
HEATHEN – Empire Of The Blind
Sortie le 18 Septembre 2020 via Nuclear Blast
Difficile de se faire une place sur le segment encombré du Thrash Metal, qui plus est quand les ténors du genre sont encore bien actifs et productifs. HEATHEN fait inévitablement partie de ces groupes qui peinent à s’extirper de la masse, d’un point de vue reconnaissance surtout, mais qui ont pourtant du très bon matos à proposer.
Donc, si le nom de HEATHEN ne vous dit rien, sachez quand même que ces californiens œuvrent dans le milieu depuis le début des 80’s, époque bénie s’il en est et en particulier pour le Thrash et son chaudron originel qu’est la Bay Area. De plus, une myriade de boss du milieu y ont sévit comme le regretté Paul Baloff (EXODUS), ou encore John Tempesta (EXODUS, TESTAMENT, HELMET, ROB & WHITE ZOMBIE, …)
Loin d’être prolifique, HEATHEN nous propose avec Empire Of The Blind son quatrième opus en 36 ans. On peut dire que les gus prennent leur temps. Après un précédent opus The Evolution of Chaos sorti en 2010, et un énième changement de line-up (problème chronique du groupe), il aura fallu 8 ans de composition pour que ce dernier album voit le jour.
Des débuts du groupe il ne reste pas grand monde. Les deux piliers du combo étant David White et Lee Altus (qui officie aussi chez EXODUS et Die Krupps), véritables épines dorsales d’HEATHEN.

Empire Of The Blind est quelque part un album de transition, avec des compos plus courtes et catchy, tranchant avec leurs habitudes (non moins bonnes) de titres longs et complexes. HEATHEN nous livre ici le meilleur du Thrash avec un grand T, c’est indéniable.
David White y est impérial au chant. Les solis et riffs du couple Altus/Lum sont assassins et dans la plus parfaite maitrise de l’art. Quant à la section rythmique, et notamment la prestation de Jon Dette, c’est un pur régal.
Empire Of The Blind porte haut les couleurs de la grande tradition du Thrash Metal comme on aimerait en écouter tous les jours. Entre explorations brutales (Devour, The Gods Divide) et passages plus éthérés (Shrine Of Apathy, This Rotting Sphere, Monument To Ruin) l’équilibre est parfait et superbement maitrisé.
On retrouve ici l’esprit des meilleurs albums des 80’s, de TESTAMENT à EXODUS en passant par DEATH ANGEL, KREATOR et METAL CHURCH, mais avec une approche résolument moderne et un son monstrueux.
Ecoutez-moi par exemple The Blight, qui ouvre cet opus. Une vraie pépite avec son refrain presqu’épique. Laissez-vous ensuite bastonner par l’ouverture de A Fine Red Mist et les solis stratosphériques d’Altus ; la magie opère directement.
Pas grand-chose à dire de négatif sur ce quatrième méfait de HEATHEN, si ce n’est que tout amateur de Thrash qui se respecte se doit de l’avoir dans sa discothèque. MUST HAVE.
Tracklist :
Monument to Ruin (0:37)

