Among The Living
Interview

EARTHSIDE l’interview

EARTHSIDE

En octobre dernier les Americains de EARTHSIDE etaient  à Paris pour parler de leur dernier opus Let The Truth Speak avec une sortie annoncée pour le  17 novembre 2023.

Interview de Jérôme Krzeminska (pour Music Waves)
Photos : Stephan Birlouez


Earthside


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez marre de répondre ?

Jamie Van Dyck : « Pourquoi cet album a pris autant de temps ? » (Rires) mais peut-être souhaites-tu que nous y répondions malgré tout ?

Non mais nous avons peut-être un début de réponse. En effet, avec vos CV, vous êtes tous ce qu’on pourrait appeler des intellectuels de la musique. Est-ce que c’est le fait de réfléchir beaucoup pendant la phase de composition qui explique une si longue attente depuis votre premier album ? Faire un album de 80 minutes, c’était votre manière de rattraper le retard ?

Frank Sacramone : C’est effectivement le cas, pour le premier album, le processus de production a pris trois ans, le processus d’écriture, deux ans qu’il faut additionner parce que certaines chansons comme ‘Mob Mentality’ ont commencé à être écrites en 2009. Techniquement, il nous a fallu cinq années pour faire « A Dream in Static » et il nous a fallu deux ans et demi de plus pour faire ce nouvel album.
Mais tu as raison, ce n’est pas seulement la production qui nous prend du temps mais également écrire la musique qui nous prend trois ans : ce n’est pas juste de la composition !

En effet, vos albums sont extrêmement riches mais pour en revenir à la production, sur le précédent album, vous avez travaillé avec David Castillo connu pour ses collaborations avec Opeth ou Katatonia et Jens Bogren qui a travaillé avec… tout le monde…

Earthside : (Rires) !

En revanche, il semblerait que vous n’ayez pas reproduit la collaboration pour ce nouvel album…

Jamie : En effet, il y a plus de personnes impliquées… Cet album est un peu comme un film : il y a effectivement un producteur de l’album dans sa globalité mais nous avions choisi des producteurs exécutifs pour chaque instrument…

Mais pourquoi ne pas avoir retravaillé avec les précédents producteurs : vous n’étiez pas satisfaits du résultat ?

Jamie : Nous avions différents besoins…
Frank : En fait, nous avons eu un ingénieur qui s’est occupé des batteries et un producteur qui s’est chargé d’une grande partie des guitares, les synthés, les percussions, il nous a aidé pour le post-mixage… Nous avons découvert un nouveau producteur qui était plus proche, nous avons échangé avec Greg Thomas pour la production des guitares…

Mais n’est-ce pas paradoxal de ne plus faire appel aux plus grands alors que vous êtes désormais signés par Mascot contrairement au précédent album où vous étiez encore en autoproduction ?

Frank : Nous avons malgré tout continué à travailler avec David Castillo mais nous avons voulu travailler avec d’autres personnes : par exemple, nous avons travaillé avec Forrester Savell qui a produit « Sound Awake » de Karnivool qui est une super collaboration !
Pour cet album, il n’y avait pas que David qui était en charge de tout, nous avions pleins d’autres intervenants spécialisés.

Jamie : Effectivement, on peut parler d’une production spécialisée…



On l’a dit ce nouvel album est d’une durée de 80 minutes. A l’heure du « streaming » et des « playlists », sortir un album d’une telle densité est-il un acte de résistance ?

Jamie : (Rires) Ce n’est pas si rare dans l’industrie du metal progressif dans lequel nous sommes. Pour être franc, nous n’avons pas fait cela de façon intentionnelle. Mais pour en revenir à ta question, si c’est le cas aujourd’hui, qui sait un jour peut-être, il y aura un effet boomerang et les gens en auront marre d’écouter des « playlists » de groupes différents, de productions différents…

Je ne suis pas convaincu quand on voit à quel point les sélections faites par ses plateformes de « streaming » sont efficaces pour constituer des « playlists » cohérentes et adaptées au goût de chacun…

Jamie : C’est clair que c’est super pour découvrir de la musique…

Mais effectivement, ce n’est pas le cas pour les amateurs de musique comme nous qui ne peuvent imaginer l’écoute d’un album et notamment un album d’Earthside autrement que dans sa totalité…

Jamie : Tu as raison ! Et je pense peut-être à tort qu’à très long terme, nous allons créer quelque chose qui ira contre les modes actuelles d’écoute et les gens comme toi et moi adorons ça ! Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, nous ne faisons pas un groupe qui essaie de faire un album pour Spotify ou une quelconque plateforme de « streaming » ! Nous essayons de créer un art qui va toucher tout le monde…


earthside


Jamie, tu as déclaré sur votre site internet que « c’était brutal de faire cet album », pourquoi ?

Jamie : Dans le sens où c’était trop que ce soit au niveau des collaborations, notre ambition…

Mais c’était déjà également le cas sur le précédent album…

Jamie : Pas autant (Rires) !

Ben Shanbrom : Pour en revenir à ta question initiale où tu demandais pourquoi nous n’avions pas travaillé avec les mêmes personnes sur ce nouvel album et notamment pour la production, je dirais qu’une partie de la réponse réside dans le fait que Frank et Jamie sont aussi des producteurs et ils ont tiré bénéfice de ce qu’ils avaient appris auprès de David Castillo et Jens Bogren en la combinant avec leurs propres expériences et ainsi produire eux-mêmes cet album. Nous avons essayé de faire un album qui ne serait pas seulement aussi bien que « A Dream in Static » mais plus ambitieux encore !

Jamie : Et en plus d’être perfectionniste, nous sommes également des maniaques du contrôle. Par exemple, David est un incroyable producteur mais nous avions des goûts différents : il préférait faire les choses d’une façon différente que nous. David a fait un travail impeccable sur « A Dream in Static » mais nous voulions des choses en particulier qu’il ne nous a pas laissé faire et nous avons fait en sorte de travailler sur le mixage avec des ingénieurs qui nous laisserons faire ce que nous voulons… Encore une fois, nous avons assez appris pour savoir comment traiter tel ou tel instrument, dans telle ou telle chanson et nous avons choisi les ingénieurs en fonction de leur spécialisation et de notre volonté. Et la contrepartie de cette liberté de choisir les collaborateurs spécifiques avec lesquels nous voulions travailler pour chaque chanson a généré toute une série de micros-décisions pour organiser l’enregistrement des chansons : trouver les bonnes personnes, vont-elles accepter et si oui, quand sont-elles disponibles ?

Sans compter que ces micros-décisions sont également déclinées au niveau des chanteurs ?

Jamie : Oh mon Dieu (Rires) ! Sur le premier album, il y avait quatre invités et sur ce nouveau, il y en huit ou neuf !

Et à ce titre, avez-vous ressenti une certaine pression au moment de vous lancer dans l’écriture du successeur de « A Dream in Static » qui était un chef d’œuvre ?

Ryan Griffin : Quand est venu le temps de penser à la réaction des fans du deuxième album par rapport au premier, ces mecs -en particulier Jamie et Frank- sont de tels perfectionnistes que ce soit dans l’écriture, l’enregistrement et la production que nous avions une idée extrêmement claire de ce que nous voulions et ce que nous pensons bon pour notre musique. Nous avons un tel standard d’exigence qu’il n’y a presque pas de place pour les critiques bonnes ou mauvaises. Nous avons tellement confiance en nos exigences qu’il n’y a aucune place au fait d’avoir besoin de se fier aux attentes des fans !

Jamie : Le seul moment où une critique nous « touche » c’est quand elle a une résonnance chez nous et on se dit : « Merde, il s’en également rendu compte ! » (Rires)…

Dans le prolongement de ces certitudes, AJ Channer de Fire from the Gods est invité à poser quelques lignes de chant rap sur le titre ‘Pattern Of Rebirth’. Est-ce votre façon à vous de dire que les étiquettes en musique n’ont aucune importance ?

Jamie : Nous savons que certaines personnes vont se demander ce que fait Earthside. Mais il faut savoir que nous avons grandi avec Linkin Park et le rap metal : on se fout de tout ça et ça n’a rien de négatif pour nous !
Frank : Je ne pense pas qu’on se soucie trop des genres musicaux en revanche, on se soucie plus de comment intégrer des choses « extérieures » à notre musique !

Malgré tout, avec la musique cinématographique que vous proposez, vous êtes un groupe affilié metal progressif. Et pour cette raison, la chose la plus importante dans une telle musique est qu’elle soit fluide, cohérente malgré les différents changements, ajouts…

Frank : Exactement ! Et dans le cas présent, ce qui marche particulièrement, c’est qu’AJ ne fait pas juste rapper, à travers lui, c’est son père qui parle dans ces textes : il a grandi en faisant tous ces luttes en Jamaïque. Tous les textes de cette chanson incarnent son père et on a trouvé ça extrêmement cool… Il a amené ces influences jamaïcaines de son père et cela évoque comme cela a affecté sa relation avec sa famille : on lui a laissé carte-blanche parce que c’était sincère !

Jamie : Mais on ne force rien ! On n’entend pas autant que cela les racines jamaïcaines d’AJ dans son groupe Fire from the Gods, on l’entend plus particulièrement dans ce titre parce qu’il fait référence à son père. Mais c’était sa décision authentique, il souhaitait spécifiquement prendre cette direction.


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Il y a de nombreux invités sur cet album. A part Daniel Tompkins de TesseracT qui figurait déjà sur « A Dream in Static », comment les avez-vous choisis et ont-ils tous accepté de suite ?

Jamie : Ils n’ont pas eu le choix (Rires) ! Une nouvelle fois, sur cet album, nous nous sommes dit que certaines chansons bénéficieraient de quelque chose en plus de nous quatre. Pour être franc, nous pensions que le processus serait plus simple cette fois-ci parce que sur « A Dream in Static », nous avions eu de grands noms en termes de chanteur alors que nous étions un groupe inconnu.
C’est la raison pour laquelle j’ai l’habitude de dire que nous sommes stupides et ambitieux (Sourire). En effet, je dirais que nous étions naïfs quand nous nous sommes lancés dans ce nouvel album, nous pensions que ce serait plus facile d’obtenir des collaborateurs parce que désormais nous n’étions plus totalement inconnus.

Et ce n’était pas le cas ?

Jamie : Non, du tout…

Avez-vous essuyé des refus ?

Jamie : Certains chanteurs que nous avons contactés ont refusé parce qu’ils étaient occupés. D’autres ont accepté mais la pandémie a changé les plans et finalement, ont dû refuser… Si bien que je dirais qu’en 2020, aucun chanteur n’était encore confirmé ou peut-être un…
A cette époque, cela faisait déjà deux ans que nous enregistrions cet album -c’est-à-dire cinq depuis la sortie de « A Dream in Static »- et au bord du désespoir (Sourire), j’ai posté sur mon Facebook et j’ai reçu des milliers de retours avec des propositions de chanteurs : c’est ainsi que nous avons découvert Gennady Tkachenko-Papizh, Keturah ou encore Pritam Adhikary… Nous connaissions déjà AJ de Fire from the Gods mais on l’avait oublié et nos amis nous ont rappelé à son bon souvenir…

Tu évoques cette difficulté pour trouver des chanteurs. Je suppose que c’est une des questions qui revient sans cesse…

Jamie : Ah oui exact, celle d’avoir son propre chanteur (Rires)…

… mais vous pouvez le comprendre… En effet, même si la tournée avec Voyager n’a pas pu se faire finalement pour des raisons de santé, comment vous organisez-vous sur scène ?

Jamie : Nous avons joué à l’Euroblast, nous avons eu quelques retours qui nous disaient que ce serait mieux si nous avions un chanteur « live » plutôt que d’avoir les pistes des chanteurs qui étaient projetés sur un écran.
Les gens sont parfaitement conscients que nous ne pouvons pas tourner avec tous les chanteurs qui figurent sur l’album mais ils préféreraient malgré tout que nous ayons un chanteur pour les concerts. Je le comprends mais si nous devions avoir un chanteur pour le « live », ce dernier ne ferait rien comme les autres chanteurs présents sur les albums et il ne serait donc pas aussi bons qu’eux. Personnellement, je préfère donc écouter les pistes originales, voir les chanteurs en vidéo et que ça sonne bien et qu’ils dégagent la bonne émotion.
Encore une fois, les chanteurs présents sur les albums studios sont tellement différents, les chansons sont tellement différentes qu’il est quasiment impossible de trouver un seul chanteur capable de regrouper cette large palette de couleurs.
Enfin, nous nous considérons avant tout comme des compositeurs plutôt que des interprètes : je considère que nos albums studios fonctionnent mieux que nos concerts dans des clubs !
En revanche, le concert ultime serait d’avoir un seul énorme concert où nous pourrions convier tous les chanteurs présents sur les albums et un orchestre : notre groupe est fait pour ça plus que des concerts dans des clubs.
Mais qui sait, peut-être que pour le prochain album, nous changerons notre modèle et opter pour un qui collerait mieux aux tournées…

Tu l’as dit, chaque chanson véhicule une émotion, une couleur différente mais en procédant de la sorte, n’avez-vous jamais craint de faire perdre le fil à votre auditoire en proposant des lignes de chants aussi hétérogènes d’un morceau à l’autre ?

Jamie : Ils peuvent écouter des milliers d’autres groupes (Rires) ! Plus sérieusement, nous sommes conscients que nos albums ne sont pas à la portée de tout le monde en revanche, d’autres adorent notre démarche… Dans mon cas, quand j’écoute certains albums, les chansons et le groupe sont déments mais au bout de 10 minutes, l’écoute de l’album me lasse : j’ai l’impression d’écouter la même chanson de la première à la dernière minute de l’album…

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En effet, votre musique est très technique, recherchée, et donc réservée à un public averti et notamment sensible au style djent. Mais rajouter une dose de complexité là-dessus en changeant autant de chanteurs peut compliquer encore un peu plus la tâche au public ?

Ryan : C’est possible…

Mais vous vous en foutez !

Ben : Non mais d’une certaine façon, cela peut contribuer à élargir notre public. Mais encore une fois, je pense que le côté non conventionnel et unique d’une certaine façon de notre son vient du fait que nous mélangeons différents univers musicaux et nous poussons cette démarche jusqu’au bout en cherchant la bonne voix pour chaque chanson.

Mais nous parlons de rock, metal mais dans d’autres styles comme le hip-hop, l’électro, le rap, ce type de collaborations est courante : le meilleur exemple est Massive Attack qui a un chanteur dédié pour chaque chanson et le public adore ça…

Pour aller plus loin, je dirais qu’il faudrait que les artistes devraient encore plus collaborer dans l’univers du rock et du metal…

Frank : Je suis totalement d’accord sur le fait qu’il n’y a pas assez de collaborations : c’est très rare dans notre genre musical. Et peut-être en raison du fait que nous sommes l’un des seuls groupes à le faire, il faudra du temps que les gens acceptent notre démarche.

Jamie : Et tu parlais de fans de progressif, de djent… Nous perdons certainement des fans de djent en n’étant pas un groupe djent à proprement parler en revanche, les fans de musique classique peuvent aimer notre musique ce qui ne sera pas certainement le cas pour un groupe djent. De la même façon, ceux qui aiment les musiques de film peuvent apprécier notre musique… En clair, notre démarche nous permet de toucher différents publics.

Pour finir avec les chanteurs, on ne peut pas ne pas citer Keturah qui est une vraie découverte notamment sur le sensationnel ‘We Who Lament’… A ce propos, vous disiez avoir collaborer avec Forrester Savell qui a produit « Sound Awake » de Karnivool, vous avez conscience que ce titre avec cette voix vous rapproche plus que jamais de Karnivool ?

Jamie : Karnivool est un de nos groupes préférés et nous prenons cette comparaison comme un vrai compliment. Instrumentalement, cette chanson regroupe certains éléments chers à Karnivool.
Frank : Le son de la basse de cette chanson est produit par Forrester Savell qui contribue à cet aspect très lourd typique de Karnivool, Tool…
Jamie : Effectivement, Forrester Savell contribue énormément à ce que cette chanson ait ce côté Karnivool.

Mais à ce jour, personne n’a comparé la voix de Keturah -une chanteuse canadienne exceptionnelle- à celle Ian Kenny. En revanche, j’ai lu certains qui l’ont comparé à Fair to Midland qui a un vibrato assez prononcé et bizarre, Kethura effectivement a ce vibrato qui n’est pas typé opéra mais plutôt power metal…

Frank : C’est peut-être la façon dont sont écrites les mélodies vocales…
Jamie : … effectivement les mélodies vocales sont également très Karnivool : c’est vrai !
Quand on s’appelle Earthside, j’imagine qu’on doit être optimiste pour la planète.
Earthside : (Rires) !

Pourquoi intituler un morceau aussi fataliste que : « Watching the Earth Sink » en l’accompagnant d’une musique aussi poignante que désespérante pour notre cause ? Est-ce un rappel à l’ordre ?

Frank : Si tu écoutes la chanson finale ‘All We Knew and Ever Loved’, il n’y a aucun optimisme (Sourire)…
Jamie : Earthside n’a rien d’optimiste : nous sommes plutôt à demander de l’aide et à ce jour, c’est désespérant…

Frank : C’est bizarre parce que je suis personnellement plutôt pessimiste. Mais nous ne continuerions pas ainsi si on ne croyait plus en rien : pourquoi ne pas essayer ? Je pense que nous pouvons créer quelque chose de merveilleux mais on a le sentiment que c’est impossible. C’est la raison pour laquelle notre musique sort d’une façon si lourde…



Vous l’avez dit le grand final « All We Knew and Ever Loved » est particulièrement épique et de circonstance pour conclure un tel album. Le clip associé au morceau étant on peu plus énigmatique. Le message sous-jacent est que nous stagnons tous dans notre zone de confort, ou au contraire est-il nourri d’espoir ?

Frank : Et bien, je dirais que le thème de la vidéo n’est plein d’espoir mais il pose une question de savoir si nous -en tant que collectif d’êtres humains même si nous sommes de bonnes personnes- avons des effets négatifs sur la Terre.

Mais nous sommes extrêmement nombreux à ne pas être conscients du mal que nous faisons à notre planète…

Frank : C’est vrai ! Et finalement, pouvons-nous continuer à vivre nos vies comme nous le faisons aujourd’hui ? Est-ce que je contribue à brûler notre planète en vivant comme je le fais, en consommant … ? Cette chanson fait référence à ce sentiment profond…
Ben : Je ne sais pas si tu connais le peintre espagnol Francisco de Goya ?

Non en revanche je connais bien Travis Smith…

Jamie : Ah oui, je vois que tu as vraiment fait un super boulot…
Ben : Francisco de Goya est connu pour ses peintures noires qui évoquent sa vie et qui sont très pessimistes. Et il y en a une en particulier « Duel au gourdin » dans laquelle deux personnages se battant à coups de bateaux alors qu’ils sont enterrés probablement dans des sables mouvants. L’idée qu’on en a est que bien l’humain est en danger, il continue de se battre avec comme unique objectif, la victoire ! En clair, ils sont plus occupés à battre l’adversaire que la situation dans laquelle ils sont. Et le rythme de batterie de ce titre est inspiré de ce cas.

Et finalement quelles sont vos attentes pour cet album ?

Frank : Nos attentes ? (Rires)
Jamie : Je dirais probablement dominer le monde (Rires) !
Frank : Attente est un mot trop fort sachant que je ne suis pas certain que nous attendions que quoi que ce soit se passe. En revanche, nous espérons que cet album nous élèvera à un niveau pus haut que le premier nous a mené. Nous ne pensons pas que nous avons créé un album qu’aucun groupe n’a jamais proposé à ce jour dans le monde progressif (Rires). Nous savons pertinemment que nous sommes encore qu’un petit groupe destiné à jouer dans des petits clubs…
Ben : Non mais tu l’as très bien dit, cela prendra du temps avant que les gens acceptent notre démarche qui est différente. En revanche, nous sommes très fiers du premier album. Et nous le sommes encore plus d’avoir continué à explorer notre démarche qui est différente des autres artistes.
Jamie : Plus que de fans, je parlerais de crédibilité. Les gens qui ont aimé le premier album pouvaient se demander si ça n’allait être qu’un coup sans lendemain. Nous espérons et nous croyons que cet album non seulement répond aux standards du premier album mais les dépasse en étant encore plus spécial. Nous savons que ceux qui apprécient vraiment notre démarche trouveront cet album unique et touchant.

Nous avons commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée. Au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Jamie : C’est difficile, tu as posé de très bonnes questions…
Frank : Hum, c’est vrai…

Je vous propose d’y réfléchir et nous commencerons notre prochaine interview par cette question et sa réponse…

Jamie : C’est noté.

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