Among The Living
Interview

Interview de Nils Courbaron

Interview de Nils Courbaron réalisée le 6 avril 2024 lors de la soirée/concert de Blvd Of Eyes au HARD ROCK CAFE Paris.



Bloodorn, le nouveau groupe de power metal mené par le guitariste de Sirenia, Nils Courbaron, sort son premier album « Let The Fury Rise » le 24 mai 2024 via Reaper Entertainment et enregistré au studio Vamacara. Il se forme en 2020 pendant la pandémie.

Lors du premier confinement, Nils travaille sur quelques idées alliant power metal et metal extrême. Il entre en contact avec le chanteur Mike Livas (Silent Winter), le bassiste Francesco Saverio Ferraro (Freedom Call) et le batteur Michael Brush (Sirenia) qui tombent amoureux des démos et de ce style original. C’est ainsi que débute l’aventure Bloodorn. Le nom Bloodorn est un jeu de mots sur la méthode de torture utilisée par les Vikings : ‘Blôdörn’ plus connu sous le nom de ‘Blood Eagle’ et ‘Blood’. Dans l’univers du groupe, le « bloodorn » est comme un faucheur, un monstre prêt à tuer et à détruire tout ce qui se trouve sur son passage, les membres du groupe et les fans son armée. Bloodorn parle de la lutte contre l’oppression, l’autorité et la tyrannie, mais aussi du dark gothic fantasy, des cultes de l’ombre, de la guerre, de la force intérieure, de l’honneur, de la mythologie nordique, également de quelques références aux jeux vidéo. Tous ces concepts sont renforcés par l’image du groupe. Formé par des musiciens expérimentés de la scène power metal, Bloodorn est prêt à envahir la scène et à défendre son nouvel album !

Among The Living : Nils, tu réalises trois projets musicaux en même temps : un dans Sirenia, un autre dans Bloodorn et dernièrement tu es aussi guitariste au sein du groupe Blvd of Eyes. Quel est au fond le projet qui te convient le mieux ?

Nils : ce soir je fais une session : c’est Alexandre Saba qui m’a demandé de faire un remplacement de guitariste sur Blvd of Eyes. Mon autre groupe s’appelle Dropdead Chaos. C’est un collectif qui a été formé pendant la période du Covid pour aider les soignants à s’équiper et c’est devenu un temps complet. Bloodorn est un groupe que j’ai créé. J’ai rejoint Sirenia en tournée en 2017.
C’est un groupe que j’avais découvert dans le premier magazine de hard rock/metal que j’avais acheté à 11 ans. Mais Bloodorn, c’est vraiment mon bébé ! C’est un projet que j’avais en tête depuis des années, juste avant la pandémie.
Le fait de tourner avec Sirenia et aussi le fait d’avoir rencontré HK l’ingénieur du mix, mastering (Vamacara Studio) et d’autres gens m’ont conduit à créer ce projet. En 2019, je me suis dit que j’avais tous les bagages pour me lancer dans ce projet qui me tenait à cœur.

Et avec Sirenia, c’est un côté gothique norvégien qui t’attirait ? As-tu eu une expérience de vie en Norvège ?

Nils : non, pas du tout. En réalité, je suis parti en tournée avec Tank en 2015 et on a sympathisé avec la fille qui s’occupait du merchandising. Je rentre de tournée un peu avant Noël et je reçois un coup de fil de Johann Cadot (Sirenia) qui a participé, par ailleurs, à l’écriture des morceaux de Bloodorn. Il m’a proposé de venir en tournée avec eux.
De fil en aiguille, j’ai rencontré Sirenia qui m’ont demandé de faire une tournée avec eux. Depuis 2017, cela s’est tellement bien passé qu’ils m’ont gardé ! Je tourne régulièrement avec Sirenia. J’adore et je trouve qu’ils ont fait un travail énorme et formidable sur leurs quatre derniers albums. Mais à la base, je suis un grand fan de Rapsody of Fire, Helloween, Beat In Black.

Ce sont pourtant des styles musicaux différents. Qu’est-ce qui te fait vraiment vibrer ?

Nils : c’est le power metal. J’ai vraiment besoin d’avoir des compos un peu chiadées pour me faire vibrer. Je suis vraiment friand de groupes comme Sepultura, par exemple.

Et avec autant de projets, est-ce que tu arrives à vivre de la musique ?

Nils : c’est une question un peu délicate, certes, mais c’est possible et pour cela, il suffit de tourner. Mais la France est un territoire particulier parce que si tu veux être musicien en France, il faut que tu sois intermittent. La France est un des pays les plus taxés.
Si tu veux devenir intermittent du spectacle, il faut que tu changes de régime de sécurité sociale mais il faut une sacrée paire de baloches pour faire le changement d’un régime général à celui d’intermittent du spectacle car c’est un vrai casse-tête administratif, c’est un vrai merdier !
Aujourd’hui, je vis grâce à la musique. Pour être tout à fait transparent, j’ai quitté mon métier d’infirmier car c’est un métier de vocation, ce n’est pas un métier pour gagner sa croûte. Donc, j’étais infirmier pendant plus de six ans mais comme j’avais tellement de projets musicaux, cela devenait trop compliqué de gérer les deux.  Mais le fait de pratiquer les deux métiers était devenu très compliqué par rapport aux impôts, par rapport au système.

Comment as-tu réalisé ton casting pour recruter tes musiciens actuels ? Au chant, on a Mike Livas, à la basse, Francesco Saverio Ferraro et à la batterie Michael Brush.

Nils : pour être honnête, je pense que le power metal ou le heavy metal ne représente pas la musique principale en France. J’ai donné plus de concerts à l’international, en Europe et j’ai pris la décision de choisir des noms connus comme, par exemple, Mike Livas qui a un timbre très particulier que je recherchais. Pour Francesco, je suis admirateur de son groupe et c’est un mec adorable et, enfin, le batteur Michael est dans Sirenia. Les choses se sont faites assez naturellement.

As-tu fait le bilan de tes sorties de singles dont « Under The Secret Sign » en février 2024 et en mars 2024 avec « Bloodorn »?

Nils : Reapper est un label géré par des anciens de Nuclear Blast qui font des choses de manière hyper professionnelle et très cool. Comme je suis bosseur, cette combinaison de gens motivés permet de réaliser du bon travail. Avec « Bloodorn », je suis à plus de 100 000 vues en dix jours. C’était ma stratégie : je ne voulais pas annoncer de singles tant que je n’étais pas sûr d’un label qui me lance sur les bons rails. Cela a l’air de fonctionner et je suis très content. Pour tourner le dernier clip, je suis allé à Florence. Ça cartonne sévère !


Ton dernier album a été confectionné au studio Vamacara de Nico HK qui détient le pouvoir magique de mixer les sons.

Nils : je l’ai rencontré alors qu’il était en train de mixer l’album de Tank et je trouve qu’il a fait un travail exceptionnel. À partir de ce moment-là, je l’ai recontacté pour mon projet solo et depuis notre jour de rencontre, on travaille toujours ensemble. Durant le Covid, on a enregistré à distance chacun de son côté et par la suite, on s’est retrouvés chez HK.

Es-tu inspiré par la mythologie des pays de l’Europe du Nord ?

Nils : non, je ne suis pas un parolier même si j’ai des idées.  Je n’ai pas beaucoup lu dans ma vie car les bouquins ça me fait chier et je pense que ça me dessert maintenant car je ne suis pas un bon parolier. J’ai fait appel à Yoann qui est très bon dans ce domaine. Mes idées sont plus axées sur la société actuelle, sur les événements qui se sont déroulés durant le Covid. Cette société complètement aseptisée, en fait, cela me fout la gerbe ! Je suis plus choqué par ce manque de liberté d’expression car on ne peut plus dire quoi que ce soit sans vexer quelqu’un. En fait, j’ai juste envie de leur foutre mon pied dans la gueule à ces gens-là. Autrement dit, les paroles de Bloodorn tournent autour de la société et autour de ma répulsion sur la façon dont le monde évolue. Quand on voit ce qui se passe dans les médias ou l’omniprésence de la religion, de lavage de cerveau à la télé, en fait, tout cela me dégoûte. Par exemple, l’émission des Inconnus dans les années 80-90, aujourd’hui, il y a plein de paroles qui ne pourraient plus être prononcées. Malgré tout, il y a plein de choses que j’aime dans la vie.

On est bien d’accord, on a beaucoup moins de liberté d’expression dans ce monde aseptisé et dans les années 80, on était beaucoup plus libres. A part ça, est-ce que tu as des projets de concert avec Bloodorn ?

Nils : Tout à fait.  Bloodorn n’est pas un projet studio. C’est un groupe qui va venir briser les cervicales sur scène. J’ai juste envie de faire les choses correctement, de manière professionnelle. J’aimerais bien que le premier concert soit quelque chose qui pète. HK est notre manager. J’aimerais bien que notre premier concert annoncé soit au Hellfest, par exemple. On est un groupe en plein développement et on ne prétend pas non plus à jouer en tête d’affiche. D’autant plus que le groupe est éclaté un peu partout en Europe ! Jouer un seul concert demande trop de thunes, rien que pour payer les billets d’avion, par exemple. Donc, on envisagerait de faire une tournée et plusieurs festivals.

Nils, tu as des propositions mais tu ne réponds pas favorablement à toutes ?

Nils : en fait, cela fait longtemps que je tourne et je n’ai pas envie de voler les gens, de leur demander un cachet astronomique car ce n’est pas du tout le principe de Bloodorn.  On va faire ce qu’il faut pour lancer le groupe. D’un point de vue temps, énergie et argent, cela ne vaut pas le coup de faire un seul concert.

Pour finir cette interview qu’est-ce que tu aimerais ajouter ?

Nils : Bloodorn n’est pas un projet, un self project. On va jouer bientôt vite et très fort !


Leur premier single « Under The Secret Sign » à écouter sur toutes les plateformes de streaming : https://lnk.to/UnderTheSecretSign. Filmé en France, en Italie et en Grèce, c’est René Berthiaume (EQUILIBRIUM) qui s’est chargé de la post production.



Tracklist de “Let The Fury Rise“:
1. Overture χιϛ
2. Fear The Coming Wave
3. Under The Secret Sign
4. Rise Up Again
5. Tonight We Fight !
6. God Won’t Come
7. Forging The Future (With Our Blades)
8. Let The Fury Rise
9. Six Wounded Wolves
10. Bloodorn
11. Square Hammer (Ghost Cover)

BLOODORN online:
www.facebook.com/bloodornofficial
www.instagram.com/bloodornofficial
www.bloodorn.com


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