GIZMODROME – Gizmodrome
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Sortie le 15 septembre 2017
Stewart Copeland – drums, vocals
Mark King – bass, vocals
Vittorio Cosma – keyboards, vocals
Adrian Belew – guitar, vocals
En musique il y a des noms que l’on ne peut pas ignorer tant ils font partie de son histoire, même si parfois (pour les plus jeunes surtout) ils n’évoquent qu’une vague connaissance dont on a surement déjà entendu parler.
Stewart Copeland fait assurément partie de ceux-ci. Le bonhomme, au palmarès si impressionnant qu’il serait vain d’en aligner les pages ici (et Wikipédia est là pour ça), fait à nouveau parler de lui avec GIZMODROME et un nouvel opus dans les bacs le 15 septembre prochain.
Pour ce faire Stewart s’est entouré de vieux potes aux pedigrees non moins prestigieux pour nous livrer un somptueux album en mode « supergroup ». Après une longue collaboration avec son pote Vittorio Cosma, et une multitude de compositions sous le coude, ils entreprennent de coucher sur un album le fruit de ces années de connivence.
Pour cela ils recrutent Adrian Belew à la guitare et Mark King à la basse, formant ainsi sur le papier un line up de rêve dont il suffit d’écrire seulement le nom de quelques groupes auxquels les lascars ont participé : Level 42, Franck ZAPPA, The Police, David Bowie, King Crimson, Talking Heads, et j’en passe et des meilleurs.
Ces quatre vétérans de la Musique avec un grand M accouchent du premier opus de GIZMODROME, nous livrant un album riche et varié qui ne rentre pas dans les cases, et perclus d’humour et de légèreté.

Sur la majorité des titres c’est Stewart qui se colle au chant, posant une voix aussi atypique et envoûtante que son jeu de batterie. Difficile de rester de marbre quand on commence une écoute pareille, tant la construction et les richesses des compositions forcent le respect et d’où transpire l’expérience des gus.
Chaque chose est à sa place, mais pas forcément ou on l’attend. Il y a de la folie dans cet album, une folie dans une chambre capitonnée de velours.
Le jeu de Copeland est tellement reconnaissable qu’il est difficile de ne pas faire de parallèle avec The Police, comme sur le titre d’ouverture Zombies In The Mall.
La voix plutôt monocorde de Copeland est parfaitement bien soutenue par celles de King et Belew, évitant l’écueil de la lassitude qu’un timbre comme celui de Stewart peut amener.
Adrian Belew tripote sévèrement, il est même parfois omniprésent avec ses incursions très « Zappaiennes » comme sur Stay Ready finissant en orgie psychédélique avec un Cosma halluciné aux claviers.
Gizmodrome survole les genres, passant d’un reggae léger avec Summer’s Coming (et dans une autre mesure avec Man In The Mountain en plus loufoque) à un Jazz limite free sur Spin This pour finir sur un titre carrément prog avec Stark Naked.
En une douzaine de titres Gizmodrome vous fera voyager à travers l’expérience de ses musiciens, un voyage assuré en toute sécurité mais loin des sentiers battus.
L’impression qui domine sur ce méfait est la connivence entre les musiciens et le plaisir visible qu’ils ont pris à le réaliser. Au final cet opus est un vrai bonheur à écouter et probablement parce que, comme le dit Copeland, « Tout le monde est un peu sorti de sa zone de confort. ». Un gage de qualité venant de cadors tel que ces musiciens n’ayant plus rien à prouver.

