Entretien avec le groupe Hetroertzen, à l’occasion de leur passage au HELLFEST Open Air 2023.
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Le groupe au complet attend sagement dans une des pièces dédiées aux interviews de l’Espace Presse. À l’intérieur il n’y a pas beaucoup de lumière. Ça tombe bien lorsqu’on échange avec un groupe originaire du Chili installé en Suède depuis maintenant longtemps et qui pratique une musique bien sombre.
Peux-tu présenter ton groupe ainsi que les musiciens qui composent Hetroertzen pour les gens qui ne vous connaissent pas encore ?
Frater D : Nous faisons partie d’un vieux groupe originaire du Chili. Nous avons créé le groupe en 1997. Ensuite il y a 15, 16 ans nous sommes partis en Suède. Nous avons sorti sept albums dont le dernier qui s’appelle Phosphorus Vol I qui est sorti en 2022 et que nous avons interprété aujourd’hui. Et nous venons de jouer au Hellfest ce matin pour la première fois.
Je sais que vous avez joué plusieurs fois en France en venge comme tu le dis c’était votre premier show ici à Clisson. Comment cela s’est-il passé ?
Anubis : C’est la première fois qu’on fait un truc de ce calibre. C’était assez génial entre l’accueil les gens qui nous ont aidé sur scène, le traitement professionnel…
Åskväder : Dans de telles conditions nous n’étions pas stressés, le son était parfait et l’accueil du public nous a touché.
Comment se passaient vos tournées en France par le passé ?
On adore jouer en France, mais on adore aussi les fromages et le vin. Et surtout ce dernier. On a aimé jouer avec les musiciens avec lesquels on partageait l’affiche. C’était assez magique.
Anubis : Aujourd’hui c’était la première fois quand jouer avec cette « nouvelle » constellation. Le mois précédent notre show à New York on avait notre ancien line-up avec notre ancien batteur de session qui s’occupait aussi du chant. Ensuite notre batteur de session nous a quitté et j’ai rejoint le groupe. Ça a été assez compliqué d’apprendre mes parties et le chant mais bon ça s’est bien passé…c’était vraiment spécial.
Pour moi quand on était à New York c’est sûrement l’un des meilleurs shows qu’on est fait en club. C’était magique…
Comment expliques tu qu’on ressent ce côté sombre dans votre musique et qu’il y a très peu de lumière pour éclaircir le tout…peu d’espace à l’espoir.
Pour te dire on préfère le côté sombre à la lumière car le monde est sombre. Nous vivons dans le royaume du sombre…
Est-ce difficile de jouer du black metal en festival ?
On a plus de place (rire)…
Pour moi c’est plus facile on a plus de moyens on a plus de place, plus de temps…
Comment vis-tu ta religion ?
Frater D : On a par le passé un côté très mystique comme on peut le lire dans les paroles de certains titres.
Il y a différentes façons de vivre sa religion. Il faut garder secret ce côté mystique. On doit le montrer au travers de notre art. C’est pour cela que nous sommes nés, on vit ainsi. Il y a beaucoup d’émotion dans notre foi. Mais nous n’avons rien à prouver aux autres, chacun vit sa vie comme il le sens.
Anubis : Au travers de nos paroles nous écrivons une sorte de vie dans notre quotidien.
Quels sont les musiciens qui ont le plus influencé ?
À part les musiciens qui sont issus du domaine classique comme Bach ou Beethoven nous aimons les groupes de « classic metal » …
Åskväder : Slayer m’a beaucoup inspiré, et dans le black metal des groupes comme Mayhem et Emperor.
Frater D : De mon côté j’irai vers Carpathian Forest, Bathory, Mercyful Fate…et Mayhem bien sûr…
Que reste-t-il de vos influences chiliennes dans votre musique ?
C’est difficile de répondre car on a quitté notre pays de naissance depuis longtemps et le groupe s’est développé en Suède depuis pas mal d’année.
Au Chili les possibilités sont vraiment très réduites il est très difficile de faire de la musique et de jouer dans un groupe comme le nôtre.
Est-ce que vous allez essayer de vous rapprocher des scènes pour voir des groupes aujourd’hui ?
Nous allons essayer de voir Weedeater et Aborted au moins. Hier nous avons vu Celeste.
Vous voulez rajouter quelque chose ?
Nous sommes juste heureux d’être ici. Je veux dire que nous sommes juste bénis d’avoir pu jouer ici. Nous sommes très reconnaissants d’avoir pu jouer au Hellfest.
En arrivant hier soir avec les lumières, les flammes c’est comme arriver en Enfer. Mais ce n’est pas pour y souffrir, c’est juste pour le plaisir.
Certains disent que c’est l’Enfer sur Terre, ici c’est une grosse fête. C’est donc ça l’Enfer (rire)…
Que pouvons-nous souhaiter à Hetroertzen pour les années à venir ?
On fera de notre mieux pour faire toujours de la bonne musique…

