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Interview

VOICE OF RUIN – Dr Feelgood, Paris. 21 novembre 2023

Voice of Ruin

Dr Feelgood, Paris. 21 novembre 2023


Formé en 2008, Voice of Ruin cumule plus de deux cents concerts à son actif dans le monde entier (Asie, Europe, Russie). Le quintette se compose de Randy Schaller au chant (depuis 2008), Erwin Bertschi à la basse (depuis 2010), Nicolas Haerri à la guitare (depuis 2015), Darryl Ducret à la six-cordes (depuis 2016) et enfin de Dario Biner à la batterie (depuis 2015). Avec la sortie imminente de leur quatrième album « Cold Epiphany », le groupe suisse Voice of the Ruin se déplace au Dr Feelgood pour nous parler de l’évolution transpirant dans ce dernier opus. Entre death melodic et black metal, le combo suisse a mis l’accent sur les voix et la basse.



Amongtheliving : Vous vous définissez comme un groupe de death metal avec des notes de thrash et de black metal. Selon vous, quels sont les points communs aux trois genres et quelles en sont les différences ?

Nicolas : Le point commun, c’est du metal extrême, avec batterie (NDJ : utilisation du blast par exemple), guitare saturée et chant hué. Ce qui caractérise chaque style, c’est qu’il y a plus ou moins de mélodies. Dans le Black metal, par exemple, on joue certains accords dans une gamme plus sombre (NDJ : les voix sont gutturales). Dans le death metal et surtout le death melodic, il y a beaucoup d’harmonies de guitare (NDJ : le chant/cri tire plus vers les aigus). Dans le thrash, des gammes plus galopantes et plus rapides. Je pense que c’est la même base mais avec une sensibilité différente.

Amongtheliving : Quelle évolution musicale avez-vous ajouté dans votre dernier LP qui s’intitule « Cold Epiphany » ?

Darryl : On a rajouté une touche plus metalcore et hardcore tout en conservant l’aspect death melodic et un peu black metal. La voix de notre chanteur Randy s’allie avec des rythmes à la fois plus lents mais plus prononcés, plus énervés. On s’est rendu compte que le son rendait mieux.

Nicolas : Par rapport aux albums précédents, on a voulu amener un côté plus rouleau  compresseur live qu’on avait déjà sur certains morceaux mais qu’on a décidé de pousser sur cet album-là. C’est un retour aux choses basiques avec moins de parties de guitare entremêlées et la voix est davantage mise en relief.

Amongtheliving : Le son a également évolué. Pouvez-vous nous expliquer comment s’est passé l’enregistrement ? Ce que vous avez gardé par rapport aux albums antérieurs et ce que vous avez modifié ?

Nicolas : Pour les deux précédents albums, on est partis les enregistrer à l’étranger, au Pays de Galles pour « Purge And Purify » et en Suède pour « Acheron ». Cette fois, on avait envie de faire quelque chose chez nous pour prendre le temps. J’ai produit, enregistré et mixé l’album. On a réalisé une quarantaine de démos : c’est-à-dire qu’une quarantaine de chansons ont été enregistrées et mixées.

On a décidé de sélectionner neuf chansons et on a vraiment travaillé dès le début sur les arrangements pour qu’il sonne de cette manière. De plus, on voulait que ça soit lourd avec plus de basse. Dans cet album, il fallait que les tempos soient plus lents, et donc il fallait qu’on arrange d’une certaine manière pour le faire différent des aux autres albums.

Amongtheliving : N’est-ce pas difficile de choisir neuf morceaux sur quarante ?

Nicolas : C’est difficile dans un groupe de cinq personnes quand tout le monde n’est pas d’accord. On doit voter, donner des arguments pour et contre. Au final, cela nous a permis d’avoir tout le groupe d’accord sur les neuf morceaux et non pas sur les trois ou quatre singles comme d’habitude. On est tous derrière les neuf morceaux. C’était difficile mais cela valait le coup quand même.

Amongtheliving : Quels ont été les arguments en faveur de cette décision ?

Darryl : Que ce soient ces morceaux qui représentent le groupe.

Nicolas : On a choisi les neuf meilleurs, ceux dont on savait qu’ils étaient des bangers, ceux dont on savait qu’il en ressortait quelque chose de différent des autres. Certains autres morceaux partaient trop dans une direction. Une certaine partie des morceaux qui n’entraient pas dans la veine de l’album se sont évincés d’eux-mêmes. Ce qui ressort vraiment, c’est ce qui va faire headbanger.

Amongtheliving : Justement quelle direction avez-vous choisi pour cet album ?

Darryl : On veut aller tout droit, on veut nous-mêmes headbanger !

Nicolas : Au début, ce qu’on s’était dit, c’est mid tempo, efficace, plein feu sur la voix.

Amontheliving : Et la basse aussi !

Nicolas : La basse, je l’ai mixée très fort aussi !

Amongtheliving : En ce qui concerne les paroles, vous évoquez certaines périodes noires de l’histoire, par exemple, « The Vile King ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Nicolas : Pour ce morceau-là, on était en train de réaliser les premiers modèles de voix pour définir ce que l’on voulait faire. On s’est inspiré de la série « Game of Thrones » : il y a un passage où le vilain roi brûle tout le monde et on s’est dit : « tiens, ça serait marrant d’imaginer les tranches de vie de son histoire ! » Ce n’est pas tant sur une période de l’histoire, c’est plutôt sur un archétype.
Dans l’album il y a plusieurs archétypes : le voleur, le tueur, la sorcière, le roi déchu. Cela nous permettait d’avoir des archétypes finalement assez clichés. « The Vile King » est une chanson qui parle fondamentalement de revanche.

Darryl : L’album est un petit peu moins historique que les deux précédents. Il raconte des récits de fiction.

Nicolas : « Cold Epiphany » est la chanson éponyme de l’album. On était en train de faire le bilan du groupe. C’est pour cela que cette chanson se construit sur plusieurs étapes : début à la guitare acoustique, développement et narration. Elle se place en fin de parcours parce que cela revient à faire le bilan de sa vie. C’est l’histoire d’un vieux qui regarde sa vie et qui se rend compte qu’il a raté sa vie. Mais le message de la chanson reflète le fait de porter un regard critique sur soi-même et sur son passé. À chaque fois, des archétypes qui permettent d’illustrer une situation.  Dans ce morceau, on retrouve plusieurs passages de l’album.



Amongtheliving : Donc les paroles sont orientées vers des tranches de vie. Qu’en est-il donc de « Bloody Salvation » ?

Nicolas : c’est l’histoire d’un vampire qui recherche sa proie, une chanson que Randy a écrite. Il y a bien sûr une certaine analogie, on est dans le métal donc, on parle de vampires, de sang… mais c’est surtout le récit d’un prédateur humain qui cherche des proies en soirée. Parfois on peut tomber sur une mauvaise surprise. Cette histoire a été inspirée d’un film dont je ne me rappelle plus du titre.

Amongtheliving : De quoi parle « Cyanide Stone » ?

Nicolas : c’est aussi une analogie. Cela parle de quelqu’un qui est malade et du coup il a pris l’analogie du fruit pourri c’est quelqu’un qui voit sa santé se dégrader.

Amongtheliving : Est-ce que cette chanson parle d’un vécu personnel ?

Nicolas : Oui, mais la volonté de nos textes et de laisser à chacun la possibilité d’inscrire son expérience ou de ressentir son expérience dans le morceau. On n’a jamais voulu les personnaliser.

Amongtheliving : La musique et le chant sont là pour retranscrire les émotions tout en restant discret… mais au fond, la voix ne retranscrit-elle pas mieux une émotion d’un véritable vécu ?

Darryl : Randy essaie alors de faire ressentir des émotions en endossant le rôle de divers personnages.

Amongtheliving : Donc de les jouer et de les théâtraliser. Nous sommes curieux d’avoir quelques éclaircissement sur « Unforgiven Sins » et sur « The Last Feast ».

Nicolas : C’est le premier clip de l’album : l’histoire de quelqu’un qui n’arrive pas à se pardonner à lui-même des choses horribles réalisées dans sa vie. Dans le clip, on l’a illustré par deux combattants de MMA, deux parties d’une même personne qui se battent. La personne finit alors par devenir folle. Elle n’arrive pas à trouver la paix intérieure entre une partie d’elle-même qui assume ce qui a été fait et une autre partie qui n’assume pas.

« The Last Feast » est l’histoire d’un condamné à mort qui commande son dernier repas. Mais ce dernier n’est pas si important pour lui. Il ne veut surtout ni de pardon, ni de rédemption car il sait qu’il ne le mérite pas. Voilà, la chanson fait comprendre qu’il faut assumer ses actes.
On écrit une chanson tout en gardant une certaine spontanéité. On peut aussi jeter un regard sur l’actualité, un film. Ce n’est pas le thème en lui-même qui est important, c’est son illustration.

Amontheliving : Vous avez effectué de nombreuses tournées dans le monde entier. Quels sont vos meilleurs souvenirs de concerts ?

Nicolas : Franchement j’ai toujours gardé un souvenir impressionnant du Népal. Quand on nous a annoncé qu’on allait jouer là-bas, on ignorait qu’il y avait une scène aussi grosse. Il y avait 3000 personnes et c’était vraiment un super concert. J’ai également un super souvenir du Ferrailleur à Nantes. Le festival en Bulgarie aussi, cela nous a permis de découvrir aussi le pays. Enfin, la République Tchèque.

Darryl : Celui que j’ai préféré c’est Metaldays, à Tolmin en Slovénie : une fois, on a joué sur la petite scène et une autre fois sur la grande. J’ai préféré la petite scène pour les conditions pour jouer et pour le public, même si c’est cool et prestigieux de jouer sur la grande. De plus, on a joué tard le soir sur la petite scène, vers 22h30, on était le seul groupe à rester jouer. Il y avait du monde sans que ce soit la folie.

Amongtheliving : Pour conclure cette interview, avez-vous des projets de concerts ?

Nicolas : L’été 2024, on prévoit de participer à des festiivals en France et en Allemagne, ainsi qu’une tournée en France.



Tracklist de l’album « Cold Epiphany », sorti le 1er décembre 2023

1.Prelude To A Dark Age
2.I – The Vile Kings
3.Bloody Salvation
4.Deathstar Rising
5.Unforgiven Sins
6.The Last Feast
7.Cyanide Stone
8.Dreadful Tears
9.Lustful Gaze
10.Cold Epiphany

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