SAXON – SORTILEGE – OVERDRIVERS
Paris le Zenith – Dimanche 17 mai 2026
SAXON au Zénith de Paris : la leçon de heavy metal

OVERDRIVERS (by Pierre-Arnaud JONARD)
On débute la soirée avec les nordistes de Overdrivers. Les garçons ont la lourde tâche d’ouvrir la soirée et de convaincre l’assistance en 24 minutes chrono.
Cinq titres joués pied au plancher et la mission est accomplie. Entre AC/DC et Airbourne, Overdrivers joue un hard-rock 70’s très australien dans l’âme. C’est super bien foutu, ultra efficace et très fun : bref la meilleure manière de bien démarrer la soirée.
Jetez une oreilles sur leur dernier album Glory or Nothing pour vous faire un idée de l’énergie du groupe. Aussi bon sur album que sur scene.
SORTILEGE (by Pierre-Arnaud JONARD)
Sortilège suit et nous offre comme toujours un excellent concert. Celui-ci est composé à part égale de titres de la première heure et de morceaux plus récents. Et le mix des deux est tout simplement parfait.
On démarre par un « D’ailleurs » tiré de cette merveille qu’est « Métamorphose » qui donne d’entrée le ton.
On enchaine avec un encore plus vieux titre « Progéniture » tiré du premier mini-album du groupe (1983, ça ne nous rajeunit pas).
Zouille est en pleine forme vocale et semble très heureux d’être là. Le nouveau guitariste Michaël Zurita est brillant et remplace avec brio l’excellent guitariste qu’était Bruno Ramos qui nous a malheureusement quitté il y a tout juste un an.

On est très heureux d’entendre ensuite ce classique qu’est « Chasse le dragon » tiré du fantastique « Larmes de héros » parfois disque mal aimé des fans de Sortilège, qui ne le considèrent pas assez heavy, mais qui reste mon préféré.
« Medusa » titre du nouvel album « Le poids de l’âme » se marie parfaitement avec le style des plus vieux morceaux même si le son s’avère plus dur et plus metal.
Bonheur d’entendre ensuite « Civilisation Perdue », autre morceau de « Métamorphose », dont la version du soir s’avère superbe.
Zouille dédie « Amazone » à Bruno Ramos qui doit être fier de là-haut de voir ses amis poursuivre l’aventure Sortilège avec brio.
Et on termine par l’incontournable « Sortilège » repris en chœur par un public conquis et ravi. Du grand art. Merci Sortilège.
SAXON (By Stéphan Birlouez)
Quarante ans après Crusader, SAXON revient au Zénith de Paris avec la même foi, la même rage et une maîtrise intacte. Porté par Hell, Fire and Damnation et un hommage appuyé à Wheels Of Steel, le groupe britannique a livré une prestation impériale.
En 1984, au Zénith de Paris, SAXON venait défendre son nouvel album Crusader devant un public en fusion. Plus de quarante ans plus tard, les Anglais reviennent sur ces terres avec la même intensité, dans une salle qui résonnera encore longtemps de la ferveur unissant le groupe à son public.
Ce soir, c’est une véritable messe heavy metal qui se joue. Une célébration d’un genre que certains qualifieront de vintage, mais dont les vétérans prouvent encore, avec une facilité insolente, qu’ils tiennent la dragée haute à bien des jeunes formations.
Fort du très solide Hell, Fire and Damnation, Biff Byford et sa bande déroulent un concert d’une maîtrise totale. SAXON n’a plus rien à prouver, mais continue pourtant de donner des leçons à tout le monde.
Dotés d’un son impeccable, d’une cohésion à toute épreuve et d’une setlist dévastatrice, les Britanniques imposent leur loi à un Zénith déjà conquis.
L’aigle a atterri sur Paris — et il n’est pas venu pour faire de la figuration. Il est impérial.
Si la configuration retenue est celle du « petit Zénith », elle offre au moins un avantage majeur : une proximité précieuse avec le groupe, qui marquera durablement les chanceux présents ce soir.
La setlist est un modèle d’équilibre. L’ouverture sur Hell, Fire and Damnation plante immédiatement le décor avec une entrée en matière tranchante, avant de laisser défiler les classiques.
De Power and the Glory à The Eagle Has Landed — moment fort du show, accompagné de l’aigle illuminé descendant au-dessus du groupe — en passant par Dallas 1 PM et Heavy Metal Thunder, les fans en prennent plein les oreilles.
Madame Guillotine, elle, fait mouche à double titre : pour son élégance naturelle autant que pour son ancrage très français, sublimé par cette fameuse touche britannique.

Mais la grande particularité de cette setlist, c’est bien sûr l’interprétation intégrale de Wheels Of Steel. Et pour tout fan de la NWOBHM, c’est tout simplement immanquable.
Motorcycle Man constitue l’un des grands sommets de la soirée, déclenchant instantanément un public debout, avant l’enchaînement logique avec Stand Up and Be Counted. En guise de clin d’œil, Biff lâchera même un petit « Souuperrrrr » pour saluer l’ovation.
Le frontman impressionne toujours autant : en voix, solide, habité, il force le respect par sa capacité à tenir la barre contre vents et marées depuis tant de décennies.
Côté scène, tout fonctionne. L’aigle survole le show, les fumigènes soutiennent l’ampleur du spectacle, sans jamais verser dans le kitsch. Les vidéos en backdrop font le reste.
Musicalement, il n’y a absolument rien à redire. La patte de Paul Quinn n’est plus là, mais Brian Tatler imprime une classe folle, tandis que Doug Scarratt brille lui aussi de mille feux.
Et puis il y a cette communion permanente avec la salle : un fan envoie sa veste à patchs sur scène, Biff la récupère, la renifle, approuve d’un signe, puis l’accroche à son pied de micro.
D’autres suivront. Le symbole est simple, mais l’effet est total : ce soir, la communion entre SAXON et son public est absolue.
Le rappel, forcément, est épique. Avec Denim and Leather, Strong Arm of the Law, Crusader — hymne fédérateur repris en chœur par tout le Zénith — puis Princess of the Night, SAXON conclut sur une sortie grandiose.
Et comme si cela ne suffisait pas, Biff Byford annonce même un prochain album, déjà dans les cartons, pour janvier prochain. À 75 ans, le bonhomme a encore énormément à offrir, et SAXON n’a visiblement pas fini de nous régaler. Respect.


































































