Among The Living
Live Report

MOTOCULTOR 2026, Day 4 : Dieux du Metal et fin de partie

MOTOCULTOR 2026, Day 4 : Dieux du Metal et fin de partie

Live report, dimanche 16 août 2026, site de Kerampuilh, Carhaix-Plouguer (29)


Dernier jour. La fatigue est là, installée, définitive, et il reste pourtant de la très grosse affiche : Judas Priest, Arch Enemy dans sa toute nouvelle configuration, Voivod, Sacred Reich, Airbourne, et un final Warning à minuit dix pour ceux qui tiendront encore debout.

Le problème, c’est que le dimanche ouvre à 11h45, ce qui après trois nuits de camping relève de la cruauté administrative. Passé une nuit encore plus courte que la précédente, il devient totalement impossible d’assister aux premiers groupes si l’on tient à ressembler à des humains à peu près propres et nourris. Certains ont fait d’autres arbitrages, avec d’autres priorités, pour ne pas rater Holy Mother et la suite. Nous les saluons bien bas depuis la file de la douche.

Le sacrifice du matin

Ouvrir un dimanche à 11h45 avec les vétérans new-yorkais de Holy Mother et leur heavy mélodique à l’ancienne est une décision d’une grande sagesse : c’est exactement ce que réclame un organisme en convalescence. En face, Les Hommes Crabes déroulaient leur post-grunge français, guitares épaisses et chant dans la langue de Molière, ce qui constitue une autre façon très acceptable de récupérer en douceur. Ont suivi Internal Bleeding, inventeurs officieux du slam depuis New York et 1991, les Danois d’Eyes et leur hardcore noise abrasif, les Belges de Jools chez Hassle Records, le sludge poisseux de Modder, le deathcore d’Heavy//Hitter et le post-black mélancolique d’Heretoir.

Autant dire une matinée entière de bonnes raisons de se lever, et une seule bonne raison de ne pas le faire. Nous avons choisi la seconde. On assume, on a mangé, on s’est lavés, et on n’a de leçon à recevoir de personne.

KILLERS

14h30, Dave Mustage

Institution, oui. Toujours vivants, oui. Mais ça fait longtemps qu’ils ne tuent plus personne.

Bruno Dolheguy et ses comparses tiennent le heavy metal chanté en français depuis 1980, soit avant à peu près tout le monde dans ce pays, et l’absence de reconnaissance dont ils souffrent face à Trust ou Sortilège reste une injustice historique dont on ne parle pas assez.
Le plaisir de les voir à Carhaix en 2026 est donc sincère. Il n’empêche que sur scène, seuls le bassiste et le batteur donnaient encore l’impression de croire à quelque chose : pour le reste, le show est resté ultra statique, presque figé, et quarante minutes à ce régime finissent par peser.

La fin sur leur reprise de « L’Aigle noir » de Barbara, morceau qui traîne dans leur répertoire depuis des lustres, n’a rien arrangé. On peut trouver l’idée culottée sur le papier ; en plein après-midi de festival, devant un public de dimanche, c’était surtout long.
Nous n’avons pas l’habitude de critiquer un show, mais honnêtement, ce groupe mérite mieux que ça, y compris de sa propre part.

Sur la Bruce Dickinscène, Red Sun Atacama occupait ce créneau de milieu d’après-midi traditionnellement réservé aux bonnes surprises hexagonales.



CRYPTOPSY

15h15, Supositor Stage

Voilà. Cryptopsy a fait son taf, et il a bien débouché nos oreilles si délicates.

Montréal, l’un des sommets absolus du death metal technique avec « None So Vile » en 1996, et Flo Mounier derrière les fûts, qui reste l’un des batteurs les plus impressionnants que ce genre ait produits, tous styles confondus. « As Gomorrah Burns » (2023) avait prouvé qu’ils n’avaient rien perdu, le live l’a confirmé en quarante-cinq minutes et sans le moindre temps mort. Ça fait du bien. Ça fait mal aux cervicales, aussi, mais surtout ça fait du bien.

Pendant ce temps, Pain Magazine tentait sous la tente le croisement post-hardcore et techno, dans cette zone hybride qui se développe beaucoup entre les clubs et les caves à guitares. Sur le papier c’est casse-gueule, et c’est aussi comme ça qu’on trouve les bonnes surprises.



WORMSAND

16h05, Bruce Dickinscène

Trio mentonnais formé en 2018, et l’une des bonnes pioches de ce dimanche pour qui aime la boue. Julien Coppo à la guitare et au chant, Clément Mozzone à la basse et aux synthés, Tom Valstar à la batterie, et les trois au micro : le partage des voix fait une bonne part du caractère du groupe et sauve le genre de la monotonie qui le guette souvent.

Le style tient du sludge grunge à forte teneur psychédélique. Riffs stoner doom épais, distorsion baveuse, tempos qui se cassent là où on ne les attend pas, et cette filiation revendiquée qui va de Yob et Monolord à Alice in Chains.
Autrement dit la lourdeur poisseuse mariée aux mélodies écorchées de Seattle, ce qui donne presque toujours de bons résultats et en donne ici de très solides. « Shapeless Mass » (2021, Saka Čost) posait les bases, « You, The King », paru en novembre 2024 chez Mrs Red Sound, le label monté par Mars Red Sky, les a nettement élargies.

En fin d’après-midi sous la tente, devant un public qui n’attendait rien de précis, ça a fonctionné tout seul. C’est exactement ce qu’on vient chercher sur ce genre de créneau.

Fit For An Autopsy jouait au même moment sur la grande scène, l’un des rares groupes deathcore que même les allergiques au genre finissent par respecter, en bonne partie grâce à Will Putney.



JOHN CXNNOR

16h55, Massey Ferguscène

Des Danois techno metal, autrement dit le projet des frères Ketil et Rasmus Sejersen, par ailleurs membres de LLNN, entièrement construit autour de l’imaginaire de Terminator. Indus, techno noire, noise et invités selon les morceaux : c’est cohérent, c’est futuriste, c’est écrasant, et ça ne ressemble à rien d’autre sur cette affiche.

Mais très honnêtement, c’était un peu trop boum-boum pour nos oreilles de metalleux, surtout à cette heure-là et dans cet état-là. On reconnaît la qualité de l’objet sans avoir réussi à y entrer. Ça arrive, et ça ne retire rien au mérite de la programmation d’avoir tenté le coup.

Sur la Supositor Stage, Signs of the Swarm enchaînait derrière Cryptopsy, ce qui transformait la scène du fond en couloir de la mort pour l’après-midi.



CASTLE RAT

17h50, Bruce Dickinscène

Une de nos découvertes du festival, et probablement la plus inattendue.

La faucheuse en bikini, la jupe de mailles, l’épée en mousse : ça fleure bon la fantasy des années 80 jusqu’au-dessous des bras, et c’est totalement volontaire.
Les Brooklyniens ont bâti tout un univers autour de personnages, avec Riley Pinkerton en Rat Queen au chant et à la guitare, un Comte, un Médecin de peste, un Druide, et une Rat Reaperess qui traverse le plateau en performeuse plutôt qu’en musicienne. Sur le papier, ça pourrait n’être qu’un gag potache.

En réalité, les riffs sont excellents. Le mélange entre stoner doom, voix féminine hypnotisante et show entièrement assumé fonctionne comme une vraie potion de charme, et on comprend très vite pourquoi ils ont explosé aussi rapidement depuis « Into the Realm » (2024) et surtout « The Bestiary » (2025), au point de récolter des papiers dans Rolling Stone, The Guardian, Decibel et une couverture de Metal Hammer.
Ce n’est pas une blague de festival, c’est un vrai groupe. Et nous allons les suivre, c’est certain.



KIM DRACULA

17h50, DAVE MUSTAGE

Pendant ce temps, Kim Dracula se produisait sur la Dave Mustage, et le pedigree mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est plus contrarié que la caricature ne le laisse croire.

Derrière le nom se trouve Samuel Wellings, né en 1997 à Hobart, en Tasmanie, qui a d’abord tenu la batterie chez The Dead Maggies, du folk punk, puis chez Jesterpose, du heavy metal, avant de tout faire basculer depuis sa chambre en novembre 2020 avec une reprise metal de « Paparazzi » de Lady Gaga.

Six millions de vues sur YouTube, treize millions d’écoutes sur Spotify et plus de soixante mille vidéos TikTok bâties sur le morceau en quelques semaines. Quatrième artiste TikTok australien le plus suivi en 2020, deuxième en avril 2021 derrière Sia, et une entrée au classement Billboard Emerging Artists dans la foulée.

La suite s’est construite très vite. « A Gradual Decline in Morale » en juillet 2023, vingt titres qui empilent trap, deathcore, hyperpop et pop des années 2000 sans le moindre respect pour les frontières, un « Seventy Thorns » enregistré avec Jonathan Davis de Korn, des collaborations avec Tech N9ne, SosMula et In This Moment, et jusqu’à un rôle sur l’album concept « Warriors » de Lin-Manuel Miranda.
L’artiste, qui utilise le pronom neutre they, vient donc réellement du metal, et pas seulement de l’algorithme, ce qui n’est pas le procès qu’on lui fait d’habitude.

Il n’empêche : tout cela n’inspirait chez nous qu’une confiance limitée. Une partie du public a manifestement apprécié, et c’est déjà ça. Il en faut pour tous les goûts.



WITCH CLUB SATAN

18h45, Supositor Stage

Le black metal en version féministe, si tant est que ce concept puisse exister, et le trio norvégien fait tout pour qu’on se pose la question. Dénudées partiellement, maquillées de blanc, elles convoquent l’histoire des procès en sorcellerie sous forme de rites et de rituels, et le résultat met franchement mal à l’aise, ce qui est exactement l’intention.

Deux remarques honnêtes. La première, c’est que leur tenue aérée est objectivement plus adaptée à un set en plein jour qu’à une cave enfumée à trois heures du matin, ce qui change beaucoup de choses au ressenti. La seconde, c’est que la cave est sans doute plus adaptée au black metal.
L’énergie sombre de la musique s’éloigne au profit de la performance : on regarde plus le show, les poses et les petits rituels, qu’on n’écoute.
Le show attire, indéniablement, et c’est l’un des rares projets vraiment transgressifs du genre aujourd’hui. Il faudra juste accepter que ce n’est pas tout à fait un concert.

Le prix à payer était sévère : Voivod jouait au même moment sous la tente, et les accords dissonants de Snake et des siens continuent d’irriguer la moitié de la scène progressive contemporaine depuis 1981.



AIRBOURNE

19h40, Dave Mustage

Le rock’n’roll à l’état pur, et rien d’autre.

Joel O’Keeffe a joué porté à bout de bras dans la foule, les sirènes d’alerte aérienne ont hurlé sur fond de bruits d’avions, et la mécanique australienne a fait exactement ce qu’on attendait d’elle.
On peut répéter pour la millième fois que c’est de l’AC/DC en plus jeune et plus bruyant, ils ne s’en cachent pas une seconde, et à 19h40 sur la plaine de Kerampuilh avec le soleil qui décline, ça fonctionne à tous les coups. Leur réputation n’est pas usurpée.

Mention spéciale pour la maîtrise du Lemmy’s Bar et le lancer à la chaîne du frontman. Ce n’est pas évident d’envoyer des gobelets remplis de whisky en en renversant le moins possible au décollage et pendant le vol.
À l’arrivée, c’est une autre histoire : rattraper en souplesse relève de l’exploit, mais quelques-uns s’en sont apparemment très bien sortis. Les autres sentaient le tourbé jusqu’à Judas Priest.



NERVOSA

20h45, Supositor Stage

Dernier changement de programme de l’édition, et pas le moindre : Vader, annoncé de longue date sur ce créneau, a déclaré forfait, et ce sont les Brésiliennes de Nervosa qui ont récupéré la place au pied levé dans le cadre de leur tournée estivale.
Passer de quarante ans de death thrash polonais d’une précision militaire à un thrash sud-américain sale et rageur, c’est un virage, mais le festival a trouvé mieux qu’un bouche-trou.

Le groupe assène son metal lourd et agressif sans jamais lever le pied, ce qui est exactement le contrat quand on hérite du créneau juste avant la tête d’affiche un dimanche soir. Prika Amaral tient la boutique depuis la fondation, à la guitare et désormais au chant principal, entourée d’Helena Kotina à la guitare, de Michaela Naydenova derrière les fûts et de Hel Pyre à la basse.

Formation toujours exclusivement féminine, mais plus seulement brésilienne : entre le Brésil, l’Italie, l’Espagne et la Grèce, Nervosa est devenu un projet européen à passeport paulista. « Slave Machine », sorti en avril, a fourni une part du carburant pour un show qui a fait vrombir les moteurs.

Sur la Massey Ferguscène, Deafheaven proposait au même moment le contraire absolu. Le grand écart de trop, pour un dimanche à 20h45.



JUDAS PRIEST

21h40, Dave Mustage

Le papy du metal est visiblement encore en forme.

Unique date française de la tournée Faithkeepers cet été, quatre-vingt-dix minutes sur la grande scène, et le moment où absolument tout le monde s’est retrouvé au même endroit. Entrée en matière sur « You’ve Got Another Thing Comin’ » et « Metal Gods », et « Breaking the Law » dès le troisième titre : quand un groupe pose ça aussi tôt, c’est qu’il sait très bien ce qu’il lui reste dans la besace.
« The Ripper » et « Delivering the Goods », ressortis pour cette tournée, ont fait très plaisir aux anciens, « Painkiller » a clos le set principal comme il se doit, et la moto est évidemment sortie bien avant.

Le gros show à l’américaine, le cuir, les clous, les rampes de lumière et le falsetto de Rob Halford : tout ça plaît aussi en Bretagne, et personne n’a fait la fine bouche.
Le rappel s’est terminé sur « Living After Midnight » puis une reprise de « We Are the Champions », ce qui, au terme de quatre jours de Motocultor, avait quelque chose d’assez juste. « Invincible Shield » (2024) était un très bon disque, Ian Hill annonce un vingtième album pour 2027, et on signe tout de suite.

Sur la Bruce Dickinscène, Coltaine jouait son black atmosphérique et folk aux quelques centaines de personnes qui ont fait le choix inverse. Sacrifice ou cadeau, chacun tranchera.



SACRED REICH

23h15, Supositor Stage

Il y en a qui vieillissent mieux que d’autres, et Sacred Reich fait clairement partie du lot.

Phil Rind écrit toujours des textes qui mordent, ce qui reste rare dans le thrash de deuxième vague, Wiley Arnett tient la guitare lead depuis 1986, et à côté d’eux Joey Radziwill apporte exactement le sang neuf et bouillant dont ce genre de formation a besoin : jeune, virtuose, survolté, et visiblement ravi d’être là.

Avec Eduardo Baldo installé derrière les fûts depuis décembre dernier et « Into the Abyss » annoncé après sept ans de silence, la machine est repartie pour un tour. La puissance du thrash, à vingt-trois heures quinze, sur un public qui n’aurait pas parié une pièce sur ses propres réserves.

Sur la demande de Wiley, la foule entame à un moment un « Happy Birthday » qui fêterait ses 60 ans ce soir, selon lui. Certes, mais dans le vrai monde, il a fêté ses 58 ans le 1er mars dernier, mais supposons que cette demande soit un pari avec quelqu’un !

Aucune déception ici, que le plaisir du bon vieux thrash, efficace et puissant !

Sur la Massey Ferguscène, Shaârghot déployait au même moment son univers post-apocalyptique, masques et chorégraphies comprises, devant un public d’une fidélité assez impressionnante.



ARCH ENEMY

00h10, Dave Mustage

Première venue du groupe à Kerampuilh, et surtout l’un des premiers étés de Lauren Hart au chant. L’ancienne frontwoman de Once Human a succédé à Alissa White-Gluz, partie fin 2025 après onze ans de service, et Michael Amott en est donc à sa troisième chanteuse depuis Angela Gossow. Autant dire que le set était scruté de près.

Entrée en scène fracassante, avec une immense tenture masquant le plateau qui tombe d’un coup sur les premières notes, et une chanteuse en pleine forme qui n’a visiblement aucune intention de s’excuser d’être là.

Le show est frétillant, puissant, parfaitement rodé, et « To The Last Breath », le premier titre de cette nouvelle ère, tient très bien sa place au milieu du répertoire. Le débat continuera sur les réseaux pendant des mois. Sur scène, à minuit dix, il n’y avait pas grand-chose à redire.



WARNING

00h10, Bruce Dickinscène

Quelques pas suffisaient pour sortir du festival. On ne les a pas faits tout de suite.

On s’est arrêtés un instant pour écouter les dernières notes de Warning et de leur doom, celui de Patrick Walker, auteur de « Watching from a Distance » et de ce que le genre a produit de plus déchirant.

Clôturer quatre jours de festival avec ça relève de la torture émotionnelle organisée. C’était le bon dernier souvenir, et il ne restait plus qu’à rentrer, ou plutôt à dormir un peu avant d’extraire péniblement la voiture du parking le lendemain, au milieu de contrôles de police très nombreux et sans doute mal placés pour éviter des heures de bouchons, mais certainement nécessaires. Ironie comprise.


Le bilan de l’organisation

Chiffres présentés en conférence de presse par Yann Le Baraillec pour cette dix-septième édition : cent dix groupes sur quatre scènes, dont deux sous chapiteau, et 61 000 entrées sur quatre jours, ce qui confirme le nouveau palier atteint par le festival. La journée Judas Priest et Airbourne restera la plus grosse de l’histoire du Motocultor.

Deux données valent le détour. Vingt artistes féminines sur l’affiche d’abord. L’âge médian du public ensuite, passé de 27 ans en 2017 à 36 ans aujourd’hui, ce qui en dit long sur le vieillissement collectif d’une génération de festivaliers et sur la nécessité, à terme, d’en recruter une autre.

Côté camping, création du Metal Camp Square et développement de Bed & Smile, avec de nouveaux chalets annoncés pour 2027. Côté financement, un nouvel espace dédié aux partenaires privés, pensé pour la pérennisation et le développement du festival. Environ 1 400 bénévoles, avec toujours plus de missions et une implication qui ne faiblit pas. Côté prévention enfin, renforcement du dispositif contre les violences sexistes et sexuelles et mise en place d’un espace dédié à la réduction des risques la nuit, ce qui n’est jamais un détail sur un site de cette taille.

Rendez-vous est pris pour 2027, du 19 au 22 août, avec Helloween, Halestorm, The Hu et Wind Rose déjà annoncés, suivis de Kanonenfieber, Dark Funeral, Prong, Sylosis, Equilibrium et quelques autres, plus un John Bush venu chanter le répertoire Anthrax des années 1993 à 2003. Le premier palier Early Bird était fixé à 195 euros le pass quatre jours, sur quatre niveaux ; il est déjà épuisé, le suivant est passé à 215, et à l’heure où ces lignes sont écrites il ne reste presque plus rien.

Ce qu’il restera de 2026

Le Motocultor reste un festival à part, exceptionnel, avec une affiche qui autorise à peu près tout tout en restant réfléchie et de haut vol. Un peu comme si les programmateurs s’y connaissaient vraiment, et c’est précisément le cas.

Dommage que les impératifs de tournée des groupes aient provoqué autant de doublons intéressants, qui ont donné lieu à des choix douloureux : Emperor contre Paradise Lost, Alcest contre Darkened Nocturn Slaughtercult, Witch Club Satan contre Voivod, et une bonne dizaine d’autres. Mais l’affiche est si riche qu’on peut se permettre de prendre le temps de manger, de regarder de loin, de revenir fort dans les pogos et d’aller se rafraîchir. Oui, nous avons raté des choses intéressantes. Le plaisir du festivalier se trouve aussi dans la discussion, dans l’apéritif bien sûr, et dans les rencontres. On n’est pas à l’usine.

Et malgré tout ça, le festival a tenu la cadence et les horaires, du premier groupe de jeudi à la dernière note de Warning. Décidément, depuis l’installation à Carhaix, l’organisation est plus fluide côté plaisir du public, tout en restant authentiquement le Motocultor.

C’est exactement pour ça qu’on l’aime.


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