A seulement 22 ans, Josh Raven surprend par sa maturité musicale et humaine. Lors d’une entrevue à l’occasion de sa venue parisienne, le frontman à la tête du groupe australien alternatif The Faim se livre à cœur ouvert. Mélodies entêtantes, refrains pop… pas de doute, les quatre gaillards de Perth ont trouvé la bonne formule. L’occasion de parler rock, influences culturelles, mais aussi souvenirs de route et écriture.

Josh Raven

 

State of Mind, le premier album de ton groupe, vient de sortir le 13 septembre. Que pouvons-nous en attendre ?

Je pense qu’il y a un grand nombre de choses à en attendre en réalité ! Cet album est le résultat de notre long parcours de plusieurs années en tant que groupe. C’est un reflet honnête des émotions, expériences et événements qui nous ont construits et façonnés jusqu’ici. Je suis vraiment très impatient, et j’ai hâte que les gens puissent l’écouter.

The Faim existe depuis 2014. As-tu l’impression que le groupe a beaucoup évolué depuis le début, ou poursuivez-vous toujours le même chemin?

C’est vrai que cela fait déjà un moment ! J’ai le sentiment que nous avons beaucoup évolué depuis nos débuts. Quand un individu est propulsé dans un univers ponctué d’obstacles divers et variés, il n’a pas le choix et est forcé d’évoluer. Il faut s’adapter et franchir ses propres limites. Dans une perspective créative, il est important de prendre en considération le monde qui nous entoure. Au bout d’un moment, le public ne va pas ressentir de connexion avec ton groupe si celui-ci n’est pas honnête et ne joue pas avec le cœur. Ce sont des valeurs qui me sont chères, et que j’essaye de véhiculer.

Si tu ne devais choisir qu’une seule chanson de ton dernier album à présenter, laquelle sélectionnerais-tu ?

Je prendrais State Of Mind, car elle incarne quelque chose de nouveau, que je n’ai jamais écris auparavant. Ce titre est une énigme. Je pense qu’il représente réellement mon style actuel. C’est un morceau très honnête : je suis convaincu que je sors de mon armure pour montrer mon côté vulnérable au monde. J’accepte le fait de pouvoir être heurté. Le chemin que j’ai parcouru avec mon groupe ne m’a pas laissé indemne, aussi bien physiquement que mentalement.

Justement, quel est cet « état d’esprit » dont tu parles ?

Il s’agit de quelque chose d’assez général. L’état d’esprit sur lequel je me focalise est mon ressenti lorsque je compose. C’est l’état d’esprit le plus créatif possible qui me permet d’écrire, une énergie étrange qui me propulse. Je n’ai jamais suivi de cours de musique, je suis autodidacte. J’ai toujours eu une forte passion pour la musique, presque comparable à un instinct. Dès que j’entends un accord, je me projette dans l’intégralité du morceau. C’est quelque chose que je développe au fil du temps, et qui ne cesse de s’accroitre.

Tous les membres de ton groupe viennent de Perth, en Australie. Que ressens-tu à l’idée de franchir les frontières avec ta musique ? Est-ce que cela a toujours été un but pour The Faim de jouer à l’international ?

Bien sûr, c’est toujours un but. Mais dans notre cas, il s’agit surtout d’une surprise. Au début, je ne savais pas vraiment comment réagir face à ça ! J’ai rapidement ressenti un sentiment prononcé de gratitude. C’est incroyable de se dire que ta musique peut franchir les continents et toucher des gens dans le monde entier.

Josh Raven

Cela fait plusieurs années que The Faim sort des singles. Etait-ce un choix d’attendre avant d’enfin sortir votre premier album ?

Oui, en effet. Au sein du groupe, nous sommes tous perfectionnistes. Nous n’aurions jamais pu sortir un disque qui ne soit pas assez personnel ou honnête à nos yeux ! Notre premier album est venu au bon moment, très naturellement, lorsque nous étions prêts.

Le style de The Faim m’évoque la pop indé et alternative des années 2000. Est-ce que cet univers a pu t’influencer dans l’écriture de l’album ?

Bien entendu, c’est une influence majeure pour moi et pour le groupe. J’essaye de conserver un certain éclectisme dans mes inspirations. J’adore des choses très variées, allant du RnB à Frank Sinatra, de Slipknot à Metallica en passant par Slayer et les Red Hot Chili Peppers. Au cœur de ce spectre massif d’identités musicales, je pense qu’il est essentiel de trouver un style qui nous ressemble véritablement. Il faut bâtir son propre style, unique ! C’est de cette façon-là que l’on parvient à se démarquer.

A part le domaine musical, qu’est-ce qui t’influences le plus en ce qui concerne les thématiques abordées par The Faim ?

Même si la musique m’inspire énormément, je suis aussi influencé par d’autres choses dans mon écriture. Il peut s’agir d’une interaction que j’ai vécue avec quelqu’un, d’une pièce de théâtre ou d’un livre. Je suis un grand lecteur, et un grand fan de littérature. Mon livre préféré est Frankenstein de Mary Shelley. J’adore la poésie aussi. Dans mon temps libre, j’en profite pour écrire des nouvelles et des scénarios. J’ai besoin de m’exprimer à travers les mots et la musique.

Comment s’est déroulée la composition de l’album State Of Mind ?

Tout s’est extrêmement bien passé. Chaque membre du groupe apporte sa propre perspective quand nous composons. Nous avons tous notre mission spécifique. Par exemple, je suis principalement préposé à l’écriture des paroles et à l’élaboration des mélodies.  J’ai la chance de travailler avec de formidables musiciens, à savoir les autres membres du groupe ! Comme nous sommes quatre, je pense que c’est primordial d’inclure chaque personne dans le processus de création. Comme ça, chacun apporte son talent et sa vision des choses. 

The Faim est désormais connu pour ses superbes performances live. Quel est ton meilleur souvenir de concert jusqu’à maintenant ?

C’est très difficile de n’en choisir qu’un seul, car de nombreux souvenirs me viennent à l’esprit. Une des choses qui me touche toujours est de voir une foule entière chanter les paroles de nos chansons, dans un pays étranger non anglophone. Cela peut m’émouvoir jusqu’aux larmes, car c’est tellement sincère de la part de notre public. Sinon, je me rappelle d’un moment qui m’a particulièrement marqué il y a déjà quelques années. En plein live, un jeune garçon au premier rang de la fosse brandissait un livre illustré, qu’il avait réalisé d’après nos morceaux. Alors que nous chantions, il tournait les pages les unes après les autres. Ses dessins racontaient les histoires de nos titres, c’était très touchant. Je n’avais jamais vu ça ! J’ai ensuite pu prendre contact avec lui, alors qu’il avait quinze ans à l’époque, et nous nous sommes rencontrés. C’est un moment que je n’oublierai jamais.

Ton groupe a été marqué par votre collaboration avec Pete Wentz de Fall Out Boy. Pourrais-tu m’en dire un peu plus ?

C’était une expérience incroyable. Bien entendu, j’étais déjà un grand fan de Fall Out Boy. Je mettais les membres du groupe sur un piédestal. C’était donc très excitant de rencontrer Pete en chair et en os, et cela m’a fait relativiser sur la célébrité. C’est un homme passionné par ce qu’il entreprend, et par la musique. Il m’a enseigné une leçon de vie qui m’a marqué, à savoir qu’il n’y a pas de place pour la médiocrité dans l’industrie musicale. Depuis, ses paroles ont vraiment résonné en moi. Pete m’a ouvert les yeux, et fait comprendre qu’il fallait que je travaille encore plus dur pour y arriver.

Quels sont les projets futurs de ton groupe ?

Nous revenons en Europe et au Royaume-Uni pour quelques dates, en novembre et décembre. Ensuite, nous allons prendre un petit break, puis nous allons enchainer par des sessions d’enregistrement intensives au studio tous les quatre. Ce sera l’occasion de travailler sur notre deuxième album !


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