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Digressions

ROB HALFORD : Confess – Ma confession

Confess – Ma confessionConfess – Ma confession

Rob HALFORD

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Olivier Bougard
Sorti chez Talent Editions
395 pages

Ce soir-là, après le boulot, en écoutant le dernier Cannibal Corpse…
 
Karalyn : Hey Bull, tu l’as lu le livre de Rob Halford ?
 
Bull : Ouais Kara, je viens de le terminer. La première chose qui m’a frappé c’est l’humilité du personnage par rapport à sa carrière.
 
K : Moi la première chose qui m’a frappé c’est qu’on a l’impression d’être dans une conversation avec un pote qui nous raconte sa vie.
 
B : Effectivement on est dans un café avec un pote plus âgé qui a vécu plein de trucs et qui te raconte sa vie sans prétention mais avec passion. Et c’est passionnant parce qu’il rend ça passionnant mais parce que ça l’est aussi.
 
K : Oui, c’est pas juste « chui né, j’ai vécu, j’vais bientôt mourir », c’est vraiment passionnant. Pourtant c’est « juste » la vie de quelqu’un.
 
B : C’est une vie intéressante. Il y a plusieurs éléments que je trouve intéressants. D’abord cette « constante », dès qu’il devient connu, cette bascule entre le fait d’être une star d’un côté, même un mythe, et même un mythe de virilité par ailleurs (entre autres), et toute la fragilité humaine du personnage de par sa sexualité compliquée à vivre dans ce contexte-là, à cette époque-là, et toute la souffrance qu’il y a derrière.
 
K : L’espèce de filigrane constant qui démarre dès le deuxième chapitre du bouquin, parce qu’il se rend compte très tôt qu’il est homosexuel et c’est vraiment quelque chose qui dicte sa vie personnelle, ses actions n’existent que par rapport à ça. J’exagère un peu mais c’est omniprésent.
 
B : C’est toujours là. C’est fait extrêmement intelligemment, y compris dans ses textes, où ça apparaît de manière sous-jacente. Et c’est toujours écrit avec une finesse qui fait que ça peut se comprendre de différentes manières. Il joue beaucoup des double sens, y’a quelques éléments (ça n’est pas de l’analyse de texte non plus), y’a quelques passages où il en parle, c’est super intéressant parce qu’il remet ça en perspective.
Pour ceux qui ne sont pas du tout intéressé par les textes, si on lit le livre en français parce qu’il n’y a pas le côté anglophone chez soi, même pour les paroles de chanson, peut-être que ça leur échappera un peu, mais néanmoins ça reste intéressant et ça mérite d’être lu.
 
K : Après les textes sont traduits en même temps…
 
B : Et il ne passe des heures dessus non plus.
Il a fait une chose qui paraît évidente, mais qui ne l’est pas toujours : le livre est totalement chronologique.
 
K : C’est vrai. Et je ne me suis pas emmerdée une seule seconde
 
B : Il n’y a pas d’ennui, le rythme est très agréable, c’est très facile à lire, très fluide et je pense que même quelqu’un qui ne connaît pas Rob Halford pourrait lire ce livre avec plaisir.
 
K : Je suis assez d’accord.
 
B : L’écriture est très plaisante. On ne peut pas vraiment juger de la traduction parce que l’un comme l’autre on ne l’a pas lu dans sa version originale.
 
K : D’ailleurs j’aimerais bien le faire.
 
B : Il semblerait, sur les quelques éléments qu’on a (par exemple la qualité de traduction des textes de chanson), ça a quand même l’air d’être très propre.
 
K : Je suis d’accord. Je voudrais pouvoir faire le comparatif et lire la version en anglais, parce que j’ai trouvé qu’il y a un style dans la traduction. Est-ce que c’est celui du traducteur parce que ça arrive, ou bien est-ce qu’il a vraiment essayé de coller au style d’écriture de Rob Halford, je ne sais pas.
 
B : Pour moi, quand je vois les textes de Rob, ce qu’il a pu écrire par le passé et quand je l’entends en interview, il me semble que le traducteur a très bien collé parce que je retrouve ça en fait.
 
K : C’est pas faux. Et j’ai tout compris.
 
B : Pour le reste…
 
K : Ben pour reste c’est bien écrit, c’est passionnant, c’est intéressant, tant au niveau musical et histoire de Judas Priest qu’au niveau histoire personnelle de Rob Halford parce que forcément, les deux sont intrinsèquement liés. Sans vouloir divulgacher parce qu’il y a surement des gens qui ne l’ont pas encore lu, moi j’ai appris plein de trucs.

rob halford


B : Je ne veux pas qu’on raconte trop de choses. Ce qu’on peut cependant dire, c’est qu’il y a une sincérité à toute épreuve, même quand il parle de musique, il parle de tous les albums qu’il a enregistré en carrière, y compris des ratages et pourquoi ce sont des ratages, en tous cas de son point de vue, et il ne s’épargne absolument pas, il est totalement sincère. Quand il pense qu’il a fait quelque chose de bien il le dit, mais ça n’est jamais prétentieux. En revanche il n’hésite pas à reconnaître ses erreurs, ses échecs, ses mauvais choix…

K : Mmmm…
 
B : …sans rejeter la faute sur les autres.
 
K : Et sans pathos.
 
B : C’est exactement ça. C’est très touchant parce qu’il n’y a pas de pathos.
 
K : Ce n’est pas larmoyant, y’a pas de pathos, pourtant il y a des trucs qui sont super durs.
 
B : En fait, en plus d’avoir un plaisir fou à l’écouter chanter, parce qu’encore une fois il a une voix exceptionnelle, ou à aller le voir en concert, ça donne envie d’aller boire un verre avec lui et de discuter avec lui parce qu’on a envie que ça soit son pote quoi.
 
K : En lui proposant un Perrier même si toi tu bois une bière.
 
B : C’est vraiment l’effet que ça fait aujourd’hui.
 
K : C’est ça.
 
B : Après ce livre Rob Halford ça sera non seulement une de vos idoles mais en plus ça sera un de vos amis.
 
K : Hihi, c’est pas faux !
 
B : Pour ceux qui n’ont pas l’habitude de lire et qui n’aiment pas trop ça, c’est très facile à lire, très léger en termes de style.
 
K : Je l’ai lu en deux jours. En bossant.
 
B : Pareil.
 
K : Ça faisait longtemps que je n’avais pas bouffé un livre aussi vite.
 
B : Faut pas avoir peur des 400 pages, c’est en gros caractères, c’est très fluide.
Et au fil de l’œuvre, on croise la destinée de pas mal de ses pairs et pour les fans de Judas en général, on est plutôt amateur d’autres groupes de cette génération. Ça n’est pas du divulgachage de dire qu’au fil des pages on croise AC/DC, Ozzy, quelques autres, qui ont une importance plus ou moins grandes ou qui apparaissent dans des anecdotes assez amusantes ou intéressantes ou drôles. On croise un peu du beau monde de l’époque.
 
K : S’il y a une chose à retenir, c’est l’avertissement : « Dans cette autobiographie, j’ai été complètement sincère. J’y livre ma pure vérité, mais cela ne veut pas dire que d’autres personnes se mettent à nu aussi librement. Dans Ma confession, quelques noms ainsi que des détails ont été modifiés – pour protéger les innocents et les coupables. »
 
B : C’est la meilleure conclusion possible.
 
 

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