TRINT EASTWOOD : Interview!
L’ancien chanteur-guitariste des cultissimes Uncommonmenfrommars, Trint Eastwood revient en solo avec un formidable premier album, « Leap Of Faith ». Entretien avec ce musicien talentueux et cet homme charmant.
Cet album est ton premier album solo. Tu avais besoin d’une pause après la fin des Uncommonmenfrommars ?
Pas du tout. Avec les Unco j’avais l’impression d’être fusionné comme tu peux l’être dans « Dragonball » ou dans « SOS Fantômes ». J’avais fait un side-project acoustique en parallèle, X-TV, étant fan des MTV Unplugged.
Tous les morceaux que j’ai composé pour les Uncommon l’ont été à la guitare acoustique. Ce projet parallèle est devenu mon projet principal après la fin des Unco.
A cette époque je bossais dans une entreprise de snowboard pour payer les factures. Vu que ça se passait bien dans cette boite la guitare a commencé à prendre la poussière.
J’ai recommencé à faire des concerts, avec des titres des Unco puis j’ai sorti un EP. J’ai eu envie d’y retourner. Grâce au EP je me suis remis dans une dynamique de compos. Petit à petit dans mes concerts j’ajoutais à chaque fois de nouveaux morceaux.
A un moment donné j’avais un set de trente minutes avec uniquement des nouveaux titres. En novembre dernier j’ai enregistré l’album. J’ai tout fait en auto-production.
Le décès de ton frère a été un déclic pour te remettre à la musique ?
Absolument. On a du mal à accepter la mort mais si on accepte le fait qu’on est là aujourd’hui puis qu’on ne sera plus là demain, cela change complètement ta philosophie de vie. Il y a des états émotionnels qu’il faut accepter.
C’est inestimable d’avoir vécu de supers belles choses avec des gens qui ne sont malheureusement plus là. La musique fait du bien. Elle constitue l’un des chemins pour se sentir vivant. Quand une personne n’est plus là, tu deviens responsable de vivre pour cette personne.
Ton album est très différent de ce que faisait Uncommonmen. Il y a certes du punk skate mais aussi du grunge et de la folk.
Je suis né aux Etats-Unis et j’ai grandi avec Cat Stevens, Simon and Garfunkel, John Denver. C’étaient les vinyles que mes parents possédaient. Quand je pense à mes parents, je pense aux disques des Beatles dans leur garage.
Unco c’était une machine à quatre. Chacun y amenait ses idées, son grain de sel. En écoutant mon album j’ai été le premier surpris de comment cela sonnait.
Le grunge pour moi est la clé de voûte de tout. Au tout début des Unco mon influence principale c’était Pearl Jam. Je suis aussi grand fan de Nirvana.
As-tu conscience que Uncommenfrommars était un groupe culte ?
Cela me touche beaucoup que tu dises cela. Je suis très modestement honoré (rires).
Vous avez quand même eu droit à des albums de reprises de vous.
Cela a été une grande surprise pour nous. D’ailleurs je remercie tous ceux qui y ont participé. On a démarré Unco dans une cave dans le Nord Ardéche. Au début c’était presque grunge puis on a découvert la scène punk rock mélodique californienne avec des groupes comme No Fx.
En 2018 vous avez donné un concert après la fin du groupe devant une Warzone surbondée.
Nous nous sommes reformés spécialement pour ce concert. Le Hellfest nous a demandé de venir jouer là-bas. Ils nous ont demandé combien ça coûterait de nous avoir.
On a donné un tarif exorbitant et ils ont dit Ok. On a été du coup bien obligés de répéter. C’était un conte de fée ce concert, avec notamment une retransmission Arte.
Il y a régulièrement des rééditions de vos albums.
Oui ce sont de petites séries. Mais c’est vrai que Kicking Records garde l’esprit du rock. Quand nous avions des articles pour Unco on était très contents mais on ne réalisait pas. Pareil pour le concert au Hellfest.
Ce premier album solo est un nouveau départ pour toi ? Tu envisages une carrière ?
Oui. Tout le process depuis la perte de mon frère est un process par rapport à la santé mentale. Quand j’écris un morceau je ne peux que partager ce que j’ai vécu : la perte d’un être cher, la chance de faire de la musique avec mes filles, l’amour, skater avec mes potes…des choses vraies.
Je redéveloppe un projet à partir de zéro mais je ne pars pas de zéro. Je prends des risques mais ce sont des risques calculés.
Dans le milieu artistique tu prends forcément des risques mais cela ne me fait pas peur. Dès que j’aurai de l’argent je sortirai le disque en vinyle.
Il y a des dates à venir ?
J’ai pas mal de dates qui arrivent : à Paris, à Grenoble, à Rennes, à Orléans…
Tu as toujours été un artiste qui s’engage à fond dans ce qu’il fait.
Je ne suis pas un fan absolu de Bowie musicalement mais j’adore sa démarche artistique. Je ne crée pas un morceau avec une idée en tête. Je veux créer une émotion. Si le titre m’emmène vers un truc énervé j’y vais, s’il m’amène vers un truc minimaliste et épuré je prendrai cette direction.
Tu skates toujours autant ?
Oui je fais moins de figures qu’autrefois mais j’ai toujours autant plaisir à skater.
Il y a des morceaux politique sur le disque.
Si j’ai des choses à dire je n’hésite pas à les dire. Le titre « Trust me now » m’est venu en voyant ce qui se passe depuis la réélection de Trump aux Etats-Unis. Ce truc d’une élite très peu nombreuse qui exploite le reste du monde ce n’est juste pas possible.


