Among The Living
Live Report

HERMANO + SOLACE @La Maroquinerie, Paris

HERMANO + SOLACE

La Maroquinerie, Paris. 7 mai 2026

Remerciements à Garmombozia

Texte et photos par Martine Varago


Hermano


C’est Garmonbozia qui présente ce soir deux groupes américains de stoner rock : Solace du New Jersey et Hermano avec le très attendu John Garcia de Kyuss, groupe légendaire du genre né aux portes du désert californien.
C’est là qu’émergent les generator parties, immenses fêtes organisées au cœur du désert. La légende raconte que Josh Homme, fondateur de Kyuss, et Tony Iommi de Black Sabbath se seraient rencontrés dans le désert de Mojave lors d’une de ces soirées alimentées par générateurs. De cette fusion naît un son qui contribuera à façonner le desert rock.

Solace nous entraîne au cœur du desert rock

Dès 20 heures, les fumigènes commencent à envahir la salle de la Maroquinerie. Solace, quintet originaire d’Asbury Park dans le New Jersey, est formé en 1996. Bien que souvent catalogué comme groupe de stoner, l’avis du seul membre fondateur, le guitariste Tommy Southard (ex-Godspeed), diffère :

“We’re not a stoner band, we’re a rock ’n’ roll band — a hard rock band, a metal band.”

Après de nombreux changements de line-up, notamment derrière les fûts ainsi qu’au niveau des labels, aujourd’hui signé chez Funeral Records, le groupe se stabilise autour de Tommy Southard avec le second guitariste Justin Daniels, Justin Goins au chant, Tim Schoenleber à la batterie et Mike Sica à la basse.



Le set d’une trentaine de minutes débute avec « Spiral Will », morceau-titre de leur dernier opus sorti le 4 mai dernier. Le titre nous emporte immédiatement grâce à ses riffs répétitifs dans une spirale mélancolique avant de nous entraîner au cœur du désert. Avec « Desert Coffin » tiré de The Brink (2019), Solace ralentit le tempo et impose un groove massif qui flirte pleinement avec le desert rock.

Puis vient « Whistle Pig » — remastérisé en 2025 — et son incroyable son fuzz vintage. Les riffs épais et menaçants rappellent instantanément Master of Reality ou Vol. 4 de Black Sabbath, laissant exploser l’influence heavy metal 70’s du groupe.

L’apothéose arrive avec l’ultime morceau « Khan (World of Fire) » où Solace incendie littéralement la fosse. Un set malheureusement bien trop court, qui laisse le public légèrement sur sa faim.


Setlist Solace

Spiral Will
Desert Coffin
Whistle Pig
The Light Is A Lie
Khan (World of Fire)



Hermano transforme la Maroquinerie en véritable tempête

Le très attendu Hermano, avec son frontman John Garcia (Kyuss, Unida, Slo Burn), monte sur scène vers 21 heures passées. Le groupe de desert rock/stoner se forme en 1998 dans l’Ohio, à l’origine créé comme projet par Dandy Brown. À l’époque, le groupe est largement bien accueilli dans les cercles d’aficionados de desert/stoner rock, et plus particulièrement en Europe. Après la tournée de Hermano en 2008, le groupe fait une pause. Le quintet se reforme huit ans plus tard pour un concert unique au Hellfest à Clisson, en France, le 18 juin 2016.

Les musiciens s’installent tout d’abord sur scène lorsqu’une ovation retentit dans le public, puis une seconde ovation encore plus intense résonne lorsque le légendaire John Garcia surgit. « Cowboys Sucks » est lancé à toute pompe, suivi de « The Bottle », aux riffs plus lourds et massifs. Les têtes dodelinent, les yeux et les oreilles se délectent. « My Boy », à la basse grasse et lourde, et « 5 To 5 », au son fuzzé vintage, continuent de bercer les fans de rock stoner.
La plupart de ces morceaux, par ailleurs enregistrés à Clisson, figurent sur leur album live Clisson, France (26 février 2026). « Love », morceau plus lent et sinueux, nous transporte dans le vent du désert.

Prêts pour la tempête ? C’est sur « Breathe » (When the Moon Was High, 2024) que le public commence à déchaîner son énergie. Hermano donne toute son énergie sans compter ; les guitaristes se lancent des riffs complices entre eux.
Les battements de la rythmique déferlent. La sueur commence à perler sur le front, le crâne et le torse de chaque membre du groupe, mais aussi des pogoteurs en herbe. La fosse finit par déborder d’énergie, les musiciens sont heureux de jouer ici à Paris et John ne cesse de le rappeler dans son micro à plusieurs reprises.



On n’est plus dans une atmosphère de desert rock dans le désert du Mojave, mais dans une fosse quasi punk parisienne.

Malgré l’âge des musiciens, le public parisien — et d’ailleurs — reste plutôt jeune. Beaucoup sont venus acclamer John, qui prend soin d’afficher ses paroles sur un écran placé au niveau de ses pieds.
Certes, il ne lit pas ses paroles en chantant, mais il jette un coup d’œil furtif au début, comme pour se rassurer. On voit bien que la scène peut être source de stress et ne laisse pas droit à l’erreur.

Le premier set se termine par « Manager’s Special », paru en 2002 (suggestion), beaucoup plus rock’n’roll. Les musiciens et John quittent la scène et on se demande s’ils vont revenir pour un ou deux morceaux supplémentaires… Cerise sur le gâteau : ils concluent leur show par leur titre « Our Desert Home » (Into The Exam Room, 2007).

90 minutes de riffs, de rock’n’roll et de sueur. Une performance brute et habitée, confirmant que Hermano reste une référence incontournable du desert/stoner rock en live, capable de transformer n’importe quelle scène en tempête électrique.


Setlist Hermano

Cowboys Suck
The Bottle
My Boy
5 to 5
Senor Moreno’s Plan
Love
Is This OK?
Breathe
Kentucky
Out of Key, But In the Mood
Alone Jeffe
Quite Fucked
Murder
Adoption Boy
Life
Left Side Bleeding
Angry American
Manager’s Special
Encore:
Landetta (Motherload)

Our Desert Home


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