se lève, change de place pour quitter le canapé sur lequel il est assis avec Timo au profit d’un fauteuil)

Jens : Désolé je prends le fauteuil le plus confortable.

Timo (rire) : Bravo, belle mentalité !

Jens : Bon ok il n’est pas si confortable que ca tout bien considéré

(Timo en profite pour s’allonger sur le sofa)

Ok, Timo tu as l’air à l’aise, commençons ta thérapie !

Timo : On a trop bu hier dans le bar situé juste en bar et on n’a pas assez dormi, mais qu’importe, on est content d’être à Paris aujourd’hui !

Jens : Le vin était très bon, de même que le Coca Cola qui est une boisson typiquement française !

Ou pas…

Jens (rire) : Oui, pas du tout même.

 


 

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Diriez-vous que j’ai tort si je vous dis que je trouve le son des claviers un peu différent de celui de Némésis ?

Jens : Oui et non. Dans Némésis, je me suis permis plus de « fantaisies » au niveau de mon son, en essayant des choses vraiment étranges. Après, je n’ai pas vraiment cherché à avoir un son différent dans Eternal, c’est venu comme ça, en essayant de nouveaux software pour mes claviers ou en achetant un nouveau clavier et en trifouillant les boutons. Le son évolue de lui même.

Travaillez-vous toujours de la même manière ?

Jens : Oui, depuis 2008 nous travaillons de la même manière, à savoir que chacun se ramène avec ses compos, on met tout sur la table et on avise de ce qu’on garde, ce que l’on jette, ce qu’on modifie…

Et justement, vous jetez beaucoup de choses ?

Timo : Oui assez je dois dire. Surtout si on fait le comparatif entre le choix définitif et il y a 6 mois. J’avais fait une démo qui a volé en éclat (rire) .Parfois on met juste de coté les choses car même si la chanson n’est pas parfaite, il y a une mélodie, un riff, qui est pas mal, et donc, tout ça peut être retravaillé par la suite.

Donc en réalité, tout n’est jamais perdu pour toujours ?

Timo : Cela dépend, des fois on fait vraiment n importe quoi et on jette sans regret.

Jens : Parfois on fait des trucs cool et on se rend compte à un moment que ça ressemble vraiment trop à ce qu’a fait un autre groupe bien avant nous donc on jette.

Timo : Il y a cette sorte de malédiction de la mélodie que tu mets de coté car tu n’en veux pas, mais ce n’est pas suffisamment mauvais pour être jeté, il y a un certain potentiel, et d’années en années, quand tu composes, tu refais cette même mélodie, plus ou moins, et tu te dis «  mais vas-tu enfin sortir de ma tête ? ». Donc tu apprends à faire avec et tu travailles dessus de manière à ce que ce soit suffisamment bon pour être utilisé sur l’album.

Combien de temps avez vous mis pour composer et enregistré cet album ?

Timo : Je n’ai pas exactement les dates en tête, ni mon smartphone sous les yeux mais, je dirais 3 mois.

Est-ce encore Matias qui s’est occupé de la partie enregistrement, comme sur Némésis ?

Jens : Il a enregistré la guitare, la basse et la batterie dans son studio. De mon coté j’ai enregistré les claviers dans mon studio et Timo a enregistré les voix chez lui. Ce qui explique que tout cela soit allé assez rapidement.

Est-ce important pour vois d’enregistrer rapidement ? Est ce une manière de rester concentré ?

Jens : Pas du tout, pour cet album comme pour les précédents, c’est toujours un sacré bordel ! Chaotique même ! Et j ajouterais que cet album, niveau organisation, est le plus chaotique de tous. On se retrouvait vite avec des milliers de fichiers, à ne plus savoir quoi n faire, où étaient les fichiers dont nous avions besoin…

Timo : Je pense que si enregistrer un album était aussi facile que de marcher dans un parc, tout le monde le ferait, mais ce n’est pas le cas. C’est une aventure folle et douloureuse et nous sommes à chaque fois assez fous pour la faire ! C’est dur physiquement mais aussi mentalement ! Après des semaines d’enregistrement, on sort dehors et on redécouvre le soleil.

J’aurais naïvement pensé que le fait que vous soyez tous les deux des musiciens chevronnés aiderait à faire les choses dans le bon ordre…

Timo : Faire de la musique, c’est faire cohabiter plusieurs artistes ensemble et ce n’est jamais facile car chacun a ses idées, chacun travaille simultanément, et quand un son fait l unanimité il faut bosser sur les arrangements et c’est encore beaucoup de discussions, et enfin quand on a tout ça on incorpore les paroles….Je vois où tu veux en venir car Jens et mois avons tous les deux travaillé sur énormément d’album, pas que Stratovarius d’ailleurs, et tous les albums sur lesquels nous avons travaillés sont à la fois tous pareils et tous différents…

C’est peut être aussi à cause de l’arrivée du numérique, qui ne vous contraint plus a rester tous ensemble dans le même studio, durant un temps donné, à avoir une deadline serrée car le studio coute cher, et donc vous êtes un brin plus concentrés à la tache….

Jens : Il y a des plus et des moins .Certes, le numérique permets de nous envoyer des fichiers rapidement a l’autre bout de la terre, via Dropbox ou équivalent et c’est forcement plus rapide que de s’envoyer un CD par la poste, mais en même temps cela a coupé les relations humaines qu’on pouvait avoir avant en étant tous dans le même studio et en discutant tous instantanément d’une chanson ou d un souci.

Timo : Si je peux me permettre de rajouter quelque chose, je dirais qu’on a du avoir une bonne dose de courage et de joie pour faire cet album. On a sué sang et eau pour y parvenir. Bon ok, on a pas versé de goutte de sang…et tout bien continué, on a pas réellement transpiré (Jens rigole), mais tu vois ce que je veux dire. Si on n’avait pas le cœur à ce qu on fait, on aurait fait un disque de Happy Pop ou équivalent.

De toute façon, ne faut-il pas être obligatoirement joyeux pour faire de la musique joyeuse ? Faire du happy métal si on est dépressif, ça peut néanmoins donner quelque chose d’intéressant…

Timo : Le fait est que nous sommes Scandinave doit jouer car nous sommes déjà des gens dépressifs et névrosés à la base, donc faire de la musique joyeuse doit être pour nous une sorte de thérapie pour notre bon équilibre mental (rires).

Jens : Faire de la « Happy musique » avec des textes dark, c’est particulièrement curieux aussi. Tu vois ce groupe, Evergrey , j’ai eu l’occasion de voir les titres de leur setlist lors d’un festival pour lequel nos deux groupes jouaient .Tous les titres ressemblent à «  Shadow in the dark » , «  Death of my lost love » , etc….C’est super Dark ! Ok, leur musique est bien, mais je ne me verrais pas prendre part a un tel projet, si dark, car la vie est déjà assez triste comme ça. Idem pour les groupes de Black metal, c’est très négatif et on s’est toujours donné comme ligne blanche ce style de musique, un truc à ne pas franchir.

Parlons un peu du titre de l’album, Eternal .Quelle est la référence derrière cela : une référence à “ My eternal dream”, première chanson de cet album ? Ou bien quelque chose de plus profond ?

Timo : Je passe la main

Jens : Je ne pense pas que ce soit quelque chose d’aussi profond que cela. On se prend déjà assez la tête à faire les chansons et à leur donner un nom alors, quand vient le moment de donner un nom à l’album on est un peu à court et on trouve quelque chose mais on ne se soucie pas tellement du nom de l’album.

Timo : En plus on a cette malédiction des titres d’album à 7 lettres, depuis l’album Visions, dont on n’arrive pas à se débarrasser, mais la prochaine fois on va vraiment bosser là-dessus et on va faire 8 lettres. (Rires). D’ailleurs il y a encore deux mois on n’avait pas trouvé le nom de l’album c’est dire ! Il a fallu qu’on ait d’abord la pochette de l’album pour que cela nous inspire suffisamment pour trouver un titre.

Jens : Quelqu’un dans le groupe a proposé Genesys, mais qui voudrait comme titre d’album un nom de groupe connu ou le titre du dernier Terminator ??En plus bon Nemesis, Genesys…..Un peu répétitif…

Bah pour le prochain vous n’avez qu’à prendre Pryapism, ça sera dans la même sonorité, en plus c’est 8 lettres !

Timo : Ah, excellente idée, je garde ça en mémoire.

Vous allez faire une tournée européenne, avec deux dates en France, avec comme invité spécial Glory Hammer. Est-ce vous qui avez choisi personnellement ce groupe ?

Jens : Oui dans un sens. Tout s’est fait par email, comme souvent…

Timo : En réalité c’est notre agent qui a fait le gros du boulot. Pas mal de groupes nous ont envoyé des mails pour se proposer d’être notre première partie et notre manager à fait le tri. Il nous a ensuite proposé une liste de groupe à invalider et Glory Hammer faisait partie de la petite liste des groupes pour lesquels nous n’avons pas dit « non ».

Comment passez-vous votre temps libre lorsque vous êtes sur la route ?

Jens : Regarder des films, lire, s’occuper, et dormir le plus possible bien sur

Timo : J’essaye de faire du sport autant que je peux, c’est important de garder la forme, un équilibre quand je suis en tournée. Contrairement à beaucoup, je n’arrive pas du tout à composer quand je suis en tournée.

En même temps si tu appelles ton prochain album Pryapism, tu vas pouvoir te permettre certaines légèretés au niveau des textes ! Pourquoi pas un duo avec Steel Panther ?

Timo : Ah oui c’est vrai ! (rires)

Jens : Tu sais que Steel Panther font office de petits garçons comparé au second groupe de Till Linderman, le chanteur de Rammstein ? J’ai rarement entendu des paroles aussi salaces !

Comment décririez-vous le futur de Stratovarius en deux mots ?

Jens : Glorieux !

Timo : Éternel ! Merde je voulais dire glorieux mais tu m’as ôté le mot de la bouche !


 

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