Nous avons rencontré Etienne qui nous parle du dernier LP de SHAARGHOT 


Avec la sortie de l’EP on avait noté une évolution au niveau de l’ambiance musicale plus sombre, plus dense de Shaârghot. Une évolution qui semble se confirmer avec le nouvel album. Tu es d’accord ?

C’est bien une volonté. Cet album reflète l’état d’esprit du Shaârghot. Et son état d’esprit a évolué depuis le 1er album où il découvre son univers, les bas-fonds de la cité où il vit, les endroits où il se cache. Il créé ses premiers shadows et commence un peu à sortir pour mettre le bordel. Entre temps le « Great Eyes », l’organisme qui gère la cité-ruche, réalise que le Shaârghot est toujours vivant et qu’il serait bon d’effacer les traces de cette expérience scientifique qui a mal tourné (pour rappel le Shaârghot est issu d’une expérience scientifique sur des cobayes humains).

Comme on l’a vu dans Break Your Body, un commando a été dépêché pour faire le ménage, sauf que tout ne se passe pas comme prévu. On ne se débarrasse pas comme ça des shadows. L’expédition est un échec et du coup le Shaârghot et ses shadows sortent des bas-fonds pour apporter plus de chaos dans une citée-ruche déjà bien perturbée par des tensions politiques. On est dans une ambiance de guerre civile où les populations les plus pauvres commencent à se rebeller.

Tu avais prévu dès le départ cette évolution dans l’histoire du Shaârghot ?

Cette histoire était déjà écrite depuis au moins 4 ans. J’ai une trame narrative qui peut tenir sur 4-5 albums. La fin n’est pas totalement écrite. Si besoin, j’ai des idées pour clore rapidement l’histoire, mais je me laisse une marge de manœuvre pour changer les choses. C’est prématuré d’écrire la fin tout de suite.

Concernant la construction de l’univers de Shaârghot, il est toujours en évolution ou tu as fixé les limites ?

Oui c’est toujours en évolution. Musicalement, pour cet album j’ai des influences que je n’avais pas sur le précédent. Les albums de Shaârghot sont pour moi un laboratoire d’expérience musicale. Et pour les prochains albums on n’est pas à l’abri de mélanger de nouvelles choses.

Et en ce qui concerne le côté électro de la musique, il m’a semblé plus présent également sur cet album ?

L’électro a toujours été prédominant dans l’univers musical de Shaârghot. Ce qui se passe c’est que sur cet album, on a eu plus de choix. On avait plus de matériels, là où sur le 1er album on avait des vieux samples, des bandes qu’on a craquées. C’était aussi la première fois qu’on touchait les machines. Du coup on était limité en terme de choix pour les sonorités avec le 1er album. Là on a du matos, du concret, on a pu se pencher sur les ambiances, rechercher et triturer des sons. Ces choses qui n’avaient pas été possibles sur le 1er. Ça donne sans doute un côté plus épais, plus lourd et au final c’est cohérent avec l’état d’esprit du Shaârghot.

Pour cet album vous êtes restés dans cette démarche DIY des précédentes productions ?

Shaârghot c’est complètement du Do It Yourself. C’est une volonté de ma part de vouloir tout gérer de A à Z (composition, communication…) parce que j’ai une vision à long terme du projet. Que ce soit au niveau de la musique comme de l’univers, les costumes, les décors je sais où cela va. Tout est très clair dans ma tête. Donc oui j’ai les doigts un peu partout. Après je laisse la porte ouverte aux suggestions de mes camarades, pour voir si on peut améliorer les choses, s’il y a des passages qui ne fonctionnent pas. L’idée s’est de créer un truc fun, de nous amuser.

Shaârghot – Break your body

Peux-tu nous dire comment vous allez gérer votre passage au Hellfest ? Ça fait quoi de participer à ce festival ?

 On va jouer à 11h, donc ça va être le réveille-matin d’un peu tout le monde. On a préparé une setlist « douceurs matinales ». Pour ce qui est de jouer en plein jour, on l’a déjà fait. Après tu te doutes bien que ça ne rend pas de la même façon, c’est pas la même ambiance. On joue au Temple, mais même si c’est couvert, c’est certain que les lasers, les vidéoprojecteurs on peut oublier. On va se concentrer directement sur les personnages.

Être présent à l’affiche ça fait forcément quelque chose. Pour moi c’était même le 1er festival en tant que « jeune ado ». Donc forcément je suis super content. Je pensais bien qu’on arriverait à y jouer un jour, mais pas aussi tôt. Dans ma tête je me disais que ça pouvait arriver dans 2-3 ans.

C’est vrai qu’on a l’impression qu’il n’y a pas de pause dans Shaârghot, que tout évolue très vite pour le groupe. Tu n’as pas l’impression qu’avec le groupe vous avez déjà atteint le plafond de verre de la scène métal-indus française ?

Pour la scène métal-indus française, peut-être. Mais en même temps, parmi les gens qui viennent nous voir en concert, qui nous écoutent, ils ne viennent pas de cette scène. On a du metalleux, des punks, des goths, des teufeurs et même du bobo à moustache. Au début tu te dis qu’il s’est perdu, mais au concert suivant il est encore là. On attire des publics différents qui viennent du milieu alternatif. La fan-base ne cesse d’augmenter. Notre avant dernier concert, au Gibus, c’était 230 personnes. Et le dernier au Petit Bain c’était 320 en jouant à minuit. On commence aussi à avoir des retours de Belgique, de Suisse, des Pays-Bas. En Allemagne aussi. On avait déjà fait une petite incursion il y a quelques temps et là on sent qu’il y a de nouveau un intérêt.

Le clip pour Break Your Body a pas mal joué pour nous faire connaître. L’aspect visuel est assez fort pour susciter l’intérêt des gens qui voient passer le clip sur leurs réseaux. On reste dans l’esprit des gens comme les mecs en noir qui font du post-apo.

En parlant du clip, qui devrait être visible prochainement, est-ce qu’on va en apprendre un peu plus sur les personnages du groupe ?

Sur les personnages du groupe pas trop. Par contre je veux commencer à montrer ce qu’il y a au-dessus des bas-fonds. On va commencer à voir un peu la cité, les habitants et certains personnages qui pourraient devenir récurrents dans d’autres clips. On va poser les bases de notre univers étendu. On aimerait aussi faire un court-métrage qui s’intégrerait à toute cette histoire. Et pas forcément avec les personnages du groupe ou de la musique.  Déjà avant le clip, on a une petite partie court-métrage. Mais on a très envie de développer une histoire de cet univers durant 15 minutes.

On a encore un peu de contenu vidéo à faire. Un de live, ça fait longtemps qu’on n’a pas proposé une vidéo live récente. Et puis les gens sont assez curieux de voir la façon dont on créait nos clips, on va peut-être faire un peu de making-of ou d’interviews où on explique la façon dont on fait les clips, comment s’est fait l’album. On fera sans doute un autre clip l’année prochaine, où un court métrage, ou les deux ! On a toujours pas mal de personnes qui sont prêtes à aider ou à participer à nos clips.

Et concernant l’exploitation de l’univers vers d’autres supports comme la BD mais aussi les jeux-vidéo ou des jeux de plateau (genre Zombicide) ou jeux de rôle?

Complètement. Tu as vu les visuels. On a toujours le projet de faire un petit comics avec l’univers de Shaârghot. Mais c’est un peu prématuré pour le moment. Je pense qu’on doit encore développer l’aspect vidéo. En plus la BD c’est un support qui demande beaucoup de temps et qui peut coûter assez cher.

Concernant les autres supports, bien sûr c’est possible. D’autant que je joue régulièrement à Zombicide par exemple. On pourrait très bien adapter notre univers pour un jeu de rôle ou un petit jeu vidéo. L’univers s’y prête très bien.

Il y a assez peu de remixes de Shaârghot. C’est une volonté ?

Jamais personne nous a vraiment demandé. Mais dernièrement on a reçu 2-3 propositions et peut-être que ça pourrait se faire. Mais je ne veux pas faire du remixe pour faire du remixe. Il faut qu’il y ait un feeling musical avec l’artiste qui va remixer. Par exemple un remixe par Sonic Area, c’est quelque chose qui me botterait bien. Je conseille fortement l’écoute de l’album Music for Ghosts, c’est une perle pour les gens qui ne connaissent pas. Et il a fait un album en collaboration avec Punish Yourself, Phenomedia. L’album n’est plus trouvable dans le commerce, mais on peut l’écouter sur YouTube, c’est une véritable baffe en matière de créativité, d’inventivité. Il s’écoute d’une seule traite, et je peux le réécouter dans la foulée sans zapper un seul titre.

 Mais entre la musique (répéter, jouer, composer), la réalisation et le montage des clips, la gestion de la page Facebook, tu arrives encore à trouver un peu de place pour vivre ?

Si la question est « est-ce que tu as un métier à côté pour t’en sortir » la réponse est plus ou moins ! Je survis en fait. Et j’aime manger des pâtes et avoir des nuits très courtes !


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