Among The Living
Interview

INTERVIEW de Hrafn, guitariste du groupe KIRKEBRANN

Kirkebrann


Bonjour te souviens tu de l’âge que tu avais lorsque tu as découvert le Metal ainsi que le premier album que tu as acheté ?

Que j’ai acheté moi personnellement ? Car cela dépend de quel premier album on parle en fait. Est-ce que c’est le premier album que l’on m’a offert et que j’avais demandé ou le premier album que j’ai acheté avec mon propre argent ?

Je  ne voulais que des CD et des VHS comme cadeaux d’anniversaire ou pour Noël. Donc les premiers albums que j’ai acheté moi-même étaient assez différents de ceux là. Je pense que le premier album que j’ai acheté avec mon  propre argent durement gagné comme livreur de journaux était « Something Wild » ou « Hatebreeder » de Children Of Bodom quand j’avais douze ans. J’ai découvert le Metal en écoutant Korn en 1998.

Ensuite j’ai entendu Pain et Hypocrisy. Depuis tout gamin j’ai toujours cherché de la musique plutôt lourde et tout ce que passait MTV à l’époque était plutôt lourd.

MTV était ma principale source de découverte musicale en dehors de la radio. Je montais toujours le son de la télé. J’étais persuadé que les premiers groupes que j’ai entendu devaient être le plus lourds de la Terre. Mais plus tard je devais avoir environ quatorze ans, j’ai découvert le Black Metal…

Kirkebrann a été créé en 2004. Vous avez sorti « Når alt Dør » en 2013. Que signifie ce titre ? Comment vois tu cet album onze ans plus tard ?

Cela se traduit par « Quand tout meurt » ou « Quand tout cesse d’exister ». Le premier album était la vision que Draug avait de Kirkebrann. C’est du Black Metal très direct avec des éléments aussi simples que cela peut être, sans finesse technique et instrumentale mais néanmoins puissant. C’est entrainant, avec des rythmes et des mélodies puissantes.
Je ne peux pas parler pour Draug mais quand j’ai entendu ce qu’il faisait pour la première fois et qu’il m’a demandé de rejoindre le groupe en 2010 je me suis dit que c’était parfait. C’était sale, des mélodies guerrières, c’était simple mais c’était un Black Metal qui avait de l’allure.
Une sorte de « rock’n’roll fuck you vibe » dont j’avais besoin dans mon propre cheminement musical. Depuis nous avons fusionné nos idées musicales. C’est une union de créativité qui constitue Kirkebrann aujourd’hui.

Que signifie Kirkebrann pour toi ?

C’est le baptême du feu, le renouveau. Il y a toujours quelque chose qui renait des cendres, c’est le sacrifice cyclique ultime. Comme le pouvoir de l’église et de la chrétienté qui ont brûlé nos racines païennes et notre héritage pour que l’église s’élève vers une nouvelle ère avec un système de croyances erroné basé sur le pouvoir et le népotisme. C’est la réponse globale. Je pourrais développer davantage mais le nom du groupe n’était pas mon idée. Je vais donc en rester là.

Vous avez sorti quatre splits. Un avec Svikt/Djevelkult, Visegard/Black Altar et à nouveau Visegard. Peux-tu nous en dire un peu plus concernant par exemple votre collaboration avec Black Altar ?

Shadow nous a contacté pour sortir un split. A cette époque nous étions en train de nous organiser pour  nous produire de façon indépendante en enregistrant et en mixant dans notre propre studio. Tommy de Dødheimsgard venait de nous rejoindre en tant que batteur et nous avions très envie de faire quelque chose de nouveau très rapidement. Du coup pourquoi pas un split et nous verrions ce qui arriverait ?

Nous avons donné à Shadow une réponse assez impulsive « ouais pourquoi pas ». Je suis content que l’ayons fait. Ca s’est plutôt bien passé au final. J’ai adoré travaillé avec Shaun l’ingénieur mastering de l’album.

Il a été une sorte de mentor dans le process de mixage et il a expliqué les secrets du mastering au fur et à mesure me guidant tout au long du process menant à la création de l’alchimie du son. J’ai beaucoup aimé et j’ai beaucoup appris en faisant ce split.

Le nouvel album « Mot trellenes forfall » est sorti le 28 juin de cette année sur Hellstain Productions. Peux-tu nous parler du processus de composition ?

Le processus…  Eh bien c’était il y a dix ans. On ne savait pas bien ce qu’on faisait. On a juste branché le jack et on a enregistré. L’album a été un enfer à mixer du fait de notre procédure inadaptée. Basiquement on « lançait le truc » et on avançait avec qui nous semblait ok en terme de son à l’époque.

L’album a été une porte d’ouverture pour Januz et moi vers une collaboration dans l’écriture des titres. On l’appelait l’album schizo parce que les chansons étaient complètement différentes les unes des autres. Mais je suppose que nous sommes juste devenus un ensemble schizo maintenant car il n’y a pas deux titres qui sonnent pareil.

Nous aimons varier sans  rechercher une structure particulière ou un son d’ailleurs. Nous voulons élargir notre créativité et intégrer de nouvelles choses même si nous pourrions penser parfois que cela ne nous correspond pas. Nous avançons, nous regardons en arrière en réfléchissant et nous avançons de nouveau.

Et quel est le sujet précisément de ce titre ?

Cela signifie « Vers l’aube des esclaves » ou « La chute imminente des esclaves ». Je pense que c’est un sujet que personne ne veut parler car nous sommes tous en plein dedans. Nous nous dirigeons vers un contrôle de masse et le totalitarisme, mais cette fois – comme tout au long de l’histoire – c’est l’ère de l’information et du numérique. On pourrait penser que c’est différent mais c’est exactement la même chose dans la répétitivité astucieuse de l’histoire.

Nous sommes des somnambules qui se dirigent vers la falaise menés par des propagandistes trompeurs et des voleurs qui jouent avec notre esprit « troupeau » dirigeant ce film que nous voyons comme une réalité politique. L’album décrit avec quelle complaisance nous disparaissons de ce monde magnifique.

L’attention est portée sur le mouvement culturel fallacieux qui ne sert qu’à diviser et s’assure que nous perdions la force du nombre collectivement, sautant de la falaise de notre plein gré pour ainsi dire.

Vous avez joué a Midgardsblot en 2016. Quels souvenirs en as-tu et que penses tu des festivals viking ?

Exact. Ce furent quelques jours de bonheur, de mysticisme et de chaos. J’adore ce festival. Nous avons tous besoin de faire un sacrifice pour Midgard de temps en temps pas vrai ?

Après tout c’est là que nous sommes. Quel étrange royaume avec lequel nous interagissons. J’y ai participé plusieurs années depuis également. Et je dois dire que c’est toujours une expérience inoubliable. La seule façon pour moi de décrire Emperor en concert c’est l’image d’une  machine de guerre qui arrive d’une autre dimension.

Je pourrais ajouter que le feu de camp est une expérience également. En 2016 quand nous avons joué au festival je me souviens avoir chanté avec mon ami Pjotr au feu de camp avec 15 a 20 personnes autour du feu et petit à petit d’autres personnes arrivaient. On a du se retrouver au final à 60 ou 80 personnes voire plus à chanter tous ensemble. Priant Sáráhkku la déesse du feu avec des boissons et des mélodies de l’enfer, du milieu.

Quels sont les projets de Kirkebrann ?

Eh bien nous pouvons dire que nous avons eu un petit hiatus de quelques années car nous n’avions pas de batteur et nous étions occupés avec Vrangsinn And The Arsonists. Nous avons finalement trouvé un batteur et il est brillant.

Alors nous sommes impatients de sortir le nouvel album qui est composé. Vous ne serez pas déçus. Disons qu’il est un peu différent, mais l’énergie, l’ambiance anxieuse et la terreur existentielle que nous exprimons dans le prochain album va très certainement raisonner dans tes oreilles.

Certains vont l’adorer, d’autres pourront peut-être le détester. Mais ce qui est sûr c’est que c’est à nouveau un album qui va compter.

Peux tu nous citer cinq albums que tu aimes écouter ?

De mémoire des albums qui ont une grande infleuence dans ma vie, maintenant et peut_être toujours je dirais quelque chose comme (sans ordre particulier ) :
Igorrr – Savage Sinusoid
Kvist – For Kunsten Ma Vi Evige Vike
Urgehal – Goatcraft Torment
Corpo Mente – Corpo Mente
Angst Skvadron – Flukt
Merci encore Hrafn.

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