XIXA : Le désert à Paris
Petit Bain, Paris – 25 octobre 2025

Originaire de Tucson, Arizona, XIXA débarque sur la scène parisienne comme un souffle brûlant venu du désert.
Brian Lopez et Gabriel Sullivan ont créé un son unique, mélangeant rock psychédélique, chicha péruvienne et rythmes latins, un cocktail aussi hypnotique que dangereux pour les pieds qui ne veulent pas bouger.
Chaque riff est une ligne de l’histoire d’un western imaginaire, chaque percussion un écho des nuits étoilées d’Arizona.
Le duo transforme les influences de Calexico et Giant Sand en un voyage mystique, où la guitare est reine et la basse, le guide.
XIXA n’est pas qu’un groupe, c’est une expérience, un rite sonore où le temps semble suspendu et où la salle devient désert.
De Chicha Dust à l’épopée XIXA
Avant de s’appeler XIXA, le groupe se nommait Chicha Dust, et reprenait des morceaux de cumbia et de chicha pour le simple plaisir de faire danser.
Mais Lopez et Sullivan avaient d’autres ambitions : créer leurs propres paysages sonores, des étendues désertiques peuplées de mythes et de guitares saturées.
Bloodline (2016) posait les fondations, Genesis (2021) explorait des horizons narratifs plus vastes, et XOLO (2025) plongeait dans le Mexique mystique, guidé par le Xoloitzcuintli, chien mythique du Mictlán.
Chaque album est un chapitre de leur légende, chaque concert une relecture de ces histoires où psychédélisme, folklore et rock se mélangent comme un cocktail explosif.
Le concert démarre avec Eclipse, riffs étirés et basse profonde, instantanément hypnotique. Genesis of Gaea évoque un western psychédélique, guitares traînantes et percussions cliquetantes dessinant des dunes de sable imaginaires.
La danza de los jaguares amène la cumbia dans ce désert psyché, invitant le public à bouger malgré la concentration hypnotique imposée par le groupe.
Le rappel avec Bloodline devient un rituel, un moment où le temps suspend son vol et où le public devient complice.
Tombstone Rashomon, final épique, conclut le voyage : sortie du tunnel sonore vers une lumière chaude et brûlante, avec l’impression d’avoir traversé un monde parallèle.
XIXA ne se contente pas de jouer, ils transportent le public dans leur univers, transformant chaque note en paysage sonore.
Les guitares de Brian Lopez alternent entre riffs saturés et arpèges planants, créant à la fois tension et légèreté, tandis que Gabriel Sullivan distille des lignes mélodiques qui semblent dialoguer avec le désert lui-même.
La section rythmique, basse et batterie, est hypnotique : les percussions martèlent comme des pas sur le sable chaud, la basse vibre et résonne dans chaque os, soutenant des crescendos à couper le souffle.
Les claviers et synthés, subtils mais essentiels, ajoutent des textures quasi cinématographiques, amplifiant l’impression d’un voyage mystique.
Chaque musicien joue avec une précision millimétrée, mais sans jamais perdre la spontanéité et l’énergie brute du live.
Les transitions entre morceaux sont naturelles, fluides, comme si le groupe racontait une seule et longue histoire, et les silences entre les notes sont autant de respirations qui captivent l’audience.
Le Petit Bain, intimiste et flottant, devient alors une scène où chaque vibration, chaque inflexion, chaque regard échangé entre les membres et le public prend une dimension presque sacrée.
Chaque soir, XIXA transforme la musique en un voyage narratif, où chaque note, chaque inflexion, et chaque regard entre les musiciens raconte une histoire que le public ressent comme si elle était sienne.


