Electric WizardWolvennest
Elysee Montmartre – Paris
Vendredi 31 Mai 2019

Electric Wizard + Wolvennest


Electric Wizard, essentiel et incisif

Un œil aguerri aura certainement su reconnaître – dans toute sa particularité – la  foule de connaisseurs s’attroupant devant l’Elysée Montmartre en cette soirée de mai. S’apprêtant à acclamer une formation d’anthologie, le public féru de stoner se charge tout d’abord d’accueillir Wolvennest, ouvrant les festivités.

Aussi somptueuse que fantasmagorique, la formation belge semi-instrumentale annonce la couleur avant même de fouler la scène. Alors qu’un autel d’inspiration satanique se charge du décorum, entre crâne et forte dose d’encens digne d’une église orthodoxe, la salle baroque plonge dans une atmosphère liturgique envoûtante.

Jouant avec les codes de la magie noire sans sombrer dans les clichés du genre, Wolvennest s’inscrit dans une tendance occulte d’une justesse imparable. Leadé par la vénéneuse Sharon Shazzula depuis 2015, le groupe s’affirme à travers une pesanteur onirique. Réincarnation contemporaine de la figure de sorcière post XVIIème siècle, la chanteuse trouve le pouvoir de fondre sa voix dans les riffs ambiants avec harmonie. Au-delà de sa noirceur visuellement saisissante, Wolvennest transporte son audience dans des sphères parallèles,  tout en subtilité et ésotérisme. Expérimentale, cette formation doom teintée de black métal mérite un sérieux détour, quitte à s’égarer en chemin…




Après un intermède, place à l’illustre quatuor british mené par Jus Oborn au chant et à la guitare. Tirant leur patronyme de deux titres des débuts de Black Sabbath – à savoir Electric Funeral et The Wizard, pour les néophytes – les bien-nommés ne renient pas leurs influences tirant vers le heavy lourd et poisseux des seventies. Depuis 93’, le groupe originaire de Wimborne officie avec une sobriété absolue, plébiscitant une scène dépouillée de tout artifice. A l’arrivée comme au départ, Electric Wizard est dénué de fioritures et ne s’embarrasse d’aucune prétention.

Fort d’une imagerie résolument psychédélique inspirée de Woodstock, le groupe alterne entre lettrages gondolés et vidéos sous acides aux teintes chatoyantes. Entre sciences occultes et fumette, Electric Wizard s’exécute brillamment. Au-delà de ses caractéristiques anticonformistes et rock n’roll, la formation reste toujours pertinente, s’élevant au-dessus de toute superficialité.

« Une musique de défonce », diraient certains. Néanmoins, il n’est pas utile d’être sous substance pour s’immerger pleinement dans cette heure et demie de live stoner brut de décoffrage. Ceux que l’on considère comme l’un des plus illustres groupes de doom de leur génération n’ont pas besoin d’en faire trop pour que la mayonnaise prenne. Après une clôture sur un Funeralopolis virtuose, le quatuor s’empresse de rejoindre les coulisses avec discrétion. Electric Wizard aura délivré un périple musical aussi humble qu’immersif, que n’aurait pas renié le Prince of Darkness Ozzy !



 

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