KINGFISHR
Jacaranda Baltic, Liverpool
2 septembre 2025

Kingfishr a célébré la sortie de son tout premier album
C’est dans l’intimité du Jacaranda Baltic Records, en plein cœur du quartier artistique de Liverpool, que le trio irlandais Kingfishr a célébré la sortie de son tout premier album, Halcyon. Un lancement sobre, sincère, mais loin d’être anodin : celui d’un groupe en pleine ascension, qui confirme, en une heure de concert sans artifices, qu’il faudra désormais compter sur lui dans le paysage folk indépendant.
Composé d’Eddie (chant, guitare), McGoo (banjo) et Fitz (basse), Kingfishr a vu le jour lors de leurs études d’ingénierie à Limerick. Leur musique, profondément imprégnée de leurs racines irlandaises, combine instruments traditionnels et atmosphères cinématographiques, naviguant entre influences à la Hans Zimmer et Ben Howard. C’est cette poésie sonore et texturée qui a déjà convaincu des millions d’auditeurs sur Spotify.
Il plane sur Liverpool un parfum tenace d’histoire musicale. Pour qui s’y arrête un instant, impossible d’ignorer la présence silencieuse, mais bien réelle, des Beatles. Plus qu’un simple groupe, ils ont forgé ici une véritable identité culturelle. Nés dans les quartiers populaires du nord de la ville, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ont redéfini les contours de la musique populaire au tournant des années 60.

Au centre de cette mythologie, on trouve bien sûr le Jacaranda Club, fondé en 1958 par Allan Williams, futur premier manager des Beatles. C’est dans ce lieu exigu, encore intact dans ses fondations, que les premiers embryons du groupe – alors appelé The Quarrymen – se sont produits.
Le Cavern Club, quelques rues plus loin, deviendra leur scène quasi quotidienne pendant deux ans, forgeant leur réputation à coups de sets transpirants devant un public d’initiés.
Mais réduire Liverpool à ce glorieux passé serait une erreur. Car si la ville célèbre son héritage, elle ne l’exploite pas au point de le figer. La musique y reste un art de vivre, ancré dans le tissu urbain.
Le quartier du Baltic Triangle, ancien secteur industriel aujourd’hui reconverti en pôle culturel et alternatif, en est l’illustration parfaite. Entre friches réhabilitées, studios de création, disquaires indépendants et petites salles de concert, c’est là que bat aujourd’hui le cœur souterrain de la scène émergente.

C’est donc dans ce contexte précis, entre histoire et renouveau, que le choix de Kingfishr de présenter Halcyon à Liverpool prend tout son sens. Non pas pour tenter de s’inscrire dans une continuité symbolique ou mythifiée, mais pour dialoguer, en creux, avec une ville qui a toujours laissé sa chance aux musiciens sincères. Ici, la légende des Beatles n’écrase pas : elle inspire, discrètement.
Et elle rappelle à chaque artiste de passage qu’au fond, tout peut recommencer dans une cave, autour d’une guitare et d’un micro.
Sur scène, la complicité entre les trois musiciens est palpable. Eddie déploie un jeu de guitare acoustique mêlant arpèges délicats et rythmiques fingerpicking qui servent parfaitement sa voix grave et chaleureuse. Le banjo de McGoo, à la fois subtil et texturé, apporte une richesse sonore sans jamais dominer, tandis que la guitare de Fitz, discrète et solide, ancre l’ensemble avec justesse.

Le son naturel et clair, dépourvu d’artifices, met en lumière la finesse des arrangements et la profondeur émotionnelle des titres. Le concert culmine avec une version dépouillée de “Halcyon”, guitare-voix, un moment suspendu qui capte l’attention du public et illustre la sincérité du groupe.
Kingfishr impose une folk affûtée, à la fois brute et maîtrisée, où l’énergie rock transpire à chaque note. Sur scène, le trio dégage une intensité sincère et sans artifice, insufflant à leurs morceaux une vraie puissance. Ils dépoussièrent la tradition folk en y insufflant un souffle rock authentique, faisant de chaque concert un moment vibrant et plein d’énergie. Un groupe à suivre de très près.












