Entretien avec David G. Álvarez d’Angelus Apatrida à l’occasion du passage du groupe au MOTOCULTOR Open air 2023
s’apprête à sortir déjà son 8ème album intitulé Aftermath le 20 octobre 2023. C’est David G. Álvarez qui nous en parle lors du Motocultor à Carhaix. Dans une ambiance décontractée, le guitariste nous raconte aussi des anecdotes assez drôles qu’il a vécu lors de ces dernières années sur les routes…
Lionel/Born666 : Peux-tu dire quelque chose de votre prochain album qui va sortir en octobre ?
David G. Álvarez : Bien sûr !! et ça va être notre meilleur album ! (rire)
On va sortir l’album et le 20 octobre, il s’appelle Aftermath. C’est très difficile pour moi de décrire ma musique tu sais. Il y a beaucoup de chansons. Bien sûr c’est le meilleur album que nous ayons fait à ce jour. Pour moi c’est un concentré de ce qu’on a fait : tu as un son puissant, des titres très rapides, d’autres plus mélodiques et d’autres plus longs. On a de tout.
Lionel : Quand avez-vous commencer à travailler sur Aftermath ?
David : Au dernier moment… (rire)… Nous avons essayer d’être d’accord et d’écrire sur la tournée. Mais c’est très difficile parce que quand vous êtes en tournée tu es concentré pour jouer le soir, voyager, prendre l’avion pendant de long voyage. Je ne veux pas être dans le groupe avec la guitare comme ça. Parce que c’est très difficile de faire la part des chose car cela dépend de l’inspiration.
Les tournées, c’est bien parce que j’essaie de ressentir la puissance quand je pars en tournée que j’essaye de retranscrire sur mon téléphone. Ensuite, chez moi je suis assis dans mon studio au calme et j’essaie de me souvenir des bonnes expériences.
Mais généralement voilà comment ça se passe. On se retrouve et on se dit « nous n’avons qu’un mois »… le stress. Mais pour moi, c’est un très bon processus car j’ai besoin d’une « dead-line ». Parce que normalement quand je rentre chez moi, je joue de la guitare tranquillement, sans arrière pensé.
Lionel : Depuis votre album éponyme il a moins de titres thrash sur vos albums.
David : Je ne sais pas de l’intérieur. Je pense que nous sommes très jeunes et que nous jouons ce que nous aimons, des trucs classiques, mais nous avons les influences modernes aussi. Pour moi toute la musique est comme une combinaison de tout ce que représente le New Thrash Metal avec tellement d’influences.
Peut-on s’attendre à la même chose sur Aftermath ?
Bien sûr…
…existe-t-il une relation avec le Aftermath des Rolling Stones ?
Non, pas du tout, pour nous et pour beaucoup de groupes mais aussi pour l’industrie de la musique, le titre représente tous les problèmes que l’on a rencontré pendant la période de pandémie. Aftermath représente ce que nous avons laissé derrière nous et maintenant nous sommes dans un esprit « allons-y à nouveau ! » : retournons dans les musées, dans les salles de concert, on emmerde le Covid.
… parce que cela a été très difficile pour vous pendant cette période…
Ouais c’est très sensible c’était une situation très étrange parce que on était en tournée et soudainement tout s’est arrêté puis retour rapide à la maison. C’était fou !
Vous aviez une piscine dans votre studio d’enregistrement ?
C’est là où on enregistrait. On aime s’amuser, faire des trucs stupides dans la piscine. Dans le studio on ne faisait qu’enregistrer encore et encore. Lors d’un journée on pouvait passer entre 10 et 12 heures d’affilé à enregistrer. Répéter le même riff. Alors parfois on disait « stop, on doit faire un break ! ». C’était quand même un très bon moment.
Comment se passe votre collaboration avec Century Media ?
Nous avons une très bonne relation avec eux. Les responsables de Century sont toujours là, ce sont les mêmes. Ils comprennent le groupe, nous encouragent à jouer notre musique, il n’y a pas de problème. J’adore cette relation.
J’ai remarqué aussi que depuis vous êtes beaucoup plus présents sur Instagram…
On essaye de passer du bon temps ensemble et de prendre soin de chacun d’entre nous.
Quel est le secret de la longévité de votre line-up ?
je ne sais pas (rire) mais je crois que le secret c’est que l’on soit des amis de puis qu’on est gamins.
Quand tu te retrouves dans un studio d’enregistrement, as-tu le temps d’écouter de la musique ?
Quand nous sommes en train de composer ou d’enregistrer j’essaie de ne pas écouter de musique, parce que normalement si tu es par exemple en train d’écouter un album de Gojira et vous entendez une mélodie alors la mélodie rentre dans votre cerveau. Et peut-être que si vous essayez de composer en même temps, vous pouvez être influencer et cela peut devenir embarrassant Je ne veux pas écouter de musique quand nous enregistrons une composition.
Quels sont les artistes qui t’ont permis de construire ton image, de jouer de la musique ?
C’est assez difficiles mais les principales influences sont, pour moi Iron Maiden, Metallica, Pantera et plus particulièrement Van Halen pour moi. (il me montre le fameux logo du groupe tatoué sur son mollet). Mais je suis aussi un grand fan de U2. J’ai grandi avec mon père et c’est un très grand fan de U2. J’ai donc grandi en écoutant les Beatles, U2, ce sont mes bases et je les écoute toujours…
Considérez-vous qu’un film, un bon livre, de la peinture vous aide à trouver l’inspiration ?
Mon problème est simple, c’est que toute ma vie est basée sur la musique. Quand j’étais enfant, je me souviens de jouer à des jeux vidéo, maintenant je n’aime plus les nouveaux jeux vidéo. Quand je regarde des films, je ne regarde que les grands classiques. Mais pour moi c’est avant tout une question de guitare.
Es-tu un acheteur compulsif quand tu trouves une boutique de disques en tournée ?
C’est très difficile parce qu’effectivement je peux aller dans de nombreuses villes grâce au groupe. Mais normalement quand je vais par exemple à Rome je n’ai le temps que d’aller faire le soundcheck, de jouer et de partir. On a rarement le temps de faire du tourisme.
… et en Espagne, que fais-tu quand tu y es ?
Je préfère rester à la maison. Après cette période de pandémie maintenant c’est reparti à fond : c’est devenu fou, on a préparé l’album, la tournée, c’est dingue !
Quel est le meilleur moment lors du travail sur votre album ?
La fin (rire)… en vérité je ne sais pas. Quand l’album sort, tu reçois les compliments des gens, des fans qui te disent « j’adore votre album, il est génial…toutes mes félicitations ». Et moi je me dis « je ne l’aime pas » (sur le ton de l’humour), on a trop travaillé dessus (rire)…tu l’as tellement écouté encore et encore, tu as tellement passé du temps dessus.
Après 20, 25 ans de carrière…
…23…
… quelle est ta meilleure et ta pire expérience en tant que musicien ?
Ma meilleure expérience, il y a 12 ans je me souviens qu’on ouvrait pour Slayer et Megadeth en Espagne. Pour moi, comment dire : d’abord je suis un super fan de Slayer, pour moi tu sais ce groupe c’est ma vie ! Et je me souviens de rester comme ça backstage (il prend la tête du mec trop impressionné), je vois Kerry King et je me dis (ouh là là ce n’est pas possible)...(rire général)…
La dernière fois où nous avons jouer au Graspop en Belgique, on était tranquillement en train de prendre une bière et pas loin de nous à une table il y avait Philip Anselmo et Zakk Wylde qui discutaient et je me suis dit « Imagine, si ça se trouve, ils parlent de la réunion de Pantera… » De plus Zakk Wylde est pour moi l’une de mes principales influences. Ensuite je suis allé vers eux et (il prend une petite voix) j’ai demandé « Eh Zakk, je peux prendre une photo avec vous ? », il m’a dit okay, j’ai sorti mon téléphone, il l’a pris et comme tu peux le voir je fais une drôle de tête dessus (rire, effectivement il parait très impressionné dessus). C’est très drôle parce que c’est tout de même une sensation assez spéciale d’être sur un cliché avec Phil Anselmo et Zakk Wylde…
Pour le pire, je ne sais pas mais je me souviens de la première fois ou on a joué en Chine. Nous faisions une tournée il y a 7 ans. Tu sais nous sommes espagnols alors nous voulions rester « fun » tout le temps parce que nous étions en tournée. Mais je me souviens de la première fois à la gare de Chine, à attendre toute la journée, les Chinois ne voulaient pas nous parler. C’était impossible de parler aux gens, je me sentais si seul. Certains jours, on se demandait ce qu’on faisait ici. C’était une bonne tournée mais la situation est tellement différente là-bas. Quand tu es en tournée en Europe, ta maison te manque, tes amis aussi ainsi que ta petite amie. C’est normal, mais que vous restiez dans un train comme celui-ci pendant 20 heures, c’était mentalement fou…
Veux-tu ajouter quelque chose de plus ?
C’est très important pour moi. Je ne sais pas comment dire mais quand tu penses à ton dernier album tu penses qu’il est bon, mais nous ne voulons pas faire le même. J’ai hâte de voir ce que les gens pensent de l’album parce qu’ils vont trouver des titres longs, des titres plus rapides… alors, voyons ce qui va se passer. J’ai le sentiment que c’est un très bon album.
Que penses-tu des autres groupes espagnols ?
Crisix est excellent ! Tu sais quand tu es en tournée et que tu demandes au gens ce qu’ils pensent de l’Espagne ils répondent « paella », « sieste » et « reggaeton »… alors qu’il y a de nombreux groupes très bons.
Je me souviens de Barón Rojo…
Il y a peut-être 20 ans il y avait beaucoup de groupes de heavy metal classiques comme Barón Rojo, Obús mais maintenant tu as Crisix et beaucoup de groupes de thrash metal, de death metal ou de metalcore…
Mais je peux te recommander un groupe excellent, c’est Bloodhunter. Ils vivent à Madrid mais viennent de Galice.
Un dernier mot ?
On va partir en tournée en novembre avec Death Angel et Sacred Reich on a pas mal de date et on a hâte de retrouver les français !



